Exposition Pérennité instable

Publié le 2017-02-16 12:10:40

Espace Mc Cormick et mezzanine basse | 29.03 - 27.04.2017

Vernissage | mercredi 29.03.2017 à 18:30

Attention ! fermeture de l’Ecole du 10 au 17.04.2017


‘‘… car rien ne se crée, ni dans les opérations de l’art, ni dans celles de la nature, et l’on peut poser en principe que, dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l’opération ; que la qualité et la quantité des principes est la même, et qu’il n’y a que des changements, des modifications.’’
Lavoisier, Traité élémentaire de chimie (1789), p. 101

Présentation d'une sélection d’œuvres du frac île-de-france de Michel Blazy, Agnès Bracquemond, Michel François, Nathalie Elemento, Olivier Nottellet, Carmen Perrin

La question de l’équilibre est une donnée intrinsèque à tout événement sur Terre et à toute forme de manifestation humaine. Plus particulièrement, elle constitue une des données fondamentales de l’architecture et des arts plastiques.

L’attraction terrestre informe toute chose : nos corps, nos objets, nos architectures… Le galet mou de Michel Blazy  joue de cet équilibre physique en nous proposant un compromis douteux entre attraction et répulsion.
A quoi ressemblerait-on sans l’attraction terrestre ? Que pourrait alors faire notre corps ? Ces questions semblent posées par Michel François / Sauter ou par Agnès Braquemond / Deux figures califourchon I : l’être humain, momentanément libéré de son contact au sol, peut vivre alors pleinement l’expérience fugace d’une nouvelle liberté corporelle. Quelques secondes d’un bonheur définitivement interdit au sol.

Dans notre époque mondialisée, les équilibres géopolitiques, en construction et modification permanentes, génèrent alternativement tensions et périodes d’accalmie.
Jeu de mains de Michel François peut alors être lu comme une promesse d’entente pacifique autant que comme origine de la zizanie alors que la sculpture S’installer de Nathalie Elemento  pointe insidieusement notre besoin de protection (murs, mais aussi limites et frontières) qui, paradoxalement, nous coupe et nous isole de l’autre,  seul garant d’une différence salutaire.

Enfin, équilibre rime aussi avec composition : équilibre des masses, des couleurs, des lignes… servant un principe purement plastique.
Olivier Nottellet détourne, dans Never Ending Table, la fonction d’un bureau pour nous proposer un environnement purement pictural dont les éléments, simplement posés ou en équilibre sur le bord du plateau, en soulignent la fragilité et la beauté.
Equilibre physique et équilibre plastique  sont également à l’œuvre chez Carmen Perrin (Sans titre, 1990) où l’acier, soumis à la tension extrême du cuir, voit ses lignes ployer et sa matière soudain s’attendrir.

commissariat | Jean-Luc Bichaud