Les compétences attendues à l’issue de la formation

L’arrêté du 20 juillet 2005 relatif aux cycles de formation des études d’architecture conduisant au diplôme d’études en architecture conférant le grade de licence indique dans son article 2 du titre I que :

Le premier cycle des études d’architecture conduit au diplôme d’études en architecture. Il doit permettre à l’étudiant d’acquérir les bases

- d’une culture architecturale ;

- de la compréhension et de la pratique du projet architectural par la connaissance et l’expérimentation des concepts, des méthodes et savoirs fondamentaux qui s’y rapportent ;

- des processus de conception dans leurs rapports à divers contextes et échelles et en référence à des usages, des techniques et des temporalités, dans un cadre pédagogique explicite.

Il lui permet également grâce à l’évaluation de ses aptitudes, de s’orienter vers d’autres formations d’enseignement supérieur, dans le respect des conditions particulières d’accès à ces formations. »

Les compétences attendues à l’école nationale supérieure de Paris Belleville à l’issue de la licence s’inscrivent dans l’application de cet arrêté.

Compétences en matière de conception architecturale 

À la fin de la licence, l’étudiant doit savoir élaborer un projet complet d’architecture et de construction ainsi qu’un projet d’architecture urbaine. C'est-à-dire, à partir d’un programme inscrit dans un site donné, savoir concevoir et représenter un projet architectural, justifié par une analyse préalable.

Acquisition d’une culture architecturale 

L’importance donnée aux enseignements d’histoire et de théorie répond à la nécessité de former des architectes ayant une culture architecturale et urbaine solide, ainsi qu’une méthodologie d’analyse applicable aux situations bâties, anciennes et contemporaines. Une connaissance des théories et doctrines est également requise pour s’inscrire dans les débats contemporains et pour mesurer la pertinence des réponses apportées aux problématiques architecturales et urbaines d’aujourd’hui. Dans le même ordre d’idée, la responsabilité de l’architecte face aux enjeux sociaux, politiques et économiques qu’implique tout projet, justifie la place des enseignements des sciences humaines et sociales, notamment la sociologie de l’habitat.

Compétences techniques

Sur un plan technique il importe que l’étudiant au terme de trois années d’études ait acquis les compétences constructives nécessaires à la conception d’un projet d’architecture. Cette capacité passe par une maîtrise de la matérialité - qualité des matériaux, de la structure et de la prise en considération des aspects environnementaux.

Objectifs du cycle de formation

L’objectif du cycle licence consiste à organiser la formation de manière à permettre à l’étudiant d’acquérir les compétences fixées par l’arrêté du 20 juillet 2005 relatif aux cycles de formation des études d’architecture conduisant au diplôme d’études en architecture conférant le grade de licence et au diplôme d’État d’architecte conférant le grade de master. L’ambition est d’assurer à l’étudiant de licence un socle constitué des enseignements considérés comme fondamentaux. L’objectif est la mise en forme architecturale d’une idée au travers des outils acquis. Ceci se traduit par une progression à trois niveaux : l’analyse et la lecture, la composition et la mise en forme, la synthèse par le projet de l’ensemble des contraintes et données matérielles.

Objectif 1 : savoir concevoir un projet complet d’architecture et de construction ainsi qu’un projet d’architecture urbaine 

À cette priorité répond la place centrale du projet architectural dans toutes les années d’études, la progressivité, la complémentarité des thématiques abordées.

Le studio d’architecture qui occupe plus de 50% du temps d’enseignement encadré et de travail personnel est le lieu privilégié de l’apprentissage et de la mise en forme de l’espace architectural, en partant de l’analyse pour remonter aux idées et aux concepts. À l’ENSA de Paris-Belleville cet apprentissage, progressif tout au long de la licence, permet aux étudiants, dont les origines scolaires sont diverses, d’être aptes en fin de licence à la conception architecturale à plusieurs échelles.

La 1ère année est fondée sur une approche progressive de la complexité inhérente à l’architecture. Elle privilégie certaines entrées thématiques, abordées en ordre séparé puis mesurées les unes aux autres. Le premier semestre « Du matériau à l’espace » prend comme entrée principale le dialogue entre matériau et mise en forme spatiale. Il introduit les différents modes de représentation utiles à l’architecte (géométral, axonométrie, perspective, maquette), dans des exercices cumulatifs. Ces acquis seront mobilisés et consolidés lors d’un deuxième semestre « Usages d’un lieu » au cours de séquences de projet itératives visant éprouver le lien entre forme, espace et intention. Cette initiation au projet s’adosse à des séances conjointes de visites et d’analyse architecturale et urbaine, confrontant l’étudiant à des totalités complexes, qu’elles soient remarquables ou ordinaires.

En 2ème année, le thème du 1er semestre est « Habiter, le Logis »: cet enseignement doit permettre d’expérimenter progressivement par l’analyse et le projet, la « mise en forme de l’espace architectural », à partir d’un thème dominant attaché à l’habitation, et d’explorer les problématiques suivantes: composition et organisation de l’espace, structure constructive, matière et espace, usage et distribution de l’espace, culture architecturale et disciplines associées. Au 2ème semestre, l’étudiant poursuit son apprentissage du projet d’architecture. À cette étape, il est confronté à un exercice situé attaché à un programme d’équipement public et/ou d’espace public.

En début de dernière année de licence, l’accent est mis sur une thématique duale : « Compositionet construction », la composition de l’édifice et la synthèse du projet et de sa pensée constructive. La pensée de la construction fait partie intégrante de la conception architecturale: le projet concrétise à la fois l’idée formelle et la disposition constructive; ainsi pensée spatiale et pensée technique se développent en même temps.

Au 2ème semestre, les étudiants sont amenés à travailler sur le thème « Habiter la ville » interrogeant l’intégration d’une architecture dans un contexte urbain au regard de ses implications concrètes en termes d’usages, d’espace et de construction.

Objectif 2 : acquérir la culture architecturale correspondante 

Moyens mis en œuvre pour acquérir les fondements théoriques :

Un cours magistral de théorie par semestre permet l’acquisition d’une bonne connaissance des débats ainsi que d’une méthodologie d’analyse.

En 1ère année sont fournis des éléments d’analyse et de typologie. En 2ème année, l’étudiant est initié à la lecture spatiale, à l’analyse architecturale, à la qualification architecturale dans l’espace euclidien. En 3ème année, les cours visent à développer les capacités à une appréciation critique de l’étudiant au service du projet d’édifice.

Moyens mis en œuvre pour acquérir les fondements historiques :

Avec un cours magistral obligatoire par semestre, en ordre chronologique, de l’Antiquité à nos jours, le programme donne aux étudiants les éléments essentiels à la compréhension des évolutions architecturales, constructives et urbaines, ainsi que des grands courants et débats, jusqu’aux théories et pratiques de l’urbanisme actuel.

Moyens mis en œuvre pour acquérir les fondements en sciences sociales :

Le premier cycle est le lieu de l’acquisition d’un « bagage commun » par l’ensemble des étudiants. C’est pourquoi les SHS sont présentes dans les trois années du cycle licence avec un souci de stratification et de progression des savoirs avec des enseignements adoptant des modes pédagogiques et de transmission variés (cours magistraux et TD / enseignement intensif / enseignement optionnel).

En 1ère année, l’ensemble de la promotion suit un cours magistral de sociologie intitulé «Introduction à la sociologie urbaine » qui introduit quelques courants fondateurs et actuels de la sociologie afin d’aider à se situer dans les discours et les références actuelles les plus usuels. Un morceau de territoire parisien est étudié en TD.

En 2ème année, les SHS sont présentes dans des enseignements autonomes ou interdisciplinaires : le cours obligatoire d’« Anthropologie de l’espace » se propose de rassembler un savoir sur les modes d’organisation de l’habitat et des formes d’habiter observables dans les différentes sociétés humaines, un intensif interdisciplinaire (Sciences humaines et Urbanisme) intitulé « l’Atlas du Grand Paris » prolongé parun TD communSHS/urbanisme(2ème semestre)puis deux cours magistraux au choix portant sur le même objet - l’espace public  - appréhendé de manières différentes. Puis, les étudiants ont le choix entre deux cours : « Usages et pratiques des espaces publics dans la ville contemporaine » ou « Espace public/bâtiments publics ».

En 3ème année, les étudiants peuvent choisir un intensif pluridisciplinaire (SHS/Arts plastiques/Histoire) intitulé « Fabriquer la ville et explorer le quotidien. Identités, mémoires, projets » dont l’objectif est de comprendre et manipuler les instruments d’une approche pluridisciplinaire sur un territoire urbain en mutation et de développer une capacité à lire un territoire complexe en englobant la diversité des acteurs et des enjeux architecturaux et urbains mais aussi politique, économique et sociaux. Les étudiants peuvent aussi choisir d’approfondir leurs connaissances avec une option « Les usages du logement collectif ».

Objectif 3 : acquérir les compétences techniques nécessaires 

Les nouvelles exigences ont conduit l’école à renforcer la prise en considération des aspects climatiques et environnementaux, particulièrement en troisième année de licence et grâce au recrutement de climaticiens :

Après une présentation synthétique des principaux phénomènes physiques rencontrés dans le domaine du bâtiment et une approche technologique des éléments des édifices, les étudiants de 1ère année sont formés à l’organisation, au fonctionnement, à la résistance des structures et aux outils de l’interprétation du comportement des structures. Des TD permettent d’aborder par la pratique de certaines notions exposées dans chacun des cours de 1ère année.

En 2ème année, les étudiants approfondissent leurs connaissances sur les structures et en particulier l’idée constructive, de son intégration à la conception architecturale, à travers l’analyse architecturale et constructive de projets exemplaires, centrés sur le thème de l’ossature et sur les matériaux. Ils parcourent leur origine, leur évolution historique, les pratiques et l’économie de leur cadre de production, leur aspect, leurs performances ou leur coût, l’ensemble des gestes assurant le passage de la matière au matériau, du matériau au produit, à l’édifice. Le béton, le bois et la charpente métallique sont plus particulièrement étudiés.

En 3ème année, ils abordent l’environnement à travers l’enveloppe. Les enjeux climatiques introduisent la connaissance des paramètres de confort solaire et thermique déterminants pour la mise au point de dispositifs intégrés au projet. Ils acquièrent les outils de simulation nécessaires à une pratique du projet incluant la démarche environnementale. Ils complètent leur culture technique de la matérialité dans l’analyse de détails d’enveloppe et par la fabrication d’une maquette à grande échelle.

En vue de faire valoir les acquis de la culture constructive de la licence, un exercice de construction est associé au projet de studio de 3ème année.

En parallèle à ces cours obligatoires des options sur la construction sont communes à la 3ème année de licence et au master. Elles portent particulièrement sur l’acoustique architecturale, l’industrialisation, la préfabrication, le bois dans la construction, l’atelier matériaux, la géométrie des structures, l’architecture navale. Les étudiants qui souhaitent mener un double cursus architecte-ingénieur peuvent y parvenir en prenant en option les cours de génie civil du CNAM avec lequel l’école a conclu un partenariat.

Poursuites d’études et perspectives d’insertion professionnelle 

Le diplôme de premier cycle d’études d’architecture est une licence qui mène soit à la poursuite des études, soit à une réorientation dans une autre voie de l’enseignement supérieur soit à une entrée dans la vie professionnelle.

Toutefois, les étudiants qui ne poursuivent pas leurs études et rejoignent la vie professionnelle en qualité de salarié (dans une agence d’architecture, une collectivité territoriale ou une entreprise immobilière) ou se réorientent vers d’autres types d’études sont des exceptions.(3%)

En effet, le diplôme réglementé d’architecte est le diplôme d’État d’architecte conférant le grade universitaire de master et les étudiants qui s’engagent dans les études d’architecte ont pour objectif d’obtenir ce diplôme réglementé.

La totalité des étudiants qui obtient la licence poursuit d’ailleurs ses études en deuxième cycle dans l’école elle-même, et pour la plupart prolongera ensuite sa formation en s’inscrivant en HMONP.

La création d’une licence professionnelle en partenariat avec l’école des ingénieurs de la Ville de Paris qui intégrera en 2013 les anciens locaux de l’ENSA-PB - rue Rébeval (Paris 19ème)- est en gestation et permettra d’offrir une perspective professionnelle après la licence.

Les Unités d’enseignement

Les années de Licence comprennent quatre types d’Unités d’enseignement.

UE1

Elle rassemble l’enseignement du projet, la théorie, la culture et les outils du projet ; elle se compose :

- de l’enseignement du projet en studio

- d’un cours de théorie et d’analyse architecturale en relation avec la thématique du semestre,

- de TD : culture et outils du projet en application avec la thématique du semestre

UE2

Elle se développe, sous forme d’enseignement intensif, de cours et de TD. Il s’agit d’un enseignement pluridisciplinaire centré sur une thématique issue du thème architectural traité dans l’U.E. 1.

L’intensif est situé en début de semestre.

Il se déroule sur une durée d’environ 2 semaines associant plusieurs disciplines et compétences. Les enseignements intensifs viennent constituer un corpus de réflexions et de connaissances visant à préparer l’étudiant à l’expérimentation qu’il aura à mettre en œuvre dans le cadre du projet. Ainsi, chaque semestre commence par un intensif thématique en lien direct avec la problématique abordée dans les studios.

UE3

L’UE regroupe des enseignements verticaux relatifs aux connaissances de l’architecture. Pour assurer une cohérence de contenus  et d’évaluation - à déterminer pour chaque semestre-, cette unité d’enseignement pourra se dédoubler.

UE4

L’UE regroupe, aux 2 derniers semestres, des enseignements optionnels ainsi que le rapport de stage et le rapport d’étude, point d’orgue de la Licence. 

projet personnel de formation, Enseignement vertical : cours obligatoires La thématique correspond au thème du projet (UE 1). Le Projet : thème commun à tous les studios d’un même semestre.

Semestres et thématiques

Les semestres composent un ensemble cohérent et global pour former la licence : Le cursus des études de la licence repose sur :

la progressivité de l’enseignement du projet

l’acquisition des outils

la diversité des formes pédagogiques

Chacun des semestres de la licence est construit sur un thème de studio et sur des objectifs pédagogiques clairement définis:

Semestre 1: acquisition des outils

Semestre 2: Initiation au projet

Semestre 3 : habiter, le logis

Semestre 4: équiper, équipement et espace public

Semestre 5: construire, architecture et techniques

Semestre 6: concevoir un projet complet, habiter la ville

La 1ère année

La 1ère année marque le début de la formation et permet un premier contact avec les rudiments de l’architecture et de la construction ainsi que l’acquisition des moyens techniques de représentation, centrés sur le dessin et la vision dans l’espace. Le second semestre marque le début de l’apprentissage du projet. 

La 2ème année

La deuxième année développe et approfondit l’apprentissage du projet. L’étudiant acquiert les notions indispensables pour analyser les édifices construits et soutenir l’ébauche d’une démarche de projet cohérente. Il aborde les questions urbaines en lien direct avec les problématiques architecturales.