Présentation de l’équipe et évolution des thématiques de recherche

Depuis sa fondation en 1986, l’Ipraus, pièce essentielle au dispositif de l’enseignement de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville, est associé au CNRS, aujourd’hui par l’intermédiaire de l’UMR AUSser (3329). Le laboratoire se positionne ainsi entre d’une part, les pédagogies et les pratiques du projet architectural et urbain, d’autre part les sciences de l’homme et de la société. Cette situation favorise la production de connaissances sur un même objet : l’espace de l’architecture et de la ville, considéré dans son rapport aux organisations sociales et à travers ses modes de production.

Si la recherche sur les formes architecturales et urbaines est fondatrice de l’équipe, l’étude de la formation des villes menée selon les approches historiques et morphologiques se confronte à des mutations contemporaines qui défient notre capacité à décrire, à analyser et à interpréter les territoires. Face aux changements actuels des territoires urbanisés, aux limites incertaines et aux tissus polymorphes, il s’agit d’élaborer les outils susceptibles de saisir la structure et les dynamiques de l’urbanisation.

À partir d’une critique de la séparation opérationnelle entre les pratiques de mobilité et la production de formes urbaines, les recherches étudient leurs interactions aux échelles architecturale, urbaine et territoriale. Ces travaux interrogent l’impact des grands équipements de transport sur les transformations des territoires contemporains. Une attention particulière est portée aux qualités de l’espace public associé aux nouveaux modes de déplacement et aux questions environnementales qui renouvellent l’approche territoriale en termes d’occupation des sols, de gestion des ressources et d’économie d’espace.

Paris et la métropole parisienne constituent un terrain d’étude privilégié depuis la création du laboratoire, comme en témoigne récemment le projet « Seine métropole » porté par l’Ipraus dans le cadre du Grand Pari de l’agglomération parisienne. L’exemple parisien sert aussi de référence pour des travaux comparatifs, notamment avec les terrains asiatiques. Ces derniers font l’objet d’une observation suivie depuis les années 1980. La réflexion sur les villes d’Asie, aujourd’hui confrontées à une nouvelle donne relative au contexte de métropolisation et d’internationalisation, porte sur les permanences et les résistances de formes architecturales et urbaines anciennes, face aux modèles exogènes, dans la conception et la mise en œuvre de nouveaux projets, mais également dans les manières de faire des habitants et des usagers de la ville.

Entre ville et architecture, de nombreux travaux prolongent l’attention portée à la question du logement, un programme qui confronte les exigences d’évolution de la conception à celles de l’usage. Au croisement de la conception et de la réception, l’évaluation régulière des opérations expérimentales renseigne sur la dynamique des usages, leurs déterminations sociodémographiques et leur plasticité en réponse aux propositions architecturales. Quant à l’étude de la protection de certaines œuvres emblématiques, elle mesure comment la reconnaissance institutionnelle de la modernité introduit un nouvel usage, celui du patrimoine.

La conception architecturale et urbaine est également abordée par l’étude de son enseignement et des différents vecteurs de sa médiatisation. Ces recherches actualisent un intérêt ancien pour les théories de l’architecture et de la ville. En étudiant les processus d’élaboration de la culture et des savoirs architecturaux ainsi que les modalités de leur transmission, elles s’inscrivent dans une double perspective d’études historiques et d’expertise contemporaine.

Parallèlement, l’émergence récente d’un axe consacré à la culture technique permet de croiser le regard des historiens des techniques et des spécialistes de la construction. L’affichage plus récent d’un axe consacré à la culture technique permet d’examiner la place que celle-ci occupe dans le domaine de l’architecture, depuis sa place dans les savoirs de la conception jusqu’aux enjeux matériel tenant aux processus d’invention ou de durabilité des technologies. Visant à croiser les apports récents de l’histoire des sciences et des techniques avec l’expérience des acteurs du cadre bâti, cette approche souhaite interroger la place - actuellement grandissante - des techniques à la lumière de ses enjeux sociaux et culturels.

Les travaux menés par les chercheurs du laboratoire s’insèrent désormais dans les axes de l’UMR :

  • Architecture des territoires
  • Patrimoine et projet
  • Architectures et villes de l’Asie contemporaine
  • Architectures du temps présent
  • Architecture et culture technique
  • Architecture : diffusion, transmission, enseignement

Position du laboratoire au sein de l’ENSA

Unique laboratoire de l’ENSA Paris-Belleville, l’Ipraus a vocation à en fédérer l’ensemble des forces de recherche. L’implication des chercheurs dans les enseignements de licence, de master et en DSA permet d’irriguer et de renouveler les contenus pédagogiques. C’est le cas des enseignements magistraux mais aussi de plusieurs studios de projet dont les thématiques convergent avec celles du laboratoire. C’est également le cas des séminaires, lieu de formation aux méthodes de recherche, qui placent l’étudiant comme acteur dans la production de connaissance sur l’architecture, la ville et les territoires.

L’organisation d’expositions, de colloques, de journées d’études et de conférences ainsi que les publications produites par les chercheurs font également du laboratoire un lieu privilégié de la diffusion d’une culture architecturale et urbaine adossée à la recherche.

L’Ipraus est doté du centre de recherche documentaire Roger Henri Guerrand ainsi que d’une cartothèque. A disposition des chercheurs et ouvert plus largement aux enseignants et étudiants, ce centre de ressources matérielles et immatérielles se donne également pour ambition de créer des banques de données accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique et d’instaurer une veille documentaire sur les thèmes propres à l’UMR.

École Doctorale « Ville Transports Territoires »

L’appartenance à l’UMR AUSser installe l’Ipraus dans le rôle d’équipe d’accueil pour les doctorants de l’école doctorale « Ville Transports Territoire » (Communauté d’Universités et d’Établissements Paris-Est) dont les directeurs d’études appartiennent au laboratoire.