Architecture
de la ville asiatique :
Patrimoine et développement urbain
Depuis la fondation de l'IPRAUS en 1986, des programmes de recherche
et d'enseignement sont développés sur l'architecture
et la ville en Asie. Ils s'inscrivent dans le prolongement de
travaux menés depuis de nombreuses années par des
chercheurs et enseignants-chercheurs qui ont fait de ces espaces
urbains, un objet d'observation suivie.
La perspective de ces programmes est double. Il s'agit, d'une
part, de saisir les spécificités de ces territoires
qui, depuis le milieu du siècle dernier, connaissent une
croissance spatiale et démographique accélérée.
Les villes de la région considérée sont alors
entrées dans un cycle de transformations profondes dont
témoigne une multitude de chantiers, tant au centre qu'en
périphérie, qui ne sont pas sans effets sur les
formes architecturales et urbaines, et sur les pratiques de l'espace.
Il s'agit, d'autre part, de mettre en perspective les fondements
théoriques d'une approche disciplinaire " d'architecture
et d'urbanisme comparés ".
Dans ce cadre, un intérêt particulier est porté
sur les formes d'habitat, considérées à la
fois dans leurs spécificités, comme révélatrices
d'originalités et d'exceptions culturelles, et dans leurs
rapports à la forme urbaine. Nous privilégions les
approches ethno-architecturales de terrain étudié
sur la longue durée : l'habitation lao, la maison balinaise,
la maison japonaise de l'Hokkaïdo, etc. Sont également
développées des recherches comparatives sur les
formes urbaines qui s'appuient, singulièrement, sur les
travaux menés sur la cartographie des villes d'Asie. Ces
différents programmes ont été engagés
avec des partenaires scientifiques, universitaires ou parfois
opérationnels, français et étrangers.
Outre les actions collectives qui sont présentées
brièvement dans cette lettre, les autres programmes de
recherche ont fait l'objet d'une lettre de l'IPRAUS relative à
l'Asie.
Réseau
de la recherche architecturale
" Métropoles d'Asie-Pacifique : architecture et urbanisme
comparés"
Responsables : Nathalie Lancret, Pierre Clément,
Christian Pedelahore
Partenaires institutionnels en France - UMR 7543 du CNRS
(IPRAUS et TMU); Institut Français d'Urbanisme, université
Paris VIII; CNRS; Ecole Française d'Extrême-Orient;
Ecole d'architecture de Paris-Belleville, de Paris-La Villette,
de Paris-Villemin, de Bordeaux.
Partenaires institutionnels à l'étranger -
Norwegian University of Science and Technology, Departement of
Building Design; Ecole d'architecture de l'université de
Genève; Université catholique de Louvain; Chinese
University of Hong Kong, Departement of Architecture; University
of Tongji (Shanghai), Department of Architecture; Graduate Institute
of Building and Planning, National Taïwan University; Udayana
University, Department of Architecture (Indonésie); Institute
of Urban Planning, RDP Lao; Département de l'habitat et
de l'urbanisme au ministère des Communications, des Transports,
des Postes et de la Construction (MCTPC), RDP Lao; Faculty of
Architecture of Chulalongkorn (FAC) à Bangkok; Hanoi Architectural
University; Association des architectes vietnamiens.
L'objectif de ce réseau est de structurer, d'intensifier
et d'institutionnaliser les échanges scientifiques déjà
engagés entre les différentes équipes françaises
et étrangères. Le thème d'étude retenu
pour les trois années à venir porte sur le thème
du plan et, plus largement la représentation graphique,
appréhendés comme des objets autonomes, à
la fois outils d'analyse et de projet, prenant sens dans des contextes
de production et de réception déterminés
qui participent aux transformations des formes architecturales
et urbaines dans l'aire d'Asie-Pacifique.
La réflexion que nous proposons d'approfondir, lors des
séminaires semestriels du réseau et du colloque
devant se tenir à l'issue de ce projet sur trois ans, participe
d'une démarche comparative dans le temps, dans l'espace,
et aux différentes échelles de représentation
graphique :
- dans le temps, des documents extraits des sources les plus récentes
aux plus anciennes, afin de déterminer les stratifications,
de déceler les continuités et les ruptures, les
permanences et les adaptations, les effacements et les innovations
des modèles architecturaux et urbains ;
- dans l'espace, en appréhendant des villes qui s'inscrivent
dans des contextes culturels diversifiés, afin de mettre
en évidence les singularités des espaces étudiés
et de formuler des hypothèses sur les mécanismes
d'hybridation et d'emprunt entre les différents modèles
qui entrent en jeu dans leur composition et leurs transformations
;
- aux différentes échelles de représentation
graphique, de la métropole au bâti, en intégrant
les échelles intermédiaires du " village urbain
", du quartier et de l'îlot, dans la mesure où
les transformations architecturales et urbaines sont étroitement
corrélées.
Les enjeux du développement du réseau sont triples
:
- les séminaires réuniront des chercheurs, des enseignants
et des étudiants français et étrangers dans
le but de mettre en commun, de confronter et d'analyser les travaux
engagés par les différentes équipes et leurs
développements méthodologiques et scientifiques
récents. Les débats devront permettre d'enrichir
les problématiques de chacun et de s'interroger sur de
nouveaux axes de recherche. En outre, la dimension internationale
du réseau ne sera pas sans effets sur l'ouverture à
d'autres approches et d'autres méthodologies ; la mise
en réseau devrait renforcer les partenariats déjà
créés avec des institutions étrangères
et faciliter la mise en place de conventions avec d'autres organismes
étrangers (unités de recherche, universités,
administrations compétentes dans le domaine architectural
et urbain) ; de plus, l'enseignement qui constitue un axe majeur
de nos activités devrait bénéficier directement
de l'existence d'un réseau : les étudiants y seront
intégrés et seront associés aux différents
programmes de recherche ; enfin, les échanges internationaux
déjà existants d'étudiants et de jeunes chercheurs
seront favorisés.
Ces représentations graphiques, qui s'emboîtent aux
différentes échelles de la ville, devront être
considérées comme des éléments de
lecture de l'histoire et des dynamiques urbaines ; elles renseignent
également sur les grands projets urbains et leurs mécanismes
d'insertion dans la ville. Les rapports observables entre les
formes architecturales et les formes urbaines seront étudiés
à travers l'analyse des différents indicateurs contenus
dans les plans : découpages territoriaux, tracés,
densités, éléments structurants, relations
entre infrastructures et bâti, etc.
Dans ce cadre, sept opérations majeures ont été
organisées par des membres de l'IPRAUS et leurs partenaires
du réseau au cours de l'année 2000.
· Colloque international Patrimoine architectural, urbain,
paysager de Vientiane et politiques de planification urbaine qui
s'est tenu à Vientiane du 28 février au 1 mars 2000.
Secrétariat scientifique : Karine Peyronnie et Nathalie
Lancret.
Le colloque s'inscrivait dans la perspective des projets franco-laotiens
: Inventaire du patrimoine architectural, urbain et paysager de
Vientiane dans le contexte de la révision du schéma
directeur (IPRAUS - UMR 7543 du CNRS/ Institut des Recherches
Urbaines - IRU - de Vientiane) et Vientiane : structures et dynamiques
de l'urbanisation (LASEMA - UPR 297 du CNRS/Institut Français
d'Urbanisme/ ministère de la Construction, des Transports,
des Postes et des Communications - MCTPC). Il s'est tenu à
l'occasion de l'atelier Vientiane de la formation de 3eme cycle
en architecture et aménagement urbain " Métropoles
d'Asie-Pacifique : architecture comparée projets urbains
" (MAP) et de l'exposition 1900 - 2000, Vientiane à
travers une lecture cartographique présentant les travaux
de l'atelier MAP de l'année précédente et
une analyse critique du corpus cartographique de Vientiane.
· Réunion fondatrice du réseau en France
à l'IPRAUS le mercredi 21 juin 2000 sur le thème
de la représentation cartographique.
A partir de différentes études de cas, les sources
cartographiques ont été appréhendées
comme des objets autonomes, à la fois outils d'analyse
et de projet, prenant sens dans des contextes de production et
de réception déterminés, qui participent
aux transformations des formes architecturales et urbaines.
· Séminaire à l'IPRAUS le vendredi 17 novembre
2000 sur les formes architecturales et urbaines de la ville de
Hanoï, et leurs représentations.
Les interventions s'inscrivaient dans le cadre des projets développés
par l'IPRAUS en collaboration avec l'Institut français
d'architecture et le Centre des archives d'outre-mer : exposition
Hanoï. Le cycle des métamorphoses, publication Hanoï.
Le cycle des métamorphoses. Formes architecturales et urbaines,
colloque Hanoï au miroir des métropoles asiatiques.
L'esprit de la réunion était celui d'un séminaire
de réflexion théorique et de travail sur les recherches
en cours dans ce domaine. Ont été abordées
les problématiques inhérentes aux représentations
graphiques de la ville et à leur exploitation scientifique.
· Publication Hanoï. Le cycle des métamorphoses.
Formes architecturales et urbaines, éditions Recherches/Ipraus,
Paris, 2001, 351 p.
Sous la direction de Pierre Clément et Nathalie Lancret
avec la collaboration d'Emmanuel Cerise, Dominique Delaunay, Inès
Gaulis et Lisa Ros. L'ouvrage, qui tient lieu de catalogue de
l'exposition, a été présenté lors
du vernissage de celle-ci le 12 juin 2001.
· Exposition Hanoï. Le cycle des métamorphoses
présentée à l'Institut français d'architecture
du 12 juin au 15 septembre 2001 puis à Hanoï, au temple
de la Littérature, à partir du mois de novembre
2001
Commissariat : Christian Pédelahore de Loddis, Emmanuel
Cerise et Nguyen Quoc Thong avec Dominique Delaunay, Nathalie
Lancret, Inès Gaulis et Lisa Ros.

Exposition "Hanoi le cycle des métamorphoses"
I.F.A. 2001
·
Colloque Hanoï au miroir des métropoles asiatiques
au Sénat le jeudi 13 septembre 2001.
Coordination scientifique : Pierre Clément, Inès
Gaulis, Charles Goldblum, Nathalie Lancret.
· Préparation d'un atlas urbain de la ville de
Xi'an en partenariat avec l'Ecole d'architecture de Bordeaux et
la faculté d'architecture de l'université de Trondheim
(Norvège).
Pour l'année 2001
· Réunion du réseau MAP 14 septembre 2001
Elle a permis de s'interroger sur la nature et les effets des
interventions coloniales qui ont marqué durablement l'histoire
des villes de la région, notamment en ce qui concerne les
tracés viaires.
· Une autre réunion du réseau sera organisée
à Hanoï au mois de novembre 2001 à l'occasion
de l'inauguration de l'exposition " Hanoï, le cycle
des métamorphoses " au temple de la Littérature.
· Cartographie
des villes d'Asie-Pacifique
Responsables : Nathalie Lancret, Pierre Clément, Emmanuel
Cerise
Le projet d'inventaire de la cartographie des villes d'Asie- Pacifique-
métropoles et villes moyennes - est né d'un double
constat : celui de l'importance des documents cartographiques
et, plus largement, des témoignages iconographiques comme
sources pour l'étude de l'espace urbain, d'une part, et
celui des faiblesses documentaires - rareté, dispersion
et caractère tardif des plans - d'autre part. Ce programme
coordonné par Nathalie Lancret et Pierre Clément
est mené depuis plusieurs années à l'Institut
Parisien de Recherche Architecture Urbanistique Société.
Il vise à répertorier les plans conservés
dans les centres d'archives, de documentation et de recherche
français et étrangers, dans les fonds privés,
mais également les documents dressés par les administrations
et les services locaux en charge de l'aménagement du territoire
et des villes, ainsi que des éléments découverts
au gré des recherches. L'objectif est de créer un
outil pertinent pour les étudiants et les chercheurs qui
travaillent sur les formes urbaines de l'aire asiatique considérée.
Le projet est conçu sur le long terme, l'inventaire étant
progressivement complété et périodiquement
actualisé. Il repose sur des partenariats scientifiques
avec des institutions françaises et étrangères,
notamment avec le Centre des archives d'outre-mer pour les villes
de l'ex-Indochine. Concrètement le projet poursuit un triple
objectif : recenser les documents sur une base de données
informatique, établir un inventaire et constituer un fonds
propre à l'IPRAUS. L'élaboration des fiches d'inventaire
pour la base de données informatique et la rédaction
des notices posent de multiples questions sur le statut même
du programme et ses finalités. S'agit-il exclusivement
d'informer sur les caractéristiques physiques du document,
le contexte de sa commande et de sa production ? Convient-il d'aller
plus loin dans l'analyse, de s'intéresser au contenu du
plan et d'établir un inventaire raisonné des fonds
cartographiques ? Il s'agirait alors d'informer sur le statut
du document, la validité des informations cartographiées
et de proposer une première lecture. Ces interrogations
en introduisent une autre sur la validité même de
la description de l'image qui, largement marquée par les
hypothèses du chercheur, est d'abord le choix d'un point
de vue de connaissance.

Plan de Vientiane. Mission Hydrographique du Haut-Mékong
(1895-1898). M. Le Blévec
Le
programme se situe à l'articulation entre la recherche
architecturale et urbaine, et les enseignements de l'architecture.
Il s'inscrit dans une réflexion sur la représentation
cartographique comme image qui prend sens dans le contexte de
sa production et de sa réception et participe, directement
ou non, aux transformations de l'espace urbain. L'interrogation
porte sur le statut même des documents - à la fois
" plans constats " et " plans projets ", sources
et outils de planification - et sur les problèmes méthodologiques
de la lecture cartographique, notamment dans le contexte particulier
des villes sud-est asiatiques - villes végétales,
villages urbains, agglomérations en forte croissance. Au-delà
de l'analyse de l'image proprement dite, la recherche s'intéresse
aux modes de représentation appréhendés dans
leurs rapports aux conceptions de l'espace et du temps à
l'uvre dans les sociétés étudiées.
· Inventaire préliminaire de la cartographie
de Vientiane
Etabli par Nathalie Lancret et Pierre Clément, l'inventaire
regroupe une centaine de plans, de la fin du XIXe siècle
(1895) au dernier schéma directeur, qui proviennent notamment
d'un fonds d'archives conservé à l'Institut des
recherches urbaines de Vientiane. Certains documents sont inédits
tels un plan parcellaire en quatre planches au 1/1 000 de 1912,
une représentation de la ville au 1/2 000 de 1930 ou encore
un plan parcellaire en vingt planches de 1959-1962. Parallèlement
à cet inventaire, les villes secondaires de la république
démocratique populaire Lao (Savannakhet, Luang Prabang,
Pakse et Thakhek) ont fait l'objet d'un recensement systématique.
Un cédérom de la cartographie de Vientiane est en
cours de réalisation.
· Inventaire des plans de Hanoï
Etabli par Nathalie Lancret et Emmanuel Cerise, l'inventaire compte
plus de 200 pièces répertoriées, depuis le
XVe siècle jusqu'au schéma directeur projeté
pour 2020, qui proviennent principalement du Centre des archives
de l'Institut français d'architecture (fonds Louis-Georges
Pineau) et du Centre des archives d'outre-mer. Quelques plans
et reconstitutions représentent la ville avant l'occupation
coloniale française (notamment des plans de 1490, 1770
et 1873 puis des reconstitutions pour 1010-1400, 1470, 1831 et
1866-1873), mais la grande majorité du fonds couvre la
période de 1873 à 1951. Les années de guerre
sont marquées par un vide cartographique ; des plans sont
à nouveau dressés depuis quelques décennies.
Un inventaire préliminaire a été présenté
dans la publication Hanoï. Le cycle des métamorphoses.
Formes architecturales et urbaines, éditions Recherches/Ipraus,
Paris, 2001. Un cédérom de la cartographie de Hanoï
sera présenté à Hanoï, lors de l'inauguration
de l'exposition Hanoï dans le cycle des métamorphoses
le 14 novembre 2001.
· Inventaires en cours
Constitués au fur et à mesure de nos recherches
et des travaux menés par les étudiants, les inventaires
des villes suivantes sont en cours : Hô Chi Minh-Ville (Saïgon
- Cholon), Bangkok, Phnom Penh et Siem Reap, Jakarta et Denpasar
(Bali). L'inventaire s'intéresse également aux villes
de Hong Kong, Xi'an, Taïpei et Séoul.
·
L'Esthétique ordinaire de la ville
Participants : Philippe Bonnin, Adachi Fujio, Shinsuke
Kaneyuki, Inada Yoriko (doctorante)
Partenaire : DAPA (Mission du patrimoine ethnologique)
· Etude
ethno-architecturale de l'espace domestique balinais
Responssable : Nathalie Lancret
Ces deux recherches ont été exposées dans
la précédente lettre de l'IPRAUS.
"Un aspect de la pensée japonaise sur le paysage
urbain", Philippe Bonnin, Adachi Fujio, Géographie
et cultures, 29/1999 : La ville et ses images, pp. 25-38.
"Esthétique et urbanité : un aperçu
japonais", Philippe Bonnin, Adachi Fujio, Espaces
et Sociétés, n° 100, 2000.
La maison balinaise en secteur urbain : étude ethno-architecturale,
Nathalie Lancret, Cahier d'Archipel n° 29, association Archipel,
Paris, 1997.
· CEAA
Métropoles d'Asie-Pacifique
Organisation et orientation du CEA.
· DEA
" Projet architectural et urbain :
théories et dispositifs "
Organisation et orientation du DEA.
Mémoires de DEA soutenus sur l'Asie sous la direction
de Pierre Clément
· Emmanuel CERISE
La densification des quartiers de logements collectifs à
Hanoï, 2001.
· Lisa ROS
Phnom Penh, la forme d'une capitale moderne d'un nouvel Etat
nation (1954-1970), 2001.
· Chayphet SAYARATH
L'apport des outils français de protection du patrimoine
dans la gestion urbaine et foncière au Laos dans le cas
de la coopération internationale, 2001.
· Véronique SHEU
Rôles du Compartiment Chinois dans la fabrication urbaine
d'une ville coloniale japonaise à partir de l'Ancienne
Cité de Taipei, 2000.
· Jeong-Ah RYU-KIM
Structuration et déstructuration spatiales de l'habitation
traditionnelle coréenne - ses transformations consécutives
à l'industrialisation, 1999.
· Seong-Tae SON
Permanences et changements d'une forme urbaine. La transformation
du centre ancien de Séoul de 1910 à nos jours,
1999.
· Elisabeth PACOT
Evolution d'une forme urbaine : le podium ou la stratification
urbaine dans les villes nouvelles de Hong Kong : exemples de Sha
Tin et Ma On Shan, 1998.
· Corinne NACINOVIC
Emergence des édifices publics sous influence coloniale
française et leur impact sur la ville : le cas de Hanoï
1886-1924, 1997.
· Christian REITZ
La citadelle de Huê au Vietnam, 1997.
· Liang ZHANG
Patrimoine et rénovation urbaine. Le cas de Chengdu
(Chine), 1994.
· Françoise GERVOT
Nankin, capitale chinoise : de l'adaptation d'un modèle
à la recherche d'un modèle adapté, 1993.
· Anne-Sophie LEBRETON
Transformation de l'espace urbain à Katmandou et Patan
de 1846-1951, à partir d'un nouveau type architectural
: le palais Ran, 1993.
·
Thèses en cours
· Elisabeth PACOT
De l'îlot à la tour ! Pékin, Shanghai,
Canton.
· Christian REITZ
De la place forte à la cité-jardin : Hué
au Vietnam.
· Jeong-Ah RYU-KIM
Etude comparée des modes de structuration spatiale des
habitations chinoise, coréenne et japonaise.
· Véronique SHEU
Le compartiment chinois à Taïpei : transformations
et limites.
· Seong-Tae SON
Le centre de Seoul entre histoire et métropolisation.
Formations, formes, transformations.
· Pornthum THUMWIMOL
Permanences et transformations urbaines et paysagères.
L'île de Rattanakosin - centre ancien de Bangkok 1782-1996.
· Hsueh-li YEN
L'espace-temps et le jardin chinois : le vide, le mouvement
et l'évènement.
· Thèses
soutenues
· ZHANG Liang
De la modernité à la modernisation : La genèse
du patrimoine historique bâti et ses conceptualisations
en Chine, 1900-1998
Thèse de doctorat soutenue le 21 décembre 2001,
sous la direction de Pierre Clément, Charles Goldblum,
Ecole doctorale " Ville et Environnement ", Université
Paris VIII, Discipline-spécialité doctorale : Projet
architectural et urbain
La présente thèse a pour objet une réflexion
sur les conceptualisations du patrimoine historique bâti
en Chine (jianzhu yu chengshi lishi yichan). Pour repérer
l'apparition du concept moderne du patrimoine bâti en Chine,
l'appréhension de deux notions distinctives et dialectiques,
soit le monument et le monument historique. Si le concept de monument
historique est une invention de l'Europe, qui s'est répandu
avec son pouvoir dans le monde extra-européen depuis la
deuxième moitié du 19e siècle, les conditions
chinoises à la même époque méritent
d'être examinées.
La période de cette recherche est délimitée
par deux moments, l'un est désigné par " modernité
" et l'autre par " modernisation ", une durée
d'à peu près cent ans qui a produit nombre d'"
événements " liés aux faits patrimoniaux.
Ce travail, réalisé dans le cadre de la recherche
architecturale et urbaine, a essayé d'intégrer l'étude
des projets architecturaux et urbains en tant que description
et comme fil conducteur d'une narration des faits historiques
pour en expliciter la problématique. Fondées sur
les " évolutions ", les " durées
" et les " événements ", les quatre
étapes de la prise en compte du patrimoine historique bâti
en Chine sont distinguées en : l'éveil de la conscience
dans la " modernité ", l'acceptation du monument
historique, la ville-musée et le patrimoine urbain à
l'ère de la " modernisation ".
A partir de la modernité chinoise, les anciennes habitudes
se sont transformées en une nouvelle conscience du patrimoine.
Les initiateurs, Zhu Qiqian qui a fondé la Société
d'étude sur les constructions chinoises, et Liang Si-cheng
qui a apporté une contribution majeure au concept chinois
du monument historique, ont ouvert une voie chinoise du patrimoine
historique bâti. Cette démarche a un double caractère
: la conservation et la restauration témoignent de l'adoption
de la notion d'authenticité, et la création du nouveau
monument avait pour but d'assurer la continuité des compétences
traditionnelles dans l'édification et l'identité
dans la planification et l'urbanisation. Mais ce double caractère
est en même temps la cause de l'ambiguïté liée
à l' " historicisme " qui a été
réactualisée dans les contextes idéologiques
du pragmatisme historique.
Cette recherche montre ensuite la transition vers la prise de
conscience du patrimoine urbain, né tumultueusement au
sein d'une controverse urbanistique : ville ancienne et ville
nouvelle, urbanisme protecteur et urbanisme destructeur. Sur cette
dualité s'est élaboré une solution qui consiste
à conserver la ville ancienne d'un côté, et
à développer la ville nouvelle de l'autre. Mais
cette idée, prolongement de celle du monument historique,
n'a finalement pas réussi à défendre les
patrimoines urbains.
Ce travail fournit des outils critiques, permet de penser l'avenir
de la politique urbaine et du patrimoine historique bâti,
de préparer les bases d'une réflexion sur le changement
nécessaire de la politique d'urbanisme pour que la société
chinoise ne perde pas son identité culturelle. La conjoncture
nouvelle décrite au terme de cette étude ne pose
cependant pas de coupure nette. Les villes historiques et les
monuments anciens sont liés à une chaîne dont
les maillons résident encore dans le relais du " souvenir
", tel que le posait la " Préface au Pavillon
des orchidées " : " Nos descendants nous regarderont
comme nous regardons nos prédécesseurs ", proposition
qui est révélatrice de la complexité du concept
du patrimoine historique bâti.

Types des maisons à cour
Secteur historique de Daci Si, Chengdu, Chine
Davisi BOONTHARM
Lieux du commerce et évolution urbaine de Bangkok 1782-2000
:
étude des transformations urbaines et de leur qualification
à travers l'évolution des fonctions et formes commerciales
Thèse de doctorat soutenue le 11 mai 2001, sous la direction
de Charles Goldblum et Pierre Clément, Université
Paris VIII.
Les grandes métropoles de l'Asie du Sud-Est se caractérisent
fortement par l'importance, la diversité et la flexibilité
de leurs dispositifs physiques et spatiaux attachés à
l'économie du commerce.
Bangkok, capitale de la Thaïlande, en est un exemple particulièrement
significatif. Son histoire, sa situation géographique privilégiée
de grand port fluvial, proche du littoral continental, ses activités
d'échanges témoignent de cette prééminence
de la fonction commerciale. Ces différentes considérations
ne pourraient manquer, par ailleurs, de marquer profondément
son aspect architectural et urbain.
C'est de ce point de vue que nous avons construit notre démarche
d'étude, privilégiant ainsi, pour un temps, les
problèmes d'identification et de hiérarchisation
des types, formes, quartiers et territoires urbains, en y associant
l'ensemble des autres données : politiques, économiques
et sociales.Le développement du système commercial
à Bangkok trouve son origine dans les échanges considérés
sous deux aspects : échange des produits agricoles par
les paysans entre eux et avec les citadins et échange extérieur
par le réseau maritime inter- asiatique et avec les pays
occidentaux. Après plus de deux siècles d'histoire
urbaine, ce développement a abouti, de nos jours, à
des systèmes commerciaux complexes qui se développent
à l'échelle mondiale et qui s'expriment en ville
sous des types et des formes particulièrement variés.
Ce travail détermine l'impact sur la ville de l'activité
économique dite commerciale, du point de vue de la constitution,
de la transformation et de la qualification urbaines. Il présente
l'évolution de la forme architecturale et urbaine commerciale
depuis la forme traditionnelle jusqu'à la forme contemporaine
et le passage de l'activité commerciale d'une forme à
une autre, ainsi que son rôle dans le développement
urbain. La délimitation de l'expression " lieux du
commerce " telle que nous l'employons est définie
par la nature des interactions entre les acteurs de la consommation
sur leurs lieux d'échange. Nous observons donc principalement
l'espace des échanges des biens matériels et des
services entre le marchand et le client (principalement le consommateur
final). Cette délimitation rend notre emploi de la notion
d'" espace commercial " plus tangible et nous permet
plus facilement d'établir une typologie et de suivre son
évolution.Nous essayons de décrire également
comment les pôles du commerce se créent, comment
ils se sont déplacés et quelles formes ils adoptent
dans la composition urbaine. Nous montrons aussi l'importance
du commerce dans l'édification des centres urbains et comment
ils se sont développés dans le temps, avec une accélération
particulière depuis la période du " boom "
économique des années 80. Cette notion de "
lieux du commerce " nous sert ainsi de fil conducteur pour
comprendre la ville dans sa complexité.
En associant plusieurs méthodes d'investigation, y compris
le relevé architectural et les études de cas, pour
aborder cette recherche, nous l'avons structurée en 3 parties:
1 - Etat des lieux du commerce à Bangkok.
Cette partie est en quelque sorte une longue introduction sur
le commerce tel qu'il se présente aujourd'hui, sur ses
différents aspects, surtout son aspect spatial, son rôle
dans le développement urbain et son importance dans l'économie
thaïlandaise contemporaine. Cette approche nous permet de
constater l'importance et l'influence des formes traditionnelles
du commerce, ce qui nous renvoie à la deuxième partie
consacrée à l'étude de leur histoire.
2- Approche historique de la formation urbaine commerciale
Nous consacrons cette partie à l'évolution des formes
urbaines commerciales, à ce qui caractérise ces
différentes formes, et au rôle de chacune dans la
structuration des quartiers urbains. Pour étudier cette
évolution,nous remontons au-delà de la période
de Rattanakosin (le noyau historique de Bangkok), jusqu'à
l'époque de l'ancienne capitale Ayuthaya, dont les "
modèles " ont été transposés
à Bangkok, avant que Bangkok ne développe des modèles
qui lui sont propres. Cette partie ne traite donc que des formes
" traditionnelles ", formes nées dans la période
de la fondation de la ville, mais qui sont présentées
chronologiquement depuis leur origine jusqu'à leur développement
contemporain. Nous apprenons à travers cette évolution
que ces formes traditionnelles du commerce se sont affinées
dans un processus d'adaptation au cours de l'histoire de la ville
pour constituer les " modèles " appropriés
à l'organisation urbaine de Bangkok. Cette réponse
nous incite à vérifier par la suite, pour la période
contemporaine, les conséquences du développement
accéléré des pratiques modernes du commerce
sur l'évolution des formes urbaines.
3. Approche contemporaine de configurations urbaines et architecturales
à travers le développement du groupe " CENTRAL
".
Le groupe CENTRAL étant la plus grande entreprise de distribution
pour toute la Thaïlande, nous présentons dans cette
partie l'impact de ses stratégies de développement
sur l'organisation du territoire de Bangkok. Nous prenons comme
exemple l'évolution des équipements commerciaux
que ce groupe a réalisés. A travers ces réalisations,
nous voyons comment ont évolué non seulement les
types et les formes de commerce, mais également l'organisation
du système au sein même du groupe et ses stratégies
urbaines. Nous constatons la rapidité du déploiement
de ces formes modernes du commerce sur l'ensemble du territoire
urbain. Ce changement radical dans un délai très
court s'exprime manifestement comme une ruptue. Il incite à
s'interroger, sans porter de jugement de valeur, sur la possibilité
de voir ces formes modernes du commerce subir, comme les modèles
traditionnels, un réajustement pour établir un nouvel
équilibre urbain.

Types de commerce. Bankok
Ce travail se conclut par différentes questions : une première
question concerne la coexistence à Bangkok des formes architecturales
et urbaines du commerce relevant tantôt de la tradition
et tantôt de la modernité ; pour le moment, ces formes
cohabitent, mais quelles sont les perspectives d'une telle mixité
? Une seconde question se rapporte plus précisément
au futur urbain et commercial : qu'en est-il des incidences de
l'économie " virtuelle " sur les formes commerciales
? La dématérialisation du commerce est envisagée
par certains auteurs dans le sens de la disparition des espaces
matériels de l'échange, autrement dit des "
lieux du commerce " ; comment rendre compte de l'emprise
croissante et de la diversification typologique qui caractérise
l'évolution récente des formes du commerce à
Bangkok dans une telle perspective ?
Sans prétendre répondre à cette ultime question,
notre étude démontre qu'il existe une relation étroite
entre processus de croissance commerciale et formes induites d'urbanisation.
En conséquence, il est permis de conclure que les politiques
de développement urbain ne sauraient faire abstraction
des paramètres de l'économie commerciale, y compris
quant à leurs caractéristiques physiques, urbaines
et architecturales.