Communiqué : Décès de Carlos Caceres-Sobrea

Publié le 2014-11-20 10:44:53

La communauté de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville s’associe à la peine de la famille de Carlos CACERES-SOBREA, disparu le 16 novembre 2014.

 

    

Artiste, peintre de la lumière et de la couleur, il enseigna à l’Ecole de 1972 à 1988 (après l’ENSBA, et ainsi qu’à l’école Camondo et à l’UCAD), construisant un enseignement pour l’architecture et marquant ses étudiants  de son empreinte et de sa profonde humanité.

 

Une exposition présentant son œuvre personnelle, peintures et interventions en milieu architectural, ainsi que sa contribution à l’enseignement articulé entre arts plastiques et architecture a été présentée à l’école  de Paris-Belleville au printemps 2014.

 

 

 

 

 

 

 

Place à Carlos

Une école d'architecture peut-elle se targuer d'avoir eu comme enseignants les artistes qui les ont vu éclore, qui ont participé à la construction d'un enseignement non académique, d'une articulation dynamique entre architecture et Arts Plastiques après la période de plomb de l'école des Beaux-Arts? En effet en France ce ne sont pas les architectes qui ont bénéficié, à l'école, de l'héritage des avant-gardes et de la modernité. Il a fallu attendre les années 70 pour que les rencontres civiles et professionnelles se déplacent dans les Unités Pédagogiques. Carlos Caceres formait avec Aboud, Bouqueton, Lepetit à UP8 (ou Stein et Davallon en duo à UP7 ...) un quatuor original, autant contradictoire que complémentaire. Aujourd'hui les plasticiens de cette époque nous quittent. Ils ont mené en parallèle à leur enseignement une carrière d'artiste dont on commence à reconnaitre la nature, l'intérêt, et l'importance (exemple de l'exposition Dynamo).

Une exposition Carlos Caceres a-t-elle sa place à l'école? Nos critiques d'art seraient en panne d'arguments? Curieux alors que tous les anciens élèves se souviennent de l'attention hyper sensible et décomplexante que Carlos portait sur leur travail, en "couleur volumes, dessin" comme on disait à l'époque … à Belleville ces enseignants ont travaillé dans des ateliers qui n'en étaient pas toujours, avec une foi qu'on devra toujours leur envier et une pédagogie aussi inventive qu'intuitive: enseigner l'art à des étudiants en architecture n'est pas enseigner l'architecture. Faisons de la place à Carlos.
Exposer Carlos Caceres après Claude Vié, est-elle une question? Le regard critique que doivent porter nos étudiants sur la scène contemporaine se renforce aussi à travers la lecture des travaux de la génération fondatrice. Offrons leur ce regard dans nos écoles confortables qui renvoient trop souvent à l'indifférence.

Oui! Proposons à Carlos de nous montrer son œuvre comme gage d'engagement à nos côtés.
Respectons ce désir légitime, nous en avons la place … déjà pour moi dans mon cœur.

Alain Dervieux

texte écrit à l’occasion de l’organisation de l’exposition présentée à l’école du 4 avril au 13 juin 2014