architecture et féminisme avant les femmes architectes
Par cette approche les différentes interventions entendent révéler les réseaux, les supports et les thématiques portés par les autrices, tout en replaçant la France dans un cadre de réflexion transnational. Ce moment sera également l’occasion d’aborder les perspectives de recherche et les enjeux méthodologiques voire épistémologiques.
« Comment écrire des histoires féministes de l’architecture sans femmes architectes ? », s’interroge l’architecte et historienne Anne Hultzsch (2022). Depuis les années 1970, des architectes, historien·ne·s féministes écrivent une histoire des villes, de l’architecture et de l’habitat à travers le prisme du genre, pour reconstruire une histoire des femmes qui pensent l’espace. Ces recherches se sont révélées fondamentales non seulement pour écrire l’histoire des femmes, mais surtout pour écrire une nouvelle histoire. Par ces recherches, le genre est devenu une « catégorie utile d’analyse historique » (Scott 1988) à part entière qui engage la décomposition des effets d’une société patriarcale sur la construction de récits architecturaux.
En France, l’histoire de l’architecture au féminin s’est d’abord concentrée sur les “pionnières”, dans une logique de rattrapage après des décennies d’historiographie ayant globalement invisibilisé les femmes architectes. Deux grands axes se détachent : un premier sur la féminisation des études d’architecture et de la profession depuis la fin du XIXe siècle et un second sur l’apport des femmes à la production théorique et construite française, principalement moderniste.Toutefois, cet important rattrapage ne permet pas encore de comprendre pourquoi et comment les femmes ont utilisé l’écriture et la publication pour faire entendre leur voix, pour pratiquer et penser l’architecture avant d’avoir accès aux études d’architecture ou aux colonnes des revues architecturales. A l’occasion de la table ronde “Architecture et féminisme avant les femmes architectes”, un panel de chercheur·ses qui étudient le contexte français du long XIXe siècle (1789-1914) tenteront d’esquisser une pré-histoire de l’architecture au féminin, en discutant des enjeux méthodologiques voire épistémologiques d’une cartographie collaborative, critique et féministe des réseaux intellectuels, des supports d’expression, des stratégies auctoriales et des sujets portés par les autrices.
Programme
Architecture et féminisme avant les femmes architectes
Table ronde
ENSA Paris-Belleville — salle — 16h-18h30
15h30 — Café d’accueil
16h — Introduction par les organisateur·ice·s
1 — Communications — 16h05-17h00
- Sigrid de Jong, Le caractère de l’architecture dans un discours féminin et féministe
- Anna Rosellini, Home pour l’American Woman des Beecher et le Comité des dames à l’Exposition féminine française à Chicago
- Juliette Jonville, Louise Debor : une journaliste féministe qui s’affirme en critique architecturale des HBM
- Sibylle Le Vot, Les manuels d’économie domestique : une contribution des femmes aux discours sur l’architecture au XIXe siècle ?
- Julien Bastoen, Sabine Méa : une critique architecturale et urbaine féministe sous la Troisième République
2 — Discussions autour des communications — 17h00-17h40
Échanges avec le comité scientifique et le public
3 — Perspectives de recherche — 17h40-18h25
- Jade Richard, présentation de la chrono‑cartographie des féminismes
- Sigrid de Jong, retour sur le projet Women Writing Architecture: Female Experiences of the Built 1700‑1900, le livre et l’exposition associés
- Discussion collective autour des enjeux méthodologiques et épistémologiques
18h25 — Conclusion par les organisateur·ice·s
Organisateur·ice·s : Julien Bastoen et Juliette Jonville
Comité scientifique : Lucie Barette, Stéphanie Dadour, Hélène Jannière, Laetitia Overney, Estelle Thibault, Julien Bastoen et Juliette Jonville