Antoine Scalabre et Edouard Fizelier, lauréats de la Fondation Remy Buttler

Publié le 2018-01-19 16:56:31
La Fondation Rémy Butler pour l’architecture a pour objet de susciter et encourager la réflexion sur l’architecture. Elle s’intéresse aux études, aux recherches théoriques qui pensent la situation de l’architecture et de ses acteurs dans la société. Son action ne concerne pas les projets d’architecture à proprement parler.Elle a comme vocation d’encourager ceux qui ont fait de l’architecture leur objet de réflexion : étudiants, enseignants, chercheurs ou amateurs passionnés. L’aide que la fondation rémy bulter peut apporter, sous la forme d’une contribution financière, peut aussi bien encourager l’édition de travaux novateurs, l’écriture d’une thèse, l’organisation d’un colloque ou la traduction d’ouvrages théoriques ou essais sur l’architecture. La fondation rémy butler décerne également chaque année un prix du meilleur mémoire de Master en architecture.
 
Antoine Scalabre: Lauréat du prix du mémoire d'architecture 2017 : « Hans Kollhoff à Berlin – De la mégaforme au nouveau classicisme ».
Mémoire réalisé dans le cadre du séminaire "faire de l'histoire", enseignants Françoise Fromonot, Marie-Jeanne Dumont, Mark Deming. Portant sur l'œuvre de l’architecte allemand Hans Kollhoff, le mémoire interroge son apparent revirement doctrinal à la chute du mur de Berlin. Avant-gardiste provocateur, disciple d’O.M.Ungers aux côtés de Rem Koolhaas, Kollhoff s’est finalement attaché à réactualiser l’architecture pré-moderne tandis que la nouvelle capitale devenait le plus grand chantier d’Europe. La trajectoire de Kollhoff sert ainsi de fil rouge à l’étude de l’urbanisme berlinois, marqué par de profonds bouleversements idéologiques de la fin des années 1970 aux années 2000.
 
Edouard Fizelier: Mention du prix du mémoire d'architecture 2017 : « High Rise ».
Mémoire réalisé dans le cadre du séminaire "faire de l'histoire", enseignants Françoise Fromonot, Marie-Jeanne Dumont, Mark Deming. High Rise est une étude qui se base sur une fiction pour appréhender une question architecturale celle de la vie dans une tour d’habitation. Le roman I.G.H., écrit par l’auteur de science fiction britannique J.G. Ballard, est utilisé comme un médium, un outil pour appréhender cette typologie architecturale qui s’est développé après guerre en Angleterre, sous l’étiquette du Brutalisme. Le mémoire s’organise autour de concepts élaborés à partir du roman, mis constamment en parallèle avec la réalité culturelle de l’époque et les théories successives sur la tour; du modernisme, au brutalisme en passant par la mégastructure et le manathanisme. Cette recherche retrace tout d'abord l'histoire d'Ernö Goldfinger, architecte polémique mais assez méconnu, et de ses réalisations iconiques, la Balfron et la Trellick Tower, sources d'inspirations du récit. À partir d’expositions majeurs de l’époque, l’étude s’immisce dans la dynamique scène culturelle londonienne des années 1950, pour mieux comprendre la méthode d’écriture expérimentale de l’auteur, figure majeur de la New Wave, mouvement littéraire d’avant garde qui révolutionnera la science fiction. La naissance de cette fiction d’un nouveau genre est concomitante avec l’émergence tonitruante du New Brutalism en Angleterre, née à partir des idées des Smithson et des influences de L’unité d’habitation de Le Corbusier. L'analyse se concentre ensuite sur l'aspect technologique et multi-programmatique de la tour, symbole de l'architecture machiniste; avant de porter sur des questions d'ordre sociologique, sujet majeur du roman. Tout en explorant l'impact de la technologie sur la société, thème cher à l’auteur, le caractère dystopique du roman fait écho à la décadence du brutalisme à la fin des années 1970, et à l’impopularité des tours d’habitation, source de psychoses et de comportements anti sociaux. Cette architecture brutaliste sera par la suite célébrée comme un héritage unique, fragments d’une utopie aujourd’hui adulée. Adapté en 2016 au cinéma, I.G.H. semble se matérialiser 40 ans après sa publication, preuve du caractère visionnaire de l'oeuvre de J.G. Ballard, surnommé l’Oracle de Shepperton.