Biographie
Howayda Al-Harithy est professeure d’architecture et d’urbanisme à l’École d’architecture et de design de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), qu’elle a rejointe en 1994. Elle a dirigé l’École d’architecture et de design à plusieurs reprises, de 2003 à 2006 puis de 2009 à 2012. Elle a également été professeure invitée à Harvard, au MIT et à l’Université de Georgetown.
Fondatrice du Centre d’études foncières palestiniennes de l’AUB, elle est aujourd’hui directrice fondatrice de l’École d’architecture et de design et vice-doyenne de la Faculté d’ingénierie et d’architecture Maroun Semaan. Son parcours universitaire comprend une licence en architecture, un master en sciences de l’architecture au MIT et un doctorat en histoire de l’art et de l’architecture à Harvard.
Ses recherches portent principalement sur le patrimoine urbain et les transformations contemporaines des villes historiques. Ses premiers travaux étaient consacrés à l’architecture et à l’urbanisme de la période mamelouke. Elle s’est ensuite intéressée à la construction et à la consommation du patrimoine, notamment dans leurs relations avec l’identité et la reconstruction d’après-guerre dans le monde arabe. Ses recherches actuelles explorent la régénération urbaine, les traumatismes urbains, la réécriture de l’histoire et les déplacements prolongés. Elle mène notamment ces travaux dans le cadre de l’AUB Urban Lab et du projet RELIEF, en collaboration avec l’Institute for Global Prosperity de l’University College London.
Howayda Al-Harithy est l’auteure de plus de 60 articles, chapitres d’ouvrages et rapports publiés dans des revues et ouvrages scientifiques de référence.
Ses recherches ont été soutenues par plusieurs grandes fondations et institutions internationales, parmi lesquelles les fondations Kress, Andrew W. Mellon et Ford, ainsi que la British Academy et l’ESRC britannique.
Présentation de la conférence qui aura lieu en anglais
Cette conférence défend l’idée que la reconstruction urbaine n’est pas nécessairement une situation d’après-guerre, mais qu’elle peut débuter pendant la guerre grâce à toute une série de pratiques, notamment l’archivage. L’archivage de la ville est ici compris comme une pratique qui initie des processus de reconstruction en documentant des sites vulnérables et contestés, rendus inaccessibles ou isolés par la violence en cours. En particulier, l’archivage du patrimoine, des pratiques socio-spatiales et des formes de résistance peut servir de catalyseur et de point d’entrée pour une reconstruction centrée sur les personnes et guidée par le patrimoine.
L’archivage de la ville ne se limite pas à préserver ce qui risque d’être perdu ; il permet également l’émergence de récits multiples et de lectures alternatives du paysage urbain. Grâce à la désarchivisation — un processus consistant à perturber, réorganiser et réinterpréter le fonds d’archives —, ces récits peuvent générer des imaginaires d’avenir liés à la reconstruction de sites victimes d’urbicide. Plutôt que de considérer les archives comme un dépôt statique du passé, cette approche les positionne comme un outil actif et génératif permettant d’imaginer et de façonner l’avenir.
Cette proposition est explorée à travers deux cas : Gaza, en Palestine, et Nabatieh, au Sud-Liban, où l’équipe s’est engagée dans des activités de planification et de recherche dans des conditions de guerre complexes. La conférence situe ces efforts dans le cadre plus large des travaux de recherche du Beirut Urban Lab, en réfléchissant à la manière dont ces expériences remettent en question et repensent les approches conventionnelles de la régénération urbaine, tout en testant de nouvelles modalités de pratique capables de répondre aux contraintes spatiales, politiques et matérielles de ces contextes.