18-20 octobre : 4e édition des Journées nationales de l’architecture

18-20 octobre : 4e édition des Journées nationales de l’architecture

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Les Journées nationales de l’architecture ont pour objectif de développer la connaissance architecturale du grand public. Elles proposent de dévoiler les richesses de l’architecture contemporaine remarquable partout où elle se trouve, de raconter l’histoire du bâti qui nous entoure, d’éveiller les curiosités, etc.
Cette année, l’accent est mis sur les projets architecturaux qui tissent des liens entre la création contemporaine et le patrimoine bâti, qui valorisent l’existant et créent le dialogue entre les apports successifs des générations.
Retrouvez le programme national sur https://journeesarchitecture.culture.gouv.fr/

L’Énsa-PB offre à cette occasion un programme d’activités variée pour petits et grands, laissez vous tenter !

vendredi 18 octobre

  • 18h : Écologie du regard, conférence de Pierre-Louis Faloci, grand prix national d’architecture, ancien enseignant à l’Énsa-PB
    Pour Pierre-Louis Faloci, le choix de faire le métier d’architecte est né d’une « obstruction visuelle ».
    L’édification d’un immeuble devant la maison familiale a effacé pour lui, à l’âge de 13 ans, « la vue de son enfance » sur Nice, la baie, la mer, le rocher, les collines, les pré-Alpes. Ce « choc optique » va accompagner toutes ses recherches sur la question de l’architecture et du paysage comme un tout. Recherches qui vont porter particulièrement sur la culture du regard dans l’histoire de l’art, l’origine de la perspective, la photographie et surtout une certaine forme de cinéma.
    Ainsi, à travers l’enseignement et les projets, sont nées plusieurs convictions qu’il présentera :
    L’histoire sourde du lieu (composer avec les traces oubliées de l’histoire)
    L’esthétique de la menace (composer avec l’inondabilité, la pollution, le bruit, la récupération, la catastrophe, l’architecture de l’urgence)
    L’éclatement contemporain de la chambre obscure
    La notion de sédimentation optique (prendre conscience que toute intervention architecturale et paysagère a un impact sur le proche, le moyen et le grand paysage).

3 questions à Pierre-Louis Faloci, grand prix national de l’architecture, ancien enseignant à l’énsa-PB

  • Avez-vous un souvenir de votre passage à l’Énsa-PB à nous faire partager ?
    Parmi mes meilleurs souvenirs dans l’École d’architecture de Paris-Belleville était le cours du lundi matin à 9h dans l’Amphi 4 avec 140 étudiants hyper présents sur le thème « l’esthétique de la Menace »
  • Quel est, parmi vos projets, celui qui vous a le plus marqué et pourquoi ?
    Le Centre archéologique du Mont-Beuvray. Le concours fut un véritable miracle pour moi à l’époque et ce projet comprend toutes les obsessions optiques qui ne cesseront d’alimenter tous les autres projets
  • Quels conseils donneriez-vous à un jeune étudiant en architecture ?
    De ne jamais oublier que l’architecture est avant tout « une cause ».
  • Y a-t-il un message que vous souhaiteriez transmettre à l’école à l’occasion de ses 50 ans ?
    Cette école a une histoire très dense avec des personnalités qui ont fondé sa réputation comme Bernard Huet et Henri Ciriani entre autres. Il faut absolument que l’École d’architecture de Paris-Belleville n’oublie jamais cet ancrage qui a fait sa réputation et reste particulièrement vigilante à un moment où le métier est très menacé dans son intégrité intellectuelle.

samedi 19 octobre

  • 9h00-12h00 : visite architecturale de la Cité de Refuge de Le Corbusier par François Gruson, architecte mandataire de la rénovation et restructuration, diplômé de l’Énsa-PB.
    À l’occasion des 50 ans de l’Énsa-PB, Alumni Paris-Belleville, l’association des anciens élèves de l’école, vous propose de visiter quelques réalisations des anciens élèves.
    Rendez-vous à la Cité refuge, 12 rue Cantagrel, 75013.
    Visite limitée à 25 personnes sur inscription avant le 17 octobre par courriel à sosebbar@club-internet.fr.
  • 9h30-12h30 & 14h30-17h30 : deux promenades urbaines du quartier de Belleville par Jean-Pierre Feugas et Kerim Salom, tous deux architectes et urbanistes, anciens diplômés de l’Énsa-PB.
    Cette visite mettra en perspective les démarches plurielles, motivées par l’idéal partagé d’une architecture contemporaine qui sache trouver sa juste place dans la ville historique.
    Rendez-vous
    Visite limitée à 25 personnes sur inscription avant le 17 octobre.
  • 14h-18h : visite de l’école ainsi que des expositions des Projets de fin d’étude de juin 2019 et des travaux du voyage de dessin à Naples par Bellasso, association des étudiants de l’école.
  • 14h & 16h : 2 ateliers sur le thème “architecture et musique” pour enfants de 9 à 18 ans proposés par le CAUE75.
    Les enfants, dessineront puis composeront un ou plusieurs motifs de vitrail à partir d’écriture, de signes et de lignes qu’ils réaliseront, les yeux bandés, sur une bande son spécialement conçue pour l’atelier. Les vitraux ainsi réalisés seront assemblés pour créer une œuvre collective représentant une façade animée, s’inspirant de l’œuvre de Hundertwasser. 
    Inscription obligatoire dans la limite des places disponibles.
  • 17h : mise en musique de l’école par Michel Aubry, réalisée dans le cadre de la commande publique (1% artistique), lors de la réhabilitation du bâtiment par Jean-Paul Philippon (2005-2009)
    Pour cette performance musicale, les sons des bourdons joués par Michel Aubry se mêleront aux sons des platines de Matthieu Crimersmois. Ils ont associé dans plusieurs concerts précédents les sons des roseaux de Sardaigne avec des enregistrements de machines et de sites industriels gravés sur disque vinyle. Ils joueront ensemble dans cet esprit la partition de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville.

en quoi consiste cette commande publique ?

Un grand dessin installe un parcours continu au sol qui traverse l’Énsa de Paris-Belleville de part en part, unifiant ainsi les quatre zones d’intervention retenues par l’artiste.

Dès l’entrée principale, des pentagones, directement gravés dans la dalle de béton de la cour, nous guident jusqu’à l’entrée par la marquise : les pentagones sont alors matérialisés par une ligne de laiton incrustée dans la chape.

Ces tracés sont directement issus du système élaboré par Michel Aubry de traduction spatiale de la musique des launeddas, instrument à vent traditionnel de Sardaigne. Ces pentagones traduisent visuellement les échelles musicales des cinq notes des mains droite et gauche de l’instrument.

Le sol de la mezzanine basse renferme un réseau de tubes noyés dans la chape de béton. Dans cette partie du parcours, la pièce sonore est fonctionnelle.

Pour mettre en vibration les colonnes d’air contenues dans la chape, des anches viennent s’emboîter dans des logements protégés par un capot. Les anches sont conservées dans une petite vitrine murale ; elles sont installées à l’occasion d’événements particuliers, comme la remise des diplômes où l’école retentit, sonnant ainsi la réussite de ses étudiants-architectes. Ces jours-là, la promenade balisée de l’école s’augmente des souvenirs de sentiers parcourant les vastes paysages sardes que les sonorités des launeddas font resurgir.

Continuant leur progression dans l’école, les pentagones passent sur les sols en bois des escaliers, des paliers et des terrasses en mélèze. La technique du chevillage, propre aux assemblages du bois, est utilisée pour en signifier les contours.

Ce changement de matériau appelle un changement significatif d’ambiance : le bois convoque le pont, le bateau, l’univers marin : la seule possibilité, pendant longtemps, d’un ailleurs, indispensable pour atteindre l’île…

Dans le jardin, ces figures sont matérialisées par des dalles, constituées d’agrégats de restes de démolition et de déchets de chantier (cales en plastique, chutes de verre, chutes de zinc, porcelaine, outillage, etc.), témoignant des travaux de réhabilitation du bâtiment auxquels, soudain, on se surprend à penser.