Lettre n° 15 "Sauvons la recherche"
Les
lettres sont au format .pdf
JANVIER
2002 N° 12
La
lettre est reproduite intégralement en word sur les pages suivantes
:
Titre
: Mise en perspective
Au
moment où l'IPRAUS déplore la disparition de son fondateur,
Bernard HUET (voir hommage p. 47), avant le remplacement de son directeur,
une nouvelle période s'ouvre précisément devant
nous, au seuil de projets nouveaux et prometteurs. Ce sont ces projets
que nous voulons mettre en perspective aujourd'hui, dans cette douzième
lettre, afin de pouvoir échanger et discuter avec les nombreux
partenaires que compte l'IPRAUS tant en France qu'à l'étranger.
La première de ces perspectives est évidemment celle de
l'installation de l'IPRAUS et de l'Ecole d'Architecture de Paris-Belleville,
pour la rentrée 2005, dans les locaux rénovés et
vastes de l'ancien lycée Diderot, sur le Boulevard de La Villette.
La proximité de la place du Colonel Fabien, l'ancienne "
Barrière de Combat ", est symbolique de celui que nous voulons
mener pour qu'un pôle majeur de la recherche sur l'architecture
et la ville y trouve place. En même temps, cette architecture
marquée par les débuts de l'industrialisation et de la
croissance urbaine -et qui devra impérativement être préservée,
réhabilitée, remise en valeur, montrera comment les savoirs
architecturaux, constructifs, urbanistiques, ne sauraient se développer
sans une solide prise en compte des histoires qui l'ont constituée.
L'association de l'IPRAUS avec d'autres équipes de recherche
sur l'architecture et la ville, dont nous venons de vivre une première
phase expérimentale, doit aujourd'hui évoluer, donner
naissance à un processus pérenne d'échanges entre
établissements de recherche et d'enseignement supérieur
de Paris et de la Région Ile-de-France, dans une structure toujours
affiliée au CNRS et aux Universités qui lui ont donné
naissance, afin de maintenir la dimension européenne, et plus
largement internationale, d'un pôle de recherche fort, multisite,
dont la capitale et sa région ont impérativement besoin.
Si l'IPRAUS ne saurait prétendre à couvrir l'intégralité
des questions de la recherche architecturale, il a pourtant la caractéristique
d'avoir associé et confronté dès sa création
les disciplines des Sciences de l'Homme et de la Société
à celles du projet architectural et urbain. Y sont travaillées
autant la dimension temporelle du fait architectural et urbain - son
ou ses histoires, sa courte et sa longue durée -, sa dimension
géo-culturelle -la diversité et la comparaison des formes
construites selon les aires culturelles-, autant que sa dimension qu'on
pourrait dire interne ou spécifique, spatiale et projectuelle
-à savoir comment l'espace est produit et vécu, pratiqué,
représenté, rêvé, projeté, construit,
approprié, détourné-, et comment ce processus de
bouclage de l'espace sur lui-même est plus ou moins bien ou mal
maîtrisé et enseigné au sein de nos sociétés.
La recherche architecturale et urbaine, initiée il y a une trentaine
d'années par quelques passionnés dont nous étions,
s'est ainsi considérablement développée et diversifiée,
appuyée par les créations institutionnelles qui progressivement
l'encadraient et la soutenaient, puis par le CNRS qui la prenait en
compte. Arrivée au seuil de la maturité, elle n'en garde
pas moins de grandes fragilités, et demande attention, exigence
aussi. L'érudition et le travail solitaire, pour respectables
et nécessaires qu'ils sont, n'y suffisent plus ; à nous
d'imaginer, de promouvoir, de renforcer aujourd'hui les modes de confrontation,
d'échange, de diffusion, d'initiative et d'invention qui lui
sont indispensables ; et, ultime perspective, de transmettre ces savoirs
aux étudiants, aux doctorants, aux jeunes enseignants-chercheurs
qui assureront l'avenir de nos laboratoires et de nos Ecoles.
Pierre Clément et Philippe Bonnin
Aménagement
de la place de Stalingrad à Paris XIXe. Architecte
: Bernard Huet
Sommaire