IPRAUS
Institut Parisien de Recherche : Architecture, Urbanistique, Société

Département de l'UMR 7543 du CNRS (actuellement FRE 2408)
Laboratoire de l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville
Laboratoire de l'Université Paris X-Nanterre


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Thèses en cours

· Jérôme BOISSONADE
L'espace des rassemblements Approche descriptive des pratiques de stationnement dans les lieux publics en périphérie urbaine.
Thèse de doctorat de sociologie sous la direction d'Isaac Joseph, Université Paris X-Nanterre

Les représentations des rassemblements, notamment ceux des jeunes qui "rouillent" en bas d'immeubles, se caractérisent souvent par leur substantialisme. La prise en compte des exigences pragmatiques qui pèsent sur les situations (troubles, incivilités…), masque ici le fonctionnement des sociabilités internes aux "mondes" des rassemblements, considérés comme autant de boites noires.
Une approche plus situationnelle montre des rassemblements cadrant mal avec ces notions d'appropriation, d'intentionnalité ou d'assignation. Dans ce cadre, la visibilité "persistante" (Bayart, 2000) de ces agrégations implique pour les acteurs une gestion permanente du conflit potentiel dans une perspective de coordination publique.
Notre travail s'appuie sur des observations directes ou participantes, effectuées dans trois villes de la proche banlieue parisienne: Bobigny, Créteil et Nanterre.
Au travers de la diversité des activités et des lieux étudiés (espaces urbains, collèges, activités ludiques, socio-éducatives…), nous voudrions ici enrichir des travaux portant sur le rapport entre espaces de fixation et espaces de mobilité (Kokoreff, 1993) ou entre centres et périphéries (Bavoux et Foret, 1990), pour montrer des rassemblements relevant d'une certaine pratique du proche en relation incessante avec l'ailleurs (spatial, événementiel…), pas forcement lointain.
Dans cet espace de négociation qu'est l'espace public, les pratiques rencontrées paraissent tiraillées entre deux conceptions du social:
Celle d'une vulnérabilité inquiète reposant notamment sur des liens faibles (contacts stigmatisés, en réseau, à projet pauvre, tension entre l'ajustement simultané des pratiques dans des conventions et au sein de l'environnement, socialisation différentielle propre aux personnes rassemblées…)
Et celle d'une pragmatique confiante dans des liens confirmés avec le milieu (cadres, habitudes, collègues…).
Suivant les espaces, les moments ou les situations; les pratiques relèvent plutôt de l'une ou de l'autre mais restent semble-t-il, toujours un composé incertain.
D'où la nécessité pour le chercheur, d'adopter un "situationnisme méthodologique" (Joseph, 1998 : 10) s'intéressant aux différents moments de rassemblement, pour les catégoriser lors de la troisième année de recherche, à travers l'usage (opportunités, coutume, consommation, utilisation, retraite…) (Breviglieri, 1999) et y faire rentrer ultérieurement une catégorisation spatiale (lieux routiniers, d'occasion…).
Le but est de requalifier les rassemblements comme nœuds d'urbanité dont les effets territoriaux dépassent les limites physiques dans lesquels ils s'inscrivent. Prise au sérieux, cette "élaboration destinée à gérer selon une forme de coordination générale des relations qui prennent appui sur un rapport de familiarité" (Thévenot, 1994), pourrait voir se renforcer son rôle d'espace intermédiaire en captant ces nouvelles ressources urbaines et ainsi articuler proximité, familiarité et disponibilité.


· Julie DEVILLE
Espaces masculins, espaces féminins : différences de comportement chez les jeunes de banlieue
Thèse de doctorat de sociologie sous la direction de Martine Segalen

Cette thèse s'appuie sur un travail de terrain à Nanterre, dans le quartier du Chemin de l'Ile, à travers l'observation de la vie locale et la participation à diverses activités, notamment l'accompagnement scolaire au sein d'une association et la pratique régulière du karaté à la salle de sport du quartier.

Ce quartier est doté d'une certaine "réputation ", négative, et ceci de longue date puisqu'on le retrouve mentionné dans la littérature sur les bidonvilles et les cités de transit comme dans celle qui concerne la délinquance ou la montée de formes radicales de l'islam.
La population d'origine étrangère est très importante. Beaucoup de familles sont originaires de la même région de l'Ouest algérien, mais les racines tunisiennes ou marocaines sont aussi nombreuses ; en plus des Maghrébins, de nombreuses origines sont représentées : Indiens ou Sri Lankais, Turcs et Kurdes, Africains, Portugais ou Asiatiques coexistent avec les personnes considérées comme françaises "de souche ", qui restent majoritaires. L'espace est cependant marqué par l'islam, avec une mosquée excentrée mais très visible et surtout sur les cent premiers mètres de la rue principale pas moins de trois boucheries hallal. Les jeunes filles portant le voile ne sont pas rares, tout en portant parfois des vêtements de sport et presque toujours des Nike à la dernière mode. On peut aussi croiser des hommes portant une longue tunique et une calotte, mais plutôt le vendredi, jour de la grande prière. Par contre les autocollants et affiches relatifs à la religion sont nettement moins visibles que ceux des partis d'extrême gauche, de la LCR en particulier.
Les adolescents et les jeunes hommes sont assez présents dans les espaces publics du quartier, parfois installés sur un muret ou autour d'une voiture, parfois circulant d'un groupe à l'autre en scooter et transportant à l'occasion un passager, ou utilisant une gamme de moyen de transport allant de la trottinette à la voiture.
Les jeunes filles sont aussi présentes dans les rues, mais ne stationnent pas, contrairement aux femmes plus âgées. Comme les garçons, elles sont le plus souvent deux ou trois ensemble. Certaines jeunes filles maghrébines subissent un contrôle de la part de leur famille, mais peuvent aussi se limiter elles-mêmes.
Les activités et les goûts masculins et féminins sont différenciées selon un mode habituel mais qui semble parfois accentué. Du point de vue scolaire, les garçons accordent une grande importance aux mathématiques, en y montrant des aptitudes très variables, les filles se concentrent sur les disciplines littéraires. Elles manifestent souvent un grand manque de confiance en leurs capacités alors que les garçons camouflent le même problème sous des attitudes souvent provocatrices.
La foi musulmane, enracinée chez beaucoup de jeunes, ne semble pas toujours devoir déterminer le statut des femmes. Quand une jeune fille dit que l'islam est en réalité favorable à l'égalité entre l'homme et la femme, et qu'on rapporte que le Prophète contribuait aux tâches ménagères, les garçons ne la contredisent pas. On peut noter que ces jeunes s'opposent aussi par le regard qu'ils portent sur les Juifs, les garçons insistant sur leur "différence " (mais mentionnant rarement directement les conflits actuels au Proche Orient) tandis que certaines filles, par ailleurs plutôt bonnes élèves, ont du mal à supporter cette attitude et sont plus conscientes du sens d'événements historiques, en particulier du génocide.

· Frédérique CHAVE
Les systèmes d'urgences : analyse comparée des dispositifs et des pratiques
Thèse de doctorat de sociologie sous la direction d'Isaac Joseph, Université Paris X-Nanterre

Il est en France, comme dans de nombreux autres pays, des urgences médicales, policières et matérielles (Police-secours, les pompiers, le SAMU/urgences hospitalières) qui sont définies et traitées dans le cadre du service public de secours, de façon théoriquement immédiate, organisée, gratuite, et égale pour tous.
On constate au niveau international un ensemble de structures et de dispositifs qui se ressemblent et entre ces services un lien manifeste, qui s'apparente à une division du travail d'urgence, articulé autour des deux mêmes pivots : " le déplacement (et) la rupture d'un ordre existant ", pour reprendre la formulation de D. Boullier et S. Chevrier. Une comparaison internationale avec au moins un pays voisin dont le système serait à la fois proche et singulier, le Royaume-Uni, prend toute son importance pour révéler les caractéristiques générales, et nationales. Elle permet d'envisager dans le détail les voies que des systèmes différents empruntent face aux situations qu'ils qualifient d'urgences et pour lesquelles un service public est prévu.
La tripartition entre Sapeurs-pompiers, SAMU et Police-secours, se décline de facto en une multitude d'interventions aux motifs variés, qui souvent dépassent les cadres policiers, matériels ou médicaux, et qui ne présentent leurs caractéristiques que sur place en temps réel. Entre routines, protocoles d'intervention, et adaptations à la particularité de la situation ou de l'interlocuteur, le travail des professionnels des urgences est soumis à une double contrainte, protocolaire et réactionnelle.
Définir l'urgence c'est donc d'une part prendre en compte l'organisation et les dispositifs mis en place par différents systèmes sous ce label, isoler ce que les services prévoient comme situations justifiant une intervention et analyser les manières dont les professionnels et les requérants interagissent et évaluent une situation à l'aune de leurs propres conceptions du risque ou du danger.
On peut organiser l'ensemble des questions que pose la recherche sociologique sur les systèmes d'urgences selon deux thématiques, l'une qui demande, de façon épistémologique, ce qui fait urgence, l'autre qui interroge les manières de la pratiquer, d'y recourir et d'en définir les dispositifs.
L'enquête consiste alors à comparer les différents services, au plan administratif, pratique et interactionnel, par une approche qualitative des modes du travail et de la relation et par la constitution d'un corpus tout à la fois bibliographique, administratif et législatif, politique et de documentation, interne aux services, permettant d'en cerner les cadres formels.

· Arnaud HEDOUIN
La prise en charge des personnes âgées dépendantes. sociabilité, mobilité, corporéité
thèse de doctorat sous la direction d'Isaac Joseph, Université Paris X-Nanterre

Le recours à des formes sociales de prise en charge pour les personnes âgées dépendantes est un phénomène dont l'acuité ne cesse de croître au sein des sociétés occidentales contemporaines, jusqu'à paraître comme une donnée consubstantielle de la modernité. Celle-ci est en effet corrélée à une effervescence de formes institutionnelles venant encadrer des franges toujours plus nombreuses de la population. En ce qui concerne les personnes âgées, divers dispositifs sociaux participent de cette économie de la prise en charge : maisons de retraite, logements-foyers, soutien à domicile, etc. Tous se présentent comme des supplétifs à l'aide traditionnellement apportée par les familles. Parfois, ils s'imposent comme les seuls expédients envisageables pour des vieillards esseulés.
De la rencontre des professionnels du monde gériatrique, des personnes âgées et de leurs familles émerge alors un univers particulier permettant leur entente et leur participation conjointe dans une commune entreprise de prise en charge. Pourtant aujourd'hui encore, les limites institutionnelles de cet univers restent mouvantes, et donc un peu floues. Divers débats éthiques, médicaux, démographiques, politiques et économiques ne cessent de l'agiter. Tous soulèvent néanmoins un même enjeu : le problème de la prise en charge des personnes âgées comme un phénomène social total, au sens entendu par Mauss. Car, c'est la société elle-même qui se trouve interpellée par un questionnement fondamental visant le lien intergénérationnel. Cependant, la gravité de ces débats caractérisés par la récurrence du thème de la mort, et par les risques d'aliénation que les vieillards encourent à être mobilisés (dans un dispositif foucaldien ou une institution totale de type goffmanien), brouillent la compréhension attendue de ce champ de l'intervention sociale. Loin d'éclaircir le défi que pose à la société la présence de plus en plus nombreuse de vieillards dépendants, cette conjecture ne parvient qu'à le rendre plus tragique. D'où la nécessité d'entreprendre une reconnaissance stricto sensu de l'univers de la prise en charge des personnes âgées.
Par reconnaissance stricto sensu, nous entendons une reconnaissance dont l'objectif premier serait de restituer l'originalité de l'expérience sociale issue de l'engagement différencié des acteurs qu'elle implique. Il s'agit ainsi d'ancrer l'analyse sociologique dans le quotidien et les pratiques de tous ceux qui ont à faire avec lui. Ceci se joint à l'exigence de ne pas renvoyer a priori les vieillards à n'être que le point d'application de l'opération de prise en charge afin de comprendre comment ils demeurent quoiqu'on en dise d'authentiques acteurs sociaux. Il s'agit alors de reconnaître l'ensemble des activités qui se déploient autour de la prise en charge, ou plutôt de part et d'autre de celle-ci, de considérer leur épaisseur et leur contenu, de saisir leur dynamique et leur variabilité.
Deux axes d'observation empirique seront alors privilégiés. Premièrement, le thème de la mobilité en tant que faculté de l'engagement individuel dans l'espace et dans l'action, déterminant la socialisation et la capacité de multiplier et de sélectionner ses engagements. Deuxièmement, le thème de la corporéité qui nous conduira à percevoir le corps dans son épaisseur historique pour éclairer les interventions qu'il reçoit et les efforts qu'il consent pour se rendre disponible à l'interaction. Enfin, puisque le corps se donne à voir à autrui, les questions de l'identité et de la dignité des personnes âgées reflétées par cette perspective corporelle trouveront un nouvel éclairage dans ce travail.
Partant, nous envisageons enfin de débrouiller les liens existant entre la notion de dépendance et celle d'autonomie dans les théories sociologiques de l'agir humain. Puisque la dépendance est une relation qui permet à des personnes de conserver un monde sous la main et les autorise à y mener des actions, il va de soi que se pose la question de la nature de cette situation pacifiée, celle, par exemple, du vieillard se déplaçant en fauteuil roulant. Comment concevoir son autonomie et ses limites ? L'autonomie est-elle antagonique de la dépendance ? Comment appréhender et restituer sociologiquement leurs rapports ? Réfléchir à ces questions supposera alors de s'interroger sur le processus de vieillissement, et de concevoir les outils analytiques qui permettraient d'introduire les répercussions sociales de ce processus dans le raisonnement sociologique, en ce démarquant d'une problématique surdéterminée par une sociologie de la déviance ou de la maladie.

· Claire MAGIMEL
Les étudiants handicapés à l'université. Accessibilités et usages
Thèse de doctorat sous la direction d'Isaac Joseph, Université Paris X-Nanterre.

Dans la suite des travaux concernant l'accessibilité des transports en commun et des espaces de loisirs, cette thèse propose de poser cette même question à l'université. Le terme d'accessibilité est à prendre dans son sens le plus large. C'est à la fois le respect des normes architecturales et les usages des espaces par une population particulière. Mais l'université étant un lieu de formation, c'est aussi l'accès aux savoirs et leur acquisition, tant sur le plan concret de l'accès aux outils pédagogiques que sur le plan cognitif.
Pour réaliser cette thèse, on peut envisager plusieurs approches. La première, comparatiste, vise à analyser la population référante par rapport à d'autres populations étudiantes dans leurs usages de l'institution universitaire, mais également plusieurs universités entre elles ainsi que ces dernières avec celles d'autres pays réputés pour leur accessibilité (Europe du Nord et Amérique du Nord). La seconde, historique, cherche à comprendre comment le facteur handicap a été reconnu par les universités. A quelle date et avec quelles conséquences . La troisième est sociologique et plus particulièrement interactioniste. L'observation des interactions, entre étudiants dits handicapés, avec des initiés, dans des contacts mixtes ou avec les espaces et les objets, permettrait l'analyse du facteur handicap sur les usages et le vécu d'un public particulier au sein de l'université. Enfin, la dernière approche s'inspire des travaux sur l'écologie de la perception posant comme postulat l'intelligence des espaces et leur mise à disposition de ressources activées par la perception d'un ou plusieurs sens de l'homme. Tout individu ayant au moins un des cinq sens développé, poser la question de l'accessibilité et du handicap, c'est s'interroger sur l'impact d'un élément perturbateur sur une activité ordinaire.

· Yann RENAUD
Les associations de défense de quartier dans l'urbanisme parisien, sous la direction d'Isaac joseph, Université Paris X-Nanterre.


· Arnaud HEDOUIN
La prise en charge des personnes âgées dépendantes, sociabilité, mobilité, corporéité, sous la direction d'Isaac joseph, Université Paris X-Nanterre

Thèse soutenue

· Nassima DRISS
Espaces publics et centralités à Alger : entre logiques urbanistiques et mémoire urbaine
Thèse de doctorat de sociologie soutenue le 25 novembre 1999, sous la direction d'Isaac Joseph, Université Paris X-Nanterre

Quelle est la signification sociologique de l'émergence des centralités urbaines ? Dans quelle mesure expriment-elles des caractéristiques socio-anthropologiques d'une société donnée ? Les interrogations de cette recherche portent sur les raisons qui fondent les projets urbanistiques, leurs logiques propres et les temps forts de l'histoire urbaine à Alger.
Elles permettent de spécifier la rencontre des processus d'urbanisation avec les usages sociaux, de saisir les formes de sociabilité et les compétences des usagers dans la production de leur propre langage.
L'articulation du centre-ville avec d'autres types d'espaces sous-tend précisément la notion de centralité signifiant par là même l'intégration du lieu dans le système des valeurs. Les centralités sont, en effet, déterminées par les usages multiples et contrastés de l'espace public. Il s'agit surtout d'un processus à l'œuvre qui renseigne sur les représentations diverses des acteurs. Par ailleurs, les implications des réminiscences du passé dans le vécu présent relèvent non pas d'une simple transposition des pratiques mais de la mise en scène des formes sociales spécifiques où le temps présent et le temps passé s'entremêlent, se croisent, se tolèrent ou s'opposent. C'est en ce sens que les temporalités esquissent les spécificités sociales.

Les centralités urbaines à Alger s'inscrivent, aujourd'hui, dans des enjeux sociaux et politiques violemment contradictoires : la restauration du public d'un côté et la consécration des normes de l'autre. L'ambiguïté des formes matérielles et immatérielles (superposition de modèles, pluralité de références, ambivalence sociale et politique) peut constituer une des explications possibles à l'origine du malaise qui affecte la société dans son ensemble.


Sciences sociales et architecture

Depuis trois ans, l'IPRAUS a entrepris de réinterroger ce qui peut être vu comme les fondements de son objet propre, à savoir la spatialité des sociétés contemporaines, en travaillant au lieu-même où il se construit, à l'interface entre le savoir architectural et la recherche scientifique des sciences sociales. Décréter un regard épistémologique n'aurait pas grand sens, sans la constitution des lieux et des outils qui permettent cette élaboration longue et difficile. Aussi nous sommes nous attachés avant tout à construire ceux-ci.
D'abord sous la forme d'un séminaire, ouvert, auquel sont conviés non seulement l'ensemble des doctorants de l'IPRAUS mais tous ceux de l'UMR 7543 ainsi que la communauté des chercheurs et professeurs de l'unité. Il est piloté par un comité scientifique qui s'implique simultanément à la réalisation de son programme, exposé ci-dessous. Ensuite sous la forme d'un atelier de réflexion sur les méthodes qui caractérisent ce champ de connaissances, atelier qui est développé à l'échelle Européenne. En effet, il nous était apparu lors de nos contributions aux activités du réseau " socio-économie de l'habitat ", devenu GIS du CNRS, que l'apport spécifique de notre champ de recherches était méconnu au point d'être invisibilisé par la sociologie urbaine quantitative et les sciences politiques de l'urbain, appauvrissant ainsi le regard que l'on peut porter sur cet objet hypercomplexe de la ville. Peut-on sérieusement s'interroger sur l'espace urbain en méconnaissant ces acteurs centraux que sont d'une part l'architecte, d'autre part l'habitant saisi au plus près de son parcours quotidien ?

Partenaires : Bureau de la recherche architecturale (DAPAU), PUCA, GIS réseau Socio-économie de l'Habitat du CNRS.

· Séminaire " Architectures et Sociétés :
Raison spatiale, Logique sociale "

Equipe organisatrice : Philippe Bonnin (CNRS), Maïté Clavel (M.C. Paris X), Rainier Hoddé (Maître assistant Ecole d'architecture Paris-Villemin), Nathalie Lancret (CNRS), Jean-Michel Léger (CNRS), Eliane Nicolino (CNRS), Daniel Pinson (Professeur Université Aix-en-Provence), Cristelle Robin (Maître assistant Ecole d'architecture Paris-la-Villette), Roselyne de Villanova (Paris X)

Tant au sein des laboratoires fréquentés que du milieu de la recherche architecturale, nous a semblé émerger le sentiment du manque d'un lieu d'exposition et de confrontation de la recherche, à l'interface de l'architecture et des sciences de l'homme et de la société, de la socio-anthropologie de l'espace particulièrement. Nous avons donc élaboré ce séminaire collectif de recherche, qui vient remplir un espace vacant dans la confrontation publique des recherches et dans leur transmission aux jeunes chercheurs. Le séminaire est une action prioritaire du laboratoire. La publication d'une synthèse des discussions théoriques centrales du séminaire, ainsi que des principales contributions est en cours de préparation, et devrait donner lieu à la parution d'un Cahier de l'IPRAUS à échéance de deux années.

Un champ de questionnement

Il nous faut aujourd'hui comprendre comment, au probable tournant d'une ère, nos sociétés produisent leurs lieux, en créent de nouveaux et réinterprètent ceux dont elles héritent, les agencent et les distribuent en des configurations signifiantes, leur donnent forme d'usage et esthétique architecturale, à toutes les échelles où s'exerce la pratique sociale. Comment elles enjoignent aux acteurs de les concevoir et de les réaliser, d'en user et de les occuper, de les habiter et d'en jouir. Parmi d'autres objets, l'habitation, le quartier, le village ou les villes nous renvoient sans cesse les questions qu'on avait trop vite cru résolues : celles de leur identité même, de leur forme, de leur structure, de leur fonctionnement, de leur usage, de leur poétique, de leur esthétique.
Les approches " massives ", celles qui tentent d'aborder les grands nombres et qui paraissent congruentes à l'énormité des mégapoles, nous donnent une image certes précieuse, mais lointaine, aux échelles vastes. Visions de Sirius, elles fascinent et impressionnent. Mais elles manquent alors parfois de capacité critique sur leur propre artefact. Elles sont souvent aveugles sur l'échelle modeste, sur le mode mineur de la réalité dans lequel citoyens, habitants et usagers appréhendent quotidiennement l'espace qui est le leur. Les patientes et minutieuses observations de l'ethnologie ou de l'anthropologie sociale, comme disciplines ou comme méthodes, y remédient heureusement, mais à échelle " micro ".
Ces sciences de l'Homme et de la Société se sont efforcées depuis quelques décennies d'apporter leurs éclairages aux faits topologiques, aux faits d'espace, de territoire, de forme. La connaissance des modes d'habiter est aujourd'hui un peu moins lacunaire. Ce n'est pourtant pas dire que ces connaissances se retranscrivent ou s'intègrent aisément au savoir-faire de la conception, qui fusionne d'autres logiques. Quoique l'époque des " utopistes démiurges " soit aujourd'hui révolue, en principe, le discours de la critique architecturale et celui des habitants paraissent encore s'ignorer, évoluer dans des mondes parallèles. La société juge pourtant l'architecture à sa capacité de répondre à la demande habitante, à respecter ses usages, les modes d'habiter conventionnels, quand bien même ils sont complexes, divers, et en perpétuelle évolution. Mais l'architecture est simultanément la production d'un bien culturel, dans ses dimensions esthétiques et émotionnelles.
Valeur esthétique et valeur d'usage, logique habitante et logique d'action, raison pratique et raisons politique, économique, technique ou artistique doivent être confrontées, de manière approfondie. C'est à cette articulation que nous voulons consacrer les travaux de ce séminaire.

Année 2000

Séance inaugurale : 14 mars 2000.
" La recherche face à l'architecture et à la socio-anthropologie de l'espace "
Philippe BOUDON, architecte, professeur à l'École d'architecture de Paris-La Villette, et Jean-Charles DEPAULE, philosophe, sociologue, D.R. au CNRS

18 avril 2000.
" Compétences habitantes, compétences savantes "
Agnès DEBOULET, sociologue, M.A. à l'École d'architecture de Nantes, et Colette VALLAT, géographe, professeur à l'Université de Paris XIII

16 mai 2000.
" Logiques spatiales, raisons sociales "
Christian MOLEY, professeur à l'École d'architecture de Paris-la-Villette, et Daniel PINSON, Professeur à l'Institut d'aménagement régional, Université d'Aix-en-Provence

13 juin 2000
" L'architecture rurale est-elle toujours le laboratoire de l'habitat populaire ? "
Isabel RAPOSO, architecte (Lisbonne) et Michel RAUTENBERG, ethnologue, professeur à l'université de Lille

Année 2000-2001

21 novembre 2000
Architecture et anthropologie : problématique de la culture spatiale
Christelle ROBIN, socioanthropologue, maître assistant à l'Ecole d'architecture de Paris-la Villette et Pierre CLEMENT, architecte, ethnologue, professeur à l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville

19 décembre 2000
La ville mise en scène
Claudie BALAVOINE, historienne, chargée de recherches au CNRS, Centre d'études sup. de la Renaissance, Tours et Henri RAYMOND, sociologue, professeur émérite de l'Université Paris X-Nanterre

16 janvier 2001
Métissages : Architectures et urbanismes en Asie
Yong-Hak SHIN, architecte, enseignant à l'Ecole d'architecture de Paris-la-Villette et Christian PEDELAHORE, architecte, enseignant à l'Ecole d'architecture de Paris-la-Villette

27 février 2001
Le projet architectural entre le projet de l'architecteet le projet de l'usager
Pierre RIBOULET, architecte, docteur es Lettres et Jean-Pierre BOUTINET, psycho-sociologue, maître de conféren ces, université catholique de l'ouest, Angers

20 mars 2001
Métissages : Architectures des pays lusophones
Peter MARK, historien de l'art, professeur à l'université Wesleyan, USA et Helder CARITA, architecte, historien, directeur Ecole spéciale des arts décoratifs, Lisbonne


Habitation Morfou. D'après O.R.S.T.O.M., L'habitat au Cameroun, Paris 1952

4 avril 2001
Architecture et Utopie
Jean-Louis VIOLEAU, sociologue, doctorant et Jean-Paul JUNGMANN architecte, professeur à l'Ecole d'Archi. de Paris-la-Villette

15 mai 2001
Japon : le voyage / le mirage
Fiona MEADOWS, architecte, responsable du Salon Actualité de l'IFA et Nicolas FIEVE, architecte, chargé de recherches au CNRS

Année 2001-2002 :

mardi 16 octobre 2001
Espace et temps du savoir architectural : Histoire de l'Architecture et Anthropologie de l'Espace
Intervenants : Marion SEGAUD anthropologue, professeur à l'Université du littoral à Dunkerque et David BIGELMAN architecte et historien, professeur à l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville
Modérateur : Philippe BONNIN

Il nous semble aujourd'hui que l'histoire et l'anthropologie de l'espace sont les deux points solides, les deux noyaux de symbiose entre les sciences de l'homme et de la société avec l'architecture, de par la convergence des regards, des questions, des objets. Prendre la mesure de la question de l'architecture dans son extension temporelle (histoire récente et ancienne, archéologique même), autant que spatiale (géographique et culturelle), n'est-elle pas la condition première à la construction solide d'un savoir ? Comment cette aventure s'est-elle déroulée durant les précédentes décennies ? Dans quelles directions entrevoit-on les développements ultérieurs ?

mardi 20 novembre 2001 (ou 21 mai 2002)
Décrire l'architecture : le film
Intervenants : Richard COPPANS réalisateur et Stan NEUMANN réalisateur
Modérateurs : Jean-Michel LEGER et Rainier HODDE

Comment décrire l'architecture ? Comment à la fois convoquer un bâtiment et évoquer une expérience ? Comment donner à voir et à comprendre jusqu'à rendre intelligible et familier ? A ces questions, les uns répondent par les mots, certains livrent leurs dessins et d'autres filment. Richard Coppans et Stan Neumann sont de ces derniers. Derrière les images que nous verrons parce qu'ils les ont retenues, quelles questions se posent-ils face à un bâtiment qui se dérobe, quelles histoires invententils avant et pendant le tournage, quelles maquettes font-ils réaliser pour retrouver les chemins de la conception, quels choix font-ils à leur table de montage ? En quoi le cinéma impose-t-il une dramaturgie qui lui est propre ?
Finalement, Richard Coppans et Stan Neumann nous montrent que décrire l'architecture, c'est aussi construire.

mardi 18 décembre 2001
L'humanité des productions techniques
Intervenants : Michel CALLON professeur à l'Ecole des Mines de Paris et Jean-Yves TOUSSAINT maître de conférences à l'INSA de Lyon
Modérateur : Daniel PINSON

La conception et la production des objets techniques, comme la formation des ingénieurs, souvent des architectes, a été dominée par des objectifs de performances qui s'attachaient à des finalités étroites, pas toujours attentives à l'ensemble de leurs implications externes. D'une certaine manière le mythe de pureté couvrant la science et la technique modernes mettait cette production d'objets, qui servait pourtant des attentes humaines, et dès le moment où elle appliquait les découvertes scientifiques, hors de portée de la critique, sous l'emprise de la fascination. C'était sans doute oublier la part d'humanité que porte toute construction de savoir y compris dans le champ des sciences de la nature et des produits techniques qui en dérivent. De quelle manière repense-t-on les productions techniques aujourd'hui ? La prise de conscience plus aiguë de la part humaine de leur production aide-t-elle à les rendre techniquement plus humaines ?


mardi 15 janvier 2002
La production de la ville du XIXe : public et privé, forme et hygiène
Intervenants : Annie TERADE docteur en urbanisme et aménagement, IPRAUS et Roger-Henri GUERRAND historien, professeur émerite
Modérateur : Philippe BONNIN

L'image qui domine notre idée de ville, image prégnante d'une ville " durable ", vivable, agréable au piéton, au passant, au voyageur autant qu'à l'homme actif, s'est en fait forgée sur notre expérience de Paris. Or le visage qu'elle nous présente aujourd'hui a été peint pour l'essentiel au XIX e siècle, le passé plus ancien n'y demeurant qu'à l'état de traces, et les égratignures de la modernité n'effaçant pas les traits de l'ensemble.
Mais une ville, c'est à la fois une forme qu'on a volontairement construite (tracé de voies et d'îlots, de lotissements et de passages), selon des règles où dialoguent l'architecture et l'urbanisme. C'est aussi une manière de vivre ensemble dans un espace restreint, civil et urbain, pourvu des commodités dont nous ne saurions nous passer aujourd'hui. La conquête de l'hygiène, qui en est le centre de gravité, avec la création de nos manières de toilette autant que des réseaux d'égouts, est sous-jacente à cette ville.

mercredi 13 février 2002
Le jardin, dans la ville, de la ville ou " ailleurs " ?
Intervenants : Isabelle AURICOSTE paysagiste et Françoise DUBOST sociologue, Directeur de recherches au CNRS
Modérateur : Maïté CLAVEL

Le jardin urbain, espace public, ouvert, est pensé, composé, comme tout autre lieu urbain. Le choix et la mise en place des objets, des végétaux, des circulations, des différents équipements, sont le travail de professionnels de l'organisation de l'espace. Dans le même temps, le jardin s'oppose à la minéralité de la ville, à ses lignes simples, à sa fonctionnalité. Les plantes sont choisies et assemblées en fonction du sol, du climat, de leurs qualités propres, les volumes, les couleurs, les formes sont juxtaposés en vue de créer un décor et une ambiance, un plaisir esthétique.
Dans la ville d'aujourd'hui, dans les pays riches, le jardin relève-t-il de la panoplie de l'urbaniste (l'espace vert hygiénique, reposant, voire pacificateur) ? Et quelle est alors la part du paysagiste ? Ou bien le jardin, comme le bâtiment, est-il quelque chose comme une œuvre, un travail de l'imagination ? Et en ce cas, comment est-il pensé en relation avec la ville, le quartier, les citadins ?
Qu'est-ce qu'un jardin urbain aujourd'hui pour les spécialistes de l'espace, pour ceux qui le créent ?

mardi 19 mars 2002
Métissages III : Métissages et Architecture
Intervenants : François LAPLANTINE anthropologue, professeur et Arnaud LE BRUSQ, docteur en histoire de l'art
Modérateur : Roselyne de VILLANOVA

Faisant suite aux deux séances consacrées l'an passé à la question des métissages dans l'architecture, à partir des terrains vietnamiens, coréens, et des pays lusophones, nous interrogerons simultanément cette fois-ci les concepts et le terrain : l'architecture hybride de Hanoi, sur laquelle Arnaud Le Brusq a publié un ouvrage récent, et la notion même de métissage à laquelle François Laplantine et Alexis Nouss ont consacré un dictionnaire.
Nous reprendrons donc les questions posées l'an passé, qui ont suscité une vive discussion, et que nous formulions ainsi : la circulation des influences entre architecture académique et architecture populaire, comme entre dominant (colonial par exemple) et minorisé, est généralement considérée dans un seul sens, celle du savant vers le mineur, sans réciprocité. Les historiens de l'architecture ont montré la réalité du va et vient pour certaines époques de l'architecture, de la culture, des œuvres artistiques ou littéraire, comme ils ont montré que la création d'une œuvre pouvait être issue de l'influence d'un modèle mineur sur un modèle dominant et de l'imbrication entre les deux, selon un processus d'allers retours et d'itérations.

mardi 9 avril 2002
L'architecture et la ville chinoise
Intervenants : Harald HØYEM architecte, professeur à l'Université de Trondheim (Norvège) et Jean-Paul LOUBES, architecte, professeur à l'Ecole d'Architecture de Bordeaux
Modérateur : Nathalie LANCRET
La ville de Xi'an (l'ancienne Chang'an) a servi de modèle idéal à de nombreuses villes de par le monde chinois et extérieur à l'empire, entre autres aux capitales Japonaises successives, Heyan Kyô, Fujiwara Kyô, et Kyôto.
Ce modèle organise non seulement l'espace de la cité comme une cosmologie et une structuration sociale et politique, comme l'ont bien montré les nombreuses études qui ont suivi Granet. Tout autres aussi les rapports entre ses différentes composantes, en particulier celles manifestées par les limites et articulations public/privé.
Enfin, Xi'an constitue l'avancée extrême de l'Islam vers l'orient. Le quartier de la mosquée y représente un cas particulier d'évolution, de transformations, de rénovations.
Alors que les bulldozers gomment allègrement les quartiers chinois traditionnels l'un après l'autre, ils s'arrêtent à la limite du quartier musulman, lequel se rénove et évolue selon son propre processus.

· Atelier de réflexion européen :
socio-anthropologie de l'habitat et architecture
Equipe organisatrice : Philippe Bonnin, Rainier Hoddé, Jean-Michel Léger, Daniel Pinson, Roselyne de Villanova
Recherche bibliographique : Eliane Nicolino
Pays représentés : Espagne, Italie, Portugal, Grande-Bretagne
Partenaire : Réseau socio-économie de l'habitat

Cet atelier se concentre sur les outils de l'observation et de l'analyse, adaptés ou spécifiques à ce champ de recherches, et à leurs développements pour la recherche et l'enseignement. Le groupe de travail, composé d'architectes, de sociologues, d'anthropologues, s'appuie sur les travaux en cours et sur les expériences d'enseignement dans les écoles d'architecture.
Il s'agit en effet de fédérer et de confronter des chercheurs qui développent une réflexion interdisciplinaire sur l'autoproduction de l'espace domestique, sur les circulations entre savoir-faire ordinaires et logiques d'experts dans la conception (saisie comme ensemble d'actions sur les formes bâties et non dans un sens passif comme le terme réception le laisse entendre), l'esthétique, l'évaluation des architectures innovantes, les techniques constructives et les représentations. La démarche vise à croiser l'analyse des formes avec une approche anthropologique des usages de l'espace et de sa production. C'est dans ce sens qu'ont été abordés les recherches autour de la production continue de l'habitation, l'autoconstruction, de l'autoréhabilitation, ou de la circulation des influences culturelles dans l'architecture du logement contemporain. D'autres thèmes, comme l'épaisseur des limites et les modes de franchissement des frontières du logement, ses territoires réels, articulent les formes construites aux usages, réfléchissent sur un vocabulaire approprié tel que les espaces de transition, les seuils et les médiations sociales. Dans cette réflexion ont pris place les recherches sur la notion de mobilité résidentielle, face à la multirésidentialité, puis les projets sur les formes de l'habitat périphérique entre l'individuel et le collectif, entre l'urbain et le périrural.
Les ouvrages Anthropologie de l'espace (Segaud et Paul-Lévy 1982) et Histoire urbaine, anthropologie de l'espace (Depaule, Castex et Cohen 1996) situent l'émergence de ce champ de recherche et, pour le second, les principales publications qui l'ont fait reconnaître.
Ce champ de recherche mobilise principalement les méthodes qualitatives de la microsociologie urbaine, de l'observation ethnologique, de l'ethnoarchitecture. Il a pour socle fédérateur la dimension matérielle de l'architecture, saisie par les pratiques. En regard de la sociologie classique " qui est macrosociologique " (F.Laplantine), une grande attention est ici portée en priorité aux aspects les plus fins des faits sociaux, aux "modes mineurs" dans lesquels la société se réalise.

I-Méthodes qualitatives et renouvellement du matériel d'observation dans l'approche interdisciplinaire
a) l'évolution des méthodes concernant le recueil de données notamment dans l'utilisation du matériel audio-visuel qui fait l'objet de très peu de systématisation à la différence, par exemple, des méthodes d'enquête sociologiques pour lesquelles on peut se référer à divers manuels.
b) que deviennent les méthodes d'observation : lorsqu'on aborde des objets urbains qui ne sont plus délimités par les termes en usage mais d'autres ensembles concrets constitués sur les relations, la circulation, l'articulation, aux différentes échelles entre le logement et le tissu urbain ?.
c) les méthodes d'observation dans le cadre de l'enseignement en situation interdisciplinaire. Quelles notions, quels objets permettent d'inventorier l'espace dans une démarche de transversalité ?

II- L'enseignement de la sociologie et de l'anthropologie dans les écoles d'architecture
Ces questionnements ont des répercussions sur l'enseignement dans les écoles d'architecture qui, en retour, nous renvoient des attentes de précisions méthodologiques, un besoin d'actualisation des outils et des notions. L'atelier a permis que soient présentées des expérimentations réussies pouvant apporter une réponse.
L'objectif final sera de rassembler, à l'occasion d'une rencontre internationale, d'ici trois ans :
1) Un état des lieux bibliographique des équipes de chercheurs, en France et dans les pays concernés
2) On devrait aboutir à la formalisation d'un champ où se croisent plusieurs disciplines, qui propose des outils d'observation et d'analyse de la société urbaine et alimentera par ailleurs l'enseignement dans les écoles d'architecture, et le fonctionnement interdisciplinaire dans ces écoles.


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