chantier participatif
Chantier participatif aux Ateliers Diderot de Pantin, juin et juillet 2026
L’agence AR+TE dirigée par Carlos Barba a mis au point en 2024 une Brique de broc composée de « déchets » biosourcés. Ces briques ont été particulièrement remarquées dans le cadre du 14e Forum International Bois Construction au Grand Palais en février 2025. Désormais, la Brique de broc bénéficie d’un chantier non loin des Ateliers Diderot de Pantin, qui demande la production artisanale de quelques 3000 briques en temps restreint. Ce chantier participatif offre la possibilité de fabriquer les briques à partir des ingrédients jusqu’au séchage, d’acheminer et de monter les briques sur le chantier. La solution proposée par Carlos Barba fait entrer le Bâtiment dans l’ère de la neutralité effective, avec un usage en isolation thermique, un coût carbone d’approvisionnement, de transformation et de montage dérisoire et un stockage carbone significatif. Il n’existe pas aujourd’hui d’équivalent et ce chantier prend une dimension historique, tout à l’honneur du cluster mondial de l’architecture durable dont le Grand Paris est aujourd’hui le cœur.
Contacter : Carlos Barba, 06 74 72 55 78, arpluste.architectes@gmail.com ,
Ateliers Diderot, 62 rue Denis Papin, Pantin.
La construction « biocyclée » selon Carlos Barba (Jonas Tophoven pour Fordaq)
L’architecte-inventeur de l’agence AR+TE lance à Aubervilliers un chantier participatif qui permet aux jeunes bâtisseurs de se faire la main en matière de construction zéro carbone.
Il est tellement acquis que les opérations de construction se ramène à de la production par extraction et à de fortes émissions de carbone que le bâtiment préfère ne jamais les chiffrer précisément, sinon dans des FDES faussées pour des permis de construire de complaisance.
L’ONU le rappelle incessamment, le Bâtiment est le premier contributeur mondial aux GES. La construction neutre est actuellement l’un des principaux défis de l’humanité, et pas du tout la construction « décarbonée » déjà complètement faussée et galvaudée. A l’aube de la date fatidique de 2030, dans cette Europe qui se targue d’être aux avant-postes climatiques, le défi de la construction neutre sera-t-il officiellement posé un jour, ne serait-ce que dans le cadre d’un challenge de type Solar-décathlon ?
Carlos Barba, architecte du Grand Paris, a beaucoup construit, rénové, réhabilité tout au long de sa carrière. Dernières livraisons en date, le Lycée International de Montreuil qui préserve une ancienne halle à fruits transformée en établissement d’élite, ou l’ARBRI, pavillon d’accueil du 15e Forum International Bois Construction à l’entrée du Grand Palais, en février dernier, sans doute la seule structure de deux étages bâtie exclusivement avec du bois de récupération non destiné à la construction, grâce à une réinterprétation des charpentes de Philibert Delorme, une référence décidément dans le vent.
L’architecte est aussi un inventeur, primé régulièrement au concours Lépine pour des chaises qui marchent ou des murs en brique sans joint. Sa Brique de broc est aux confluents de l’activité d’architecte et d’inventeur. Le principe du béton est adapté à des matériaux biosourcés de récupération. Des déchets de bois, des copeaux de bois, du carton et des résidus jamais réutilisés de productions agricoles, parfois des restes de filets de pêche ou de cordages, malaxées avec de l’eau, de l’argile et quelques autres substances permettent de créer des briques légères, stables, résistantes au feu, à l’eau, afin de créer des cloisons isolantes dont les matériaux d’origine, le transport, le mode de transformation permet véritablement d’approcher le niveau carbone zéro.
Le chantier pour lequel Carlos Barba veut livrer actuellement, dans un délai court, quelques milliers de Briques de broc est assez proche des Ateliers Diderot de Pantin, siège de l’agence, pour envisager une carriole à cheval, si on veut. Ce sera le premier grand chantier de Briques de broc, un moment historique car cela correspond à l’étape la plus difficile de la naissance d’un produit et surtout de la naissance du concept de neutralité carbone de la construction en acte. Cette fois, la production se concentre sur des briques d’une densité de 300 kg/m3, avec une résistance estimée à un lambda de 0,06. L’isolation thermique mais aussi l’inertie, et la beauté matérielle de ces Briques de broc dans une version sans cordages.
On a beaucoup parlé de cette Brique l’an dernier au Forum du Grand Palais, mais il manquait le premier chantier de référence pour voir comment les choses fonctionnent en réalité. L’obstacle, c’est qu’il faut désormais produire des milliers de briques avec une approche nécessairement artisanale. D’où l’idée de mettre ce projet à disposition de ceux qui veulent apprendre à construire neutre. Des jeunes élèves architectes ou architectes, ou des ingénieurs, dans cette génération qui n’hésite pas à apprendre de nouvelles techniques, mettre la main à la pâte, à faire des stages de paille, d’enduit terre crue, de charpente piquée. Apprendre à fabriquer et à poser la brique de broc, c’est apprendre à construire neutre et ce sera la première fois qu’une telle performance sera proposée en France. Fabriquer des briques aux Ateliers Diderot de Pantin, les convoyer à Aubervilliers, monter les murs et venir témoigner de cette expérience lors de la prochaine édition du Forum International Bois Construction est une belle perspective, quand on y pense en pleine grande canicule de mois de mai. Tout cela, l’inventeur-architecte Carlos Barba l’exprime par le terme de construction bio-cyclée. Un concentré de biosourcé et recyclé, si on veut. Si ce n’est qu’il faut aussi prendre en compte la démarche de mutualisation à l’œuvre dans le cadre participatif. La Brique de broc, on en a entendu parler, on a pu la toucher, maintenant, on peut la produire et apprendre comment, voire participer à l’optimisation. Pour ce qui est des ingrédients, les appros sont balisées avec des volumes continuels et massifs, presque sans limite, et qui plus est, le sourcing est directement francilien. Il faudra beaucoup d’argent pour valider ce produit de construction, vous imaginez, on bâtit pour 100 ans, il faut des garanties, une production testée, régulière et des certificats. Mais au fait, on en sera où dans 100 ans ? Comme l’avait affirmé il y a près de 10 ans un chercheur dans le cadre d’un congrès sur les bio-ressources, déjà à l’époque, on n’avait pas le temps de passer à la moulinette habituelle des avis et accréditations les solutions qui laissent espérer un avenir. Aujourd’hui, le seul coupe-file est l’utilisation privée directe, une option qui n’a pas encore été interdite. Quitte à disposer ensuite de suffisamment de références pour prouver la validité de la solution