À travers ce projet, les étudiants ont été invités à considérer l’arbre non comme une matière première abstraite, mais comme un organisme vivant, porteur d’une histoire, d’une croissance et de caractéristiques propres. En observant le tilleul sur pied, en étudiant sa structure et son développement, ils ont été amenés à anticiper sa transformation, depuis son abattage raisonné jusqu’à son devenir en objet.
Le travail s’inscrit dans le prolongement des réflexions menées par les designers Andrea Branzi et José Zanine Caldas, dont les œuvres interrogent le rapport entre la forme naturelle du bois et les usages qu’elle peut accueillir. À partir d’une coupe, d’une courbe, d’une masse conservée ou retirée, ils montrent comment la matière suggère déjà des formes, des fonctions et des manières d’habiter le monde.
Les étudiants ont ainsi accompagné chaque étape de la métamorphose du tilleul. Après avoir dessiné l’arbre et prémédité sa découpe avec un élagueur professionnel, ils ont observé les sections obtenues, leurs singularités, leurs défauts potentiels et les transformations induites par le séchage. Le projet de mobilier n’a pas été imposé à la matière ; il s’est construit avec elle, au gré de ses qualités, de ses contraintes et de ses opportunités.
Les pièces exposées témoignent de cette démarche attentive où le dessin, la modélisation, l’expérimentation et la fabrication dialoguent constamment avec les caractéristiques du matériau. Chaque meuble révèle une interprétation singulière du tilleul et une réponse particulière à la question de l’usage.
Au-delà des objets présentés, cette exposition rend hommage à un arbre devenu ressource, à un processus de transformation qui engage autant la main que le regard, et à une pratique du design qui cherche à faire émerger les formes à partir de ce que la matière a déjà à raconter.