La tribune

Un lieu de libre expression, ouvert à tous.

Des sujets d’actualité qui nous traversent, sans exclusive.

Une rencontre avec une personnalité, engagée.

Une heure, pas plus, animée par Jean-Paul Robert, à l’heure du déjeuner.

Pour le bénéfice de la découverte, de la conversation, de l’échange.

Historique

Vendredi 5 avril 2013 : rencontre avec Jean-François Cabestan, autour de l’idée de patrimoine contemporain

Vendredi 19 Avril 2013 : rencontre avec Xavier Boissel, autour de l’idée de situation

Vendredi 17 Mai 2013 : rencontre avec Jean-Michel Léger, autour de l’idée d’usage

Vendredi 31 Mai 2013 : rencontre avec Maud Le Floc’h, autour de l’idée d’art urbain

Vendredi 14 juin 2013 : rencontre avec Grégoire Korganow, autour des prisons

Vendredi 25 octobre 2013 : rencontre avec Philippe Vasset, autour de l’idée d’expérience

vendredi 8 novembre 2013 : rencontre avec Guillaume Monsaingeon, autour des cartes

Vendredi 22 novembre 2013 :  rencontre avec Anthony Poiraudeau, autour d’un fantôme

Vendredi 6 décembre 2013 : rencontre avec Françoise Huguier, autour du monde

Vendredi 20 décembre 2013 : rencontre avec Claire Tenu, autour des territoires que nous voyons

Vendredi 17 janvier 2014 : rencontre avec Michaël Batalla, autour de l’instant poétique

Vendredi 14 Mars 2014 : rencontre avec Dominique Marchais, au film de l’eau

Vendredi 4 avril 2014 : rencontre avec George Dupin, autour du monde tel qu’il est



Une rencontre avec Jean-François Cabestan, autour de l’idée de patrimoine contemporain

Jean-François Cabestan

Historien de l’architecture, enseigne à l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne. Architecte du patrimoine, il est co-fondateur de la société Attrapa, agence d’études historiques et patrimoniales (ATelier de TRAnsformation des PAtrimoines). Membre-expert à la Commission du Vieux-Paris et à la Commission du secteur sauvegardé du VIIe arrt, il est un habitué des débats patrimoniaux et est intervenu sur des sujets sensibles : l’hôtel Lambert à la pointe de l’Île Saint-Louis, la halle de la Sernam à Paris Rive Gauche, le quadrilatère Richelieu, site de l’ancienne Bibliothèque nationale, la Poste du Louvre ou encore la halle Esquillan à Fontainebleau… Il est encore l’auteur de La Conquête du plain-pied, l’immeuble à Paris au XVIIIè siècle, Paris, Picard, 2004, 312 p..

Autour de la notion de patrimoine
Ce qui fait patrimoine, c’est notre héritage, tout notre héritage. Si la notion renvoie le plus souvent à des édifices historiquement remarquables, elle renvoie aussi à ce legs, au meilleur comme au pire. Comment se débrouiller avec tout ce qu’il y a, qui ne mérite ni d’être détruit, ni d’être restauré, mais doit être transformé ?

Une rencontre avec Xavier Boissel, autour de l’idée de situation

Xavier Boissel

Agrégé de lettres modernes, Xavier Boissel est professeur de lettres dans le secondaire. Il est l’auteur de Paris est un leurre, publié en 2012 aux éditions Inculte. Il contribue à diverses revues (Inculte, Rouge Déclic, L’art même, De(s)générations, D.D.O.) consacrés à des champs très divers (arts plastiques, musique, littérature, photographie, etc.). Il est également correspondant permanent de la plate-forme éditoriale D-Fiction.

Autour de l’idée de situation
L’histoire bien réelle d’un faux Paris, projet lancé en 1917 par l’armée française d’un leurre lumineux destiné à tromper l’aviation allemande, a été exhumée par Xavier Boissel. Son livre croise documents, découvertes in situ et réflexions, tous aussi nécessaires pour comprendre les territoires comme des situations à explorer et à méditer.

Une rencontre avec Jean-Michel Léger, autour de l’idée d’usage

Jean-Michel Léger

Sociologue Cnrs, est chercheur à l’Ipraus (unité mixte de recherche du Cnrs / Ausser et de l’Ensa Paris-Belleville, où il enseigne). Il vient de publier Usage aux Éditions de la Villette (96 pages, 9€), petit précis dans lequel il analyse, après en avoir rappelé l’histoire, cette notion devenue quelque peu ambiguë.

Autour de l’idée d’usage
SI Jean-Michel Léger distingue « l’Usage », programmatique ou normatif, des usages, forcément débordants, c’est pour mieux souligner l’importance de la prise en compte par l’architecture des pratiques et des mœurs de ceux qui la vivent, quand celle-ci tend ces derniers temps à en perdre le souci. Au point qu’il inscrit usage et participation dans l’agenda des réflexions qu’elle a à mener pour retrouver le chemin des autres.

Une rencontre avec Maud Le Floc’h, autour de l’idée d’art urbain

Maud Le Floc’h
À la fois urbaniste et scénariste, Maud Le Floc’h se place à l’interface entre le domaine des arts et celui de la ville. Après avoir notamment conçu et mené l’opération Mission Repérage(s), qui rapprochait un élu et un artiste dans treize villes de France, elle a fondé en 2007 le pOlau, pôle des arts urbains, installé à Saint-Pierre des Corps près de Tours. Cette structure, lauréate du palmarès des jeunes urbanistes en 2010, propose des outils pour accompagner des initiatives très variées qui visent à ce croisement utile des approches artistiques et urbaines.   

Autour de l’idée d’art urbain
La place de l’art dans la ville est trop souvent ramenée à une fonction ornementale ou spectaculaire. Certains artistes se sont emparés de l’espace public, des territoires urbains, de leurs temporalités. Ils en modifient la perception, repèrent les phénomènes qui les traversent et invitent à de nouvelles pratiques. Leurs interventions, jamais anodines, agissent comme des révélateurs d’autant plus précieux qu’ils sont exploratoires.

Une rencontre avec Grégoire Korganow, autour des prisons

Grégoire Korganow
Photographe, Grégoire Korganow a collaboré une dizaine d’années avec le quotidien Libération. Il a confondé le magazine de l’air. Homme engagé, il est avant tout un témoin de tout ce qui est hors champ, qu’il s’agisse des coulisses d’une élection ou de celles du monde, qu’il sillonne. Ses images sont le fruit d’une longue observation, au plus près : c’est parce qu’elles sont à la fois intimes, mûries et réfléchies qu’elles sont justes. Il a publié en 2011, aux éditions Le Clou dans le fer, J’étais mort : il y suit des équipes du Samu, qui l’avaient sauvé après qu’il a été victime d’un grave accident.    

Autour des prisons
Grégoire Korganow est aussi membre extérieur du Contrôle général des lieux de privation de liberté, autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits fondamentaux. À ce titre, il participe de missions en milieu carcéral. La prison est un miroir noir, opaque, de la société. Il n’est pas sûr qu’elle ne soit pas aussi un révélateur des moyens, des méthodes et des effets de l’exclusion.

Une rencontre avec Philippe Vasset, autour de l’idée d’expérience

Philippe Vasset
Journaliste et écrivain, Philippe Vasset a publié sept ouvrages. Un livre blanc (Fayard, 2007) retraçait ses explorations des blancs des cartes au 1/25 000ème de Paris et ses alentours. Il dévoilait le potentiel de fiction de cette « ville inversée ». Il y plonge allègrement dans son dernier roman, La conjuration (Fayard, 2013).  

Autour de l’idée d’expérience
L’arpentage des lieux obscurs de la ville ménage bien des surprises. Ces zones tenues à l’écart brillent de lueurs qui éclairent l’impensé urbain. Elles sont riches de possibilités d’expériences qui se ferment à mesure qu’elles sont éradiquées. Philippe Vasset préfère à l’urbanisme ses ratés ou ses oublis…

Une rencontre avec Guillaume Monsaingeon, autour des cartes

Guillaume Monsaingeon

Enseignant de philosophie à Marseille où il vit, Guillaume Monsaingeon a travaillé sur Vauban et s’est intéressé par son biais à la cartographie. Il interroge l’un ou l’autre par le biais de pratiques artistiques contemporaines. Il a ainsi publié en 2011 Un lieu défendu, à la suite de l’exposition Arsenal et poudrière présentée dans la place forte de Mont-Dauphin. L’exposition Mappamundi, qui rapproche art et cartographie, a pour sa part connu deux versions : à Lisbonne en 2011 puis à Toulon en 2013 (catalogue éponyme publié par Parenthèses).  

Autour des cartes

Toute carte est une représentation illusoire du réel : d’abord construction mentale, elle relève d’un projet. Guillaume Monsaingeon s’en saisit pour initier des pratiques qui permettent de revenir aux territoires. C’est le sens du feuilleton cartographique échelle 1, mené tout récemment à Marseille, comme de l’Ouvroir de cartographie potentielle (Oucarpo) initié depuis 2013 dans le sillon de l’illustre Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo).

Une rencontre avec Anthony Poiraudeau, autour d’un fantôme

Anthony Poiraudeau
Formé à l’histoire de l’art, Anthony Poiraudeau est réceptionniste et surtout écrivain. Il tient un blog (futilesetgraves.blogspot.com) et collabore aux revues en ligne D-Fiction et Remue.net. Il vient de publier Projet El Pocero, dans une ville fantôme de la crise espagnole (éditions Inculte, Paris, 2013). 

Autour d’un fantôme

Anthony Poiraudeau y relate son voyage à El Quiñon, une ville inachevée au milieu de rien, à 35 km au sud de Madrid. Foudroyée par la crise qui a mis un terme à la bulle immobilière, elle a été portée par le rêve de Francisco Hernando, surnommé El Pocero (« l’égoutier »), emblématique personnage devenu magnat multimillionnaire du bâtiment (il rebondit aujourd’hui en Arabie Saoudite). C’est ici la fiction qui a modelé la réalité…

Une rencontre avec Françoise Huguier, autour du monde

Françoise Huguier

Globe trotter, photographe, Françoise Huguier est inclassable. Ses travaux ne se cantonnent pas à un genre (elle a touché à tout) ; ils rendent compte de son inlassable curiosité pour le monde et ceux qui l’habitent. Primée, honorée, auteur de livres et de films, jurée, commissaire ou directrice artistique de grandes manifestations photographiques, créatrice de la Biennale de la photographie africaine de Bamako, elle suit un chemin qu’elle ouvre seule.

Autour du monde
Qu’elle suive les pas de Michel Leiris (Sur les pas de l’Afrique fantôme, Maeght, 1990), soit En route pour Behring (Maeght, 1993), partage un appartement communautaire à Saint-Petersbourg (Kommunalki, Actes Sud, 2008), se trouve dans les coulisses de la mode (Sublimes, Actes Sud,1999) ou dans l’intimité de femmes burkinabés et maliennes (Secrètes, Actes Sud,1996), Françoise Huguier voit. Ou se dévoile avec J’avais huit ans (Actes Sud, 2005), lorsqu’elle est partie au Cambodge, à la recherche de sa propre histoire…

Une rencontre avec Claire Tenu, autour des territoires que nous voyons

Claire Tenu
Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2007, Claire Tenu a été notamment formée par Jean-François Chevrier - dont le séminaire Des territoires, entamé en 1994, rayonne bien au-delà de cette école. Elle y est la première doctorante, autour d’un projet combinant ses recherches et ses travaux. Elle a ainsi exposé La ville que nous voyons, à Cherbourg, au Point du jour, qui vient d’en éditer le catalogue. Elle fait également partie du collectif Rado, invité en Corrèze par l’association Peuple et Culture à travailler sur le présent et le futur du territoire de Tulle.

Autour des territoires que nous voyons
Les territoires sont des combinaisons où se mêlent géographies, temporalités, économies, cultures, histoires, intimes ou partagées. Tenter de les comprendre et les connaître implique une approche différentielle et polyphonique, à laquelle peut répondre la différenciation et le polymorphisme de ses représentations, visuelles, littéraires, urbaines, bien évidemment architecturales, et toujours politiques.  

Une rencontre avec Michaël Batalla, autour de l’instant poétique

Michaël Batalla
Poète, Michaël Batalla enseigne par ailleurs à l’École spéciale d’architecture. Il a publié notamment Poèmes paysages maintenant en 2007 (éd. Jean-Michel Place, Paris), Autour/Around en 2010, avec le photographe Benoît Fougeirol (éd. vmcf, d’ici là, Paris). En tant que poète il a travaillé avec des architectes et des paysagistes (Projectiles, Agence TER, l’AUC, Castro-Denissof). Avec ECDM architectes, CONCRETE est à paraître aux éditions DAMDI. Poésie possible, un recueil, paraitra en 2015 aux éditions NOUS.

Autour de l’instant poétique
Un lieu, pour peu qu’on s’y attelle, peut se décrire, se décrypter, se comprendre. Mais ce qui fait lieu est d’un autre ordre : il faut que l’énoncé organise une situation. Le poème est la formulation nécessaire de cet instant, qu’il précipite.    

Une rencontre avec Dominique Marchais, au film de l’eau

Dominique Marchais

Réalisateur, Dominique Marchais, après des études de philosophie, a été critique de cinéma au magazine Les Inrockuptibles. Il l’a quitté pour réaliser un premier film, Lenz échappé (d’après la nouvelle de Georg Büchner), en 2003, qui sera suivi de Le temps des grâces, en 2009. Son dernier long métrage, La ligne de partage des eaux sortira en salle le 23 avril prochain.

Au film de l’eau
La ligne de partage des eaux est un documentaire sur l’état du territoire national. Suivre le fil de la Vienne, puis de la Loire, permet de croiser des situations de paysage qui nouent leur devenir. Différents acteurs s’y rencontrent autour d’enjeux – forcément politiques – et de projets. La diversité de leurs positions et de leurs cultures passe par des différences de vue et de langage. Leur reste-t-il quelque chose de commun ?    

Une rencontre avec George Dupin, autour du monde tel qu’il est

George Dupin
Né au Havre en 1966, vit et travaille à Paris. George Dupin réalise des photographies de situations apparues dans un monde mondialisé. Il interroge encore les modalités et les lieux de présentation de l’art. Depuis 1995, il édite des actualités, forme de magazine qui documente son approche photographique. Il a publié SF, en 2011, aux éditions Transphotographic Press.

Autour du monde tel qu’il est
SF est un espace d’exposition au sens où l’imprimé en est un. Mais aussi parce qu’il expose un état des choses, celui des villes contemporaines. À travers elles,  on « perçoit ce que l’histoire fait à l’espace », écrit la chercheuse Sylvaine Bulle, sous les effets conjugués de la globalisation, de la fragmentation sociale, des guerres, des crises…