soutenance de thèse de Pierre Gommier
Composition du jury de thèse
MIDANT Jean-Paul, maître de conférences, ENSA Paris-Belleville, directeur de thèse
- MENGIN Christine, professeure émérite, Université Paris I Panthéon Sorbonne, rapportrice
- ABADIE Shahram, professeur, ENSA Nantes, rapporteur
- NIVET Soline, professeure, ENSA Paris Malaquais, examinatrice
- PICON-LEFEBVRE Virginie, professeure ENSA Paris-Belleville, examinatrice
- TEXIER Simon, professeur des universités, Université Picardie-Jules Verne, examinateur
Résumé de la these
Cette thèse explore le processus de diffusion urbaine et d’évolution architecturale de l’atelier d’artiste parisien à partir de 1820 vers l’immeuble à Studios de l’entre-deux-guerres. Elle rend compte de conceptions architecturales, nomme leurs commanditaires et étudie les figures de l’architecte, du sculpteur, de l’ensemblier et du peintre. L’émergence en surélévation de la pièce de l’artiste se poursuit par son absorption par les types bâtis parisiens. Sa reformulation au sein d’immeubles de rapport complets à ateliers et de cité d’artistes est étudiée à l’échelle de quartiers historiques situés. Tandis que l’artiste devient prescripteur du gout de la bourgeoisie à l’issue du second empire, le mouvement vers l’Ouest de son atelier franchit en réalité l’atlantique et gagne New-York. Le modèle profond y est repensé et se mêle à l’appartement en duplex correspondant au développement d’un habitat dense alternatif aux maisons individuelles. L’atelier d’artiste représente alors l’archétype de l’adaptation architecturale parisienne au monde. Il contribue à faire de Paris le centre du marché international de l’art et de New-York sa porte principale. Destinataire d’un phénomène de réexpédition du Studio-building, l’Ouest parisien voit se développer des conceptions d’imbrications de volumes à hauteurs augmentés. Ils s’expriment au sein de l’enveloppe règlementaire de l’immeuble adapté à de petites parcelles qu’il rentabilise. Promenades distributives, salon-atelier, livings et Studios peuvent y être complétés par des services collectifs et des équipements qui traduisent les aspirations d’une société en mutation. Ces développements parallèles à la proposition de Le Corbusier, sont le fait de figures originales dont la mémoire est partiellement effacée par l’avènement du modernisme. La thèse enquête également sur les cas de diagnostic, transformation, restauration et création artistique appliqué aux maisons d’artistes de Montsouris. Elle souligne le rôle déterminant de l’artiste dans la réactivation effective d’un patrimoine qui le désigne et dont son geste détient la clé du renouveau.
Mots clés : Architecture, Atelier d’artiste, Paris, Studio, New York, Duplex
Abstract
This dissertation investigates the mechanisms of urban dissemination and architectural transformation of the Parisian artist’s atelier from the 1820’s through its evolution into the Studio apartment buildings of the interwar period. It provides a comprehensive analysis of architectural designs, contextualizes their patrons, and critically examines the roles of architects, sculptors, designers, and painters. The vertical extension of the artist’s space is traced alongside its assimilation into established Parisian building typologies. The reconfiguration of these spaces within fully integrated apartment buildings featuring Studios and dedicated artist colonies is scrutinized at the level of their specific historic neighborhoods. As artists assume the role of arbiters of bourgeois taste post-Second Empire, their studios undergo a transatlantic migration towards New York, where the foundational model is reconceptualized. This model amalgamates the duplex apartment as a response to the demand for dense, urban housing alternatives to detached or separate residences. The artist’s Studio emerges as a paradigm of adaptive Parisian architecture on the global stage, reinforcing Paris as a pivotal center of the international art market and positioning New York as its primary gateway. The western regions of Paris, influenced by the re-exportation of the Studio-building phenomenon, witness the development of architectural innovations. This is characterized by an optimization of interlocking volumes and heightened verticality that work within the regulatory confines of small plots. Spatial configurations, including distributive promenades, Studio-living rooms, and artist Studios, are enhanced by communal services and facilities that mirror evolving societal aspirations. These developments, contemporaneous with Le Corbusier’s propositions, are attributed to distinctive figures whose contributions have been partially obscured by the rise of modernism. Additionally, this dissertation explores diagnostic, transformative, and restorative processes, alongside artistic endeavors applied to the artist residences in Montsouris. This underscores the pivotal role of the artist in reviving a heritage framework, wherein their creative actions serve as catalysts for cultural renewal.
Keywords : Architecture, Artist’s atelier, Paris, Studio, New York, Duplex