décès de Daniel Aulagnier
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décès de Daniel Aulagnier

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Nous avons appris avec une grande tristesse le décès de Daniel Aulagnier, artiste plasticien qui a enseigné de 1992 à 2011 à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville.

Daniel Aulagnier a commencé à enseigner les arts plastiques à l’École à la suite du concours de recrutement mis en place pour renforcer l’équipe de première année. Il connaissait Patrice Alexandre, enseignant en arts plastiques à l’École, rencontré aux Beaux-Arts du Mans. Toujours curieux de mélanger les disciplines, pratiques et questionnements, il s’est lié avec d’autres personnalités de l’école dont Claudine Caruette, Jacques Vasseur, Dominique Beaux, Bernard Paurd.

Ces affinités, ainsi que sa recherche pédagogique permanente l’ont amené à s’associer à l’Atelier Expérimental, fondé par Patrice Alexandre et Jacques Vasseur. Il participe alors à l’enseignement de seconde année d’expression plastique en rapport avec le studio de Bernard Paurd, ils questionnaient chaque situation par la pratique des « machines domestiques » fondées sur le rapport au corps et cherchant le « bon dessin » plutôt que le beau dessin.

Face à la demande de nombreux étudiants de continuer à explorer la jonction entre les différents champs d’expression, il participe à la création du Séminaire Arts Images Villes. Il en a été un membre associé pendant de nombreuses années, sa personnalité généreuse, qui ne laissait pas indifférent, était très appréciée.

Il a également participé à de nombreux jurys au sein de l’école, amenant avec son regard aiguisé, son sens de la pédagogie et sa personnalité éclairante un questionnement utile aux étudiants.
En parallèle de son enseignement à l’Énsa-PB, Daniel Aulagnier était titulaire à l’École des Beaux-Arts du Mans, enseignant la sculpture en 1er cycle.

Il était passionné par les articulations entre les modes d’expression plastique et la sphère de l’architecture, aimait familiariser les étudiants avec les formes de création et d’expression existantes, en éclairant avec esprit critique les liens entre leurs contextes social, technique, artistique.

Peu après son départ, en 2012, il a présenté à l’École dans une exposition personnelle « construction / confrontation », son travail artistique développé depuis les années 1970. Commencé à l’époque des performances qui le conduisirent à investir les rapports du corps et de la machine, l’objet-action et la mise en jeu de signes et de symboles deviennent des éléments figurant son rapport au monde, un travail au sein duquel le dessin occupe une place primordiale.

Depuis 2011, il était revenu maintes fois à l’École pour participer à l’élaboration de propositions collégiales pédagogiques, notamment avec Anne Chatelut et Jean Allard, à caractère performatif, telles « Objet et attitude », une intervention à l’échelle de toute l’école faisant participer étudiants, enseignants et personnels administratifs, puis en 2017 « Une lettre signe, le geste situé », une nouvelle action visant à tisser des liens au sein de l’école.

Il avait été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2015.

Enthousiaste et généreux, il était fidèle à Paris-Belleville, aimait l’émulation que l’enseignement lui apportait, poursuivait son travail créatif, rêvait d’encore beaucoup de projets, dont un qu’il proposait à l’École il y a quelques jours à peine.

Nous perdons un ami et nous associons à la peine de son épouse Josée.

Daniel Aulagnier et ses étudiants – photo Anne Chatelut

De l’intention à la formulation :
C’est parce que mon intérêt pour les signes antagonistes est toujours nourri d’une multitude d’exploitations physiques et d’approches métaphoriques que j’évolue régulièrement entre le monde de la technique et celui de l’art, que j’ai recours à différentes formes d’expression graphiques. Ces divers modes de représentation offrent la possibilité de découvrir des systèmes de confrontation tout en maintenant un climat d’expérimentation.
Mes dessins ne sont donc pas uniquement esquisses ou projets, mais possèdent leur identité propre. Bien que faisant partie intégrante de la scénographie dualiste, ils n’en demeurent pas moins des « récits parallèles », des révélateurs indépendants de combats de formes 0% dominent les lignes d’action, de force ou d’attaque venue de cet ailleurs énergétique qu’est le blanc du papier et sur l’espace duquel s’élaborent, se construisent des figures emblématiques adaptable à certains événements ou situations.

Daniel Aulagnier

Le 26 septembre dernier, il avait ainsi participé par une action photographique, au lancement des 50 ans de l’École.

Daniel Aulagnier objet et attitude – photo Anne Chatelut