Les fondements

Créée en 1969, l’école nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville (ENSAPB, dénomination datant de 2005) fonde son enseignement depuis le début sur un principe : un socle de connaissances lié à une authentique culture du projet d’architecture.

Elle s’est bâtie sur une série d’accords fondamentaux que l’on retrouve aujourd’hui dans les décrets et arrêtés qui règlementent l’enseignement de l’architecture en France :

- renforcer dans l’enseignement de l’architecture son caractère d’enseignement supérieur lié à la recherche et à la possibilité d’offrir un éventail de pratiques diversifiées aux étudiants diplômés,

- développer la science du projet, convergence du savoir et du savoir-faire, de la théorie et de la pratique,

- trouver des articulations et associations pertinentes entre les enseignements et développer les partenariats internationaux,

- réaffirmer que l’enseignement de l’architecture ne peut se limiter à une simple formation professionnelle.

Elle est issue de l’éclatement de la section « architecture » de l’école nationale supérieure des beaux-arts parce qu’un groupe d’enseignants et d’étudiants avait voulu renoncer à l’académisme, avait voulu convoquer d’autres disciplines que celle du seul projet, que l’on croise les disciplines, que l’on procède par analogie, par enrichissement mutuel, afin de donner la conscience de l’architecture et de ses limites dans ses implications historiques, idéologiques, sociologiques, philosophiques. C’était déjà l’idée que les disciplines ne progressent que parce que les découvertes d’un domaine sont transposables à un autre.

Projets pédagogique et scientifique

De la même manière et dès sa fondation l’école a voulu instaurer un dialogue singulier entre projet pédagogique et projet scientifique et c’est pour cela que dès l’époque elle souhaitait que les enseignants mènent parallèlement à leurs pratiques pédagogiques des recherches théoriques. C’est cela qui a conduit à la création d’un laboratoire de recherche Ipraus relevant d’une unité mixte de recherche (UMR). Une nouvelle UMR "Architecture Urbanistique Société : Savoirs, Enseignement et Recherche" (AUSSER) devrait succéder à l'UMR "Architecture Urbanistique Société" (AUS). Elle regroupera les laboratoires des écoles de Malaquais, Belleville et Marne la Vallée.

Les recherches répondent à deux grands objectifs :

- Contribuer à l'enseignement de l'école

- Produire des connaissances sur la fabrication des espaces de la ville : l'espace conçu, l'espace représenté, l'espace construit et l'espace habité.

Les principaux champs sont : 

Thème 1 / Atelier ArchiHabitat
Thème 2 / Architecture des territoires : transports, formes urbaines et développement soutenable
Thème 3 / Paris, entre patrimoine et métropole
Thème 4 / Architectures et villes d'Asie : héritages et projets
Thème 5 / Architecture : diffusion, transmission et enseignement

Les domaines d’intervention  

L’importance que l’école accorde au lien entre l’enseignement et la pratique l’a conduite à s’attacher les compétences de praticiens reconnus dans le domaine des équipements publics, des logements sociaux des projets urbains.

En fait cette école apporte autant d’attention au patrimoine, à sa réhabilitation qu’à la création (mémoire et projet), à l’architecture d’édifices qu’à l’architecture urbaine et à l’architecture du territoire, à la forme qu’aux techniques constructives (elle a organisé un double cursus architecture-ingénierie avec le CNAM) qu’à la responsabilité sociale de l’architecte. Mais quelle que soit l’échelle, elle veut toujours que l’on se réfère à celle du bâtiment.

Kenneth Frampton l’avait présentée en 1998 comme l’une des dix écoles assurant un enseignement fondamental dans le monde. Et de fait elle a clairement fait le choix de ne pas créer une filière professionnalisante en 1er ou en 2ème cycle mais de dispenser un enseignement continu, progressif puis cumulatif du projet sous toutes ses formes durant les années qui mènent aujourd’hui au diplôme d’État d’architecte. Avec la mise en parallèle de disciplines associées, la construction et l’histoire obligatoire tout au long du cursus, une forte offre de séminaires et de cours optionnels, l’école favorise l’engagement de l’étudiant d’abord dans son milieu, en lui permettant de se forger une culture et une capacité de jugement, avec le recul souhaitable.

En contrepartie, elle a développé des formations de spécialisation et d’approfondissement après le diplôme (aujourd’hui le diplôme d’État), grâce à son expérience acquise : un DSA « architecture des territoires - ville et métropole », un DSA relatif aux risques majeurs, un DSA relatif au patrimoine du XXème siècle et aux villes orientales.

La réforme

La réforme de 2005 réorganisant les études selon les principes européens et universitaires (LMD) a été l’occasion de prolonger les réflexions qui ont conduit à l’établissement du programme actuel en portant une attention toute particulière :

- à l’articulation, autour de l’enseignement du projet et de la discipline, des différents contenus pédagogiques,

- à l’allègement de l’emploi du temps de la grille actuelle afin de permettre aux étudiants de disposer du temps qu’il convient de consacrer à l’exercice de la conception du projet.

Le nouveau programme des études de l’école se caractérise par des orientations claires mais sans révolution puisque la réforme précédente de 1998 avait déjà été conçue à Belleville dans une perspective d’organisation future des études en 3, 5 et 8 ans :

au terme de trois années d'études,

en bénéficiant d'un encadrement conséquent, l'étudiant doit savoir élaborer un projet complet d'architecture et de construction et un projet d'architecture urbaine. Tous les enseignements sont conçus et organisés de manière progressive, l'étudiant ne peut faire d'impasse dans aucune discipline ;

en master,

le parcours de l'étudiant peut être davantage individualisé grâce à une plus grande liberté de choix ; les séminaires -désormais en 4ème année - et les studios ne sont plus strictement corrélés et l'étudiant peut choisir la séquence de ses studios, parce que l'objectif est de multiplier les expériences ; il s'agit de faire plusieurs projets et non plus d'effectuer - contrairement au dispositif de la licence- un apprentissage de l'art de projeter selon un schéma progressif mais plutôt selon un principe de cumul des expériences. Les matières sont obligatoires mais le choix des studios et des options est total ;

tout au long de ces deux cycles les étudiants bénéficient d'un enseignement continu en histoire, en théorie de l'architecture et en construction ;

après le master généraliste et portant sur toutes les échelles,

trois DSA, formation de spécialisation et de professionnalisation sont proposées par l'école ainsi que la formation à l'HMONP et deux cadres d'études doctorales ;

en doctorat,

l'ambition est de trouver les idées et les questionnements dans la discipline architecture davantage que dans les autres, afin de continuer à répondre à la nécessité de former des enseignants certes, de répondre à une demande future de docteurs mais également de développer sensiblement la recherche en architecture, quelle soit fondamentale ou appliquée et notamment autour des questions relatives à la mise en œuvre des techniques et des matériaux.

Les formations post-master
Les formations professionalisantes

L’école nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville assure une formation à trois diplômes de spécialisation et d’approfondissement en architecture post-master, diplômes nationaux d’enseignement supérieur.

Ces diplômes sont ouverts aux architectes et aux titulaires d’un master admis en équivalence.
L’objectif est de répondre aux enjeux de la diversification et de l’évolution des pratiques et des compétences professionnelles.

Trois champs sont offerts :

celui de l’architecture et des risques majeurs destiné aux architectes qui souhaitent approfondir leurs compétences dans la prise en compte des risques majeurs en architecture et en aménagement durables, ainsi que dans la gestion des crises et la reconstruction.

celui de l’architecture et des projets urbains pour les architectes qui souhaitent approfondir leurs connaissances des logiques de conception et de transformation des formes urbaines, aux différentes échelles, de l’architecture des villes à celle des territoires, des logiques d’acteurs ainsi que des pratiques et processus du projet urbain qui leurs sont corrélés.

celui de l’architecture et du Patrimoine du XXème siècle et des villes orientales pour les architectes qui souhaitent se spécialiser dans la maîtrise des opérations liées au patrimoine architectural, urbain et paysager, en vue de sa conservation, sa restauration, sa mise en valeur et son usage dans la société contemporaine. La formation vise à approfondir la connaissance des édifices, de la ville et des sites naturels et à maîtriser les études et les interventions sur ce patrimoine. Elle est centrée sur le projet et en prise directe avec l’évolution des techniques, de la demande sociale et des doctrines.

Le doctorat

Le doctorat d’architecture au sein de l’Ecole doctorale « Ville, transports et territoires »

Laboratoire d’accueil : Ipraus (ENSAPB)

La recherche en architecture trouve sa raison d’être dans son lien avec l’enseignement du projet architectural et urbain. Son objet est de contribuer à comprendre, à informer et à critiquer les processus de conception et de production de l’espace, dans ses dimensions physiques mais aussi symbolique, esthétique ou plastique, en fonction des champs culturels concernés. Elle repose sur une approche fondamentalement interdisciplinaire autour d’un objet commun : l’espace matériel de la ville.

L’enseignement doctoral s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique nouvelle après le passage des écoles nationales supérieures d’architecture au LMD (Licence-Master-Doctorat) et la consolidation consécutive du doctorat en architecture (cf. articles 11 et 12 du décret du 30 juin 2005 relatif aux études d’architecture).

La préparation du doctorat est une formation à la recherche et par la recherche. Elle s’effectue en trois ans dans un laboratoire de recherche au sein de l’école doctorale de rattachement du directeur de recherche.