Architecture des dérèglements

Publié le 2016-10-20 14:26:01

du 07.11 au 30.11.2016 - mezzanine basse

L'exposition retrace le travail d’un semestre du studio de Master à l’ENSA Paris-Belleville Architecture de la Résilience, sous la direction pédagogique de Cyrille Hanappe. Avec le soutien de l’association Actes et Cités, le studio composé de 19 étudiants a pu mener un travail de compréhension des camps et bidonvilles des Hauts de France. C’est sur ce territoire que des milliers de personnes font halte dans leur parcours migratoire.

Théorie et travail de terrain se mêlent tout au long du semestre. Le mois de mars a débuté par un travail de relevé constructif et habité des camps de Grande Synthe et de Calais. Il a permis d’appréhender et de restituer une réalité urbaine jusqu’alors inconnue. La seconde phase a consisté en une prise de recul par rapport à cette situation trop souvent pensée à travers le prisme de l’urgence. L’enjeu migratoire sur la côte nord de la France fait en effet l’objet d’un traitement médiatique constant, jalonné de tensions diverses. Il s’agissait donc de développer une pensée sur le long terme. Cette réflexion a mené les étudiants à envisager nos villes comme résilientes, capables de s’adapter à la fois à des flux de populations arrivantes mais aussi à des baisses de densité pouvant être liées par exemple à des désastres industriels. Quelles seraient alors les modalités d’une "Ville Accueillante" ?

La dernière phase du processus a été de recentrer cette réflexion sur un objet architectural concret répondant aux besoins des réfugiés et des associations de terrain. La demande s’est rapidement axée sur une Maison de l’Information, tant les ressorts du droit et de l’administration française sont obscurs pour les migrants. C’est grâce à un financement participatif et aux dons de nombreux anonymes que la construction d’un bâtiment sur le site de la Linière a été possible.Soutenus par la Mairie de Grande Synthe, aidés par des bénévoles migrants ou non, les étudiants du studio ont passé une semaine intense de chantier,qui s’est terminée le 20 juin 2016, comme une annonce de l'été.

Enseignants associés à l'exposition : Martin Monchicourt (responsable atelier bois) et Ludovik Bost (enseignant construction bois).