IPRAUS
Institut Parisien de Recherche : Architecture, Urbanistique, Société

Département de l'UMR 7136 AUS du CNRS
Laboratoire de l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville
Laboratoire de l'Université Paris X-Nanterre

 


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SEMINAIRE
" Architectures et Sociétés : Raison spatiale, Logique sociale "

Programme 2005-2006

 

mercredi 26 octobre 2005

L’urbanisme entre aménagement et ménagement

Intervenant : Michel MARIE, Sociologue, urbaniste

Modérateur : Philippe Bonnin

 

La vie, l’activité et l’œuvre de Michel Marié, dont l’itinéraire, professionnel et le cheminement intellectuel ne peuvent être dissociés, sont faites de parcours. Dans l’espace, bien sûr, comme praticien, chercheur ou formateur, sur les différents « fronts » — terme à prendre avec tout ce qu’il connote de tensions et de conflits — de l’urbanisation : de l’Algérie colonisée au Venezuela puis au Chili en ébullition, des séjours en France aux détours par le Mexique ou le Québec. Parcours dans le temps aussi, notamment celui de l’histoire la recherche urbaine en gestation dont il fut l’un des acteurs majeurs.

Aller-retour encore dans l’exploration de la ville, entre théorie et pratique, investigation et action, théorie et terrain. D’un pays à un autre, d’un métier à un autre, d’une discipline à une autre, d’un langage à un autre, Michel Marié est avant tout un « passeur ». Profondément impliqué dans ses champs d’intervention ou ses objets de recherche, ce qu’il a appris, mis en pratique ou enseigné en matière d’aménagement pourrait se résumer comme suit : rompre avec l’ethnocentrisme et l’enfermement dans la spécialité de l’expert, tenir compte du temps long y compris dans l’urgence, prendre du recul à l’égard des sollicitations des pouvoirs et de la distance vis-à-vis des cadres d’analyse institués, croiser les regards sur les questions étudiées, se montrer attentif au point de vue des autres, En somme : composer et non imposer.

 

mercredi 16 novembre 2005

Voyage en grande bourgeoisie : journal d’enquête

Intervenants : Monique et Michel PINÇON-CHARLOT, Sociologues, CNRS

Modérateur : Jean-Pierre GARNIER

 

C'est à une réflexion épistémologique en actes que Monique et Michel PINÇON-CHARLOT ont voulu procéder avec cet ouvrage « Voyage en grande bourgeoisie » : socioanalyse de deux chercheurs en situation d'enquête, rompant avec le silence habituel qui règne sur les conditions pratiques de la recherche, ses « secrets de fabrication », en quelque sorte. Toute sociologie ne se devrait-elle pas de commencer par s'analyser elle-même en train de se faire ? L'originalité de ce journal d'enquête tient au fait, précisément, qu'il relate une expérience de recherche dans toutes ses dimensions.

Aussi sera-t-il question d'entretiens et d'observations, mais aussi d'écriture et de réception par la communauté scientifique, par les familles fortunées enquêtées et également par la presse, car les problèmes de la médiatisation du savoir scientifique ne sauraient être esquivés. C'est donc bien de la chaîne méthodologique dans son intégralité que nous souhaitons débattre, depuis les raisons du choix de l'objet jusqu'à l'accueil réservé aux textes publiés.

 

mercredi 14 décembre 2005

Le sens de formes urbaines

Intervenants : Pierre Pellegrino, Albert Lévy, Sophie Mosser

Modérateur : Pierre PINON

 

mercredi 18 janvier 2006

L'Esthétique ordinaire de la ville

Intervenants : Jean-François AUGOYARD, Philosophe, urbaniste, DR CNRS ; Nicolas TIXIER, Architecte, enseignant-chercheur au CRESSON

Modérateur : Philippe Bonnin

 

Le développement de la réflexion sur la réception esthétique de l’architecture ne concerne le plus souvent, hélas, que la culture savante. Si l’on veut comprendre mieux les représentations sous-jacentes aux comportements urbains, il semble au contraire qu’il faille s’intéresser davantage à la perception ordinaire de l’architecture, comme une expérience esthétique incluant une dimension active. La mise en œuvre d’instruments complémentaires : l’enquête ethnographique urbaine, l’entretien semi-directif sur les ambiances, le parcours urbain commenté, permettent de mettre en évidence une réelle compétence d’esthétique ordinaire qui engage la sensibilité pratique et non seulement le jugement de goût.

 

vendredi 3 février 2006

Belleville (II) : figure d’un quartier populaire, entre mythes et réalités

Intervenants : E. Bailly, Ph. Bonnin, D. Cefaï, C. César, E. Charmes,

S. Conord, V. Dufoix, J-P. Feugas, A. Frias, A. Grumbach

Ch. Cuny, C. Lafaye, M. A. Mello, L. Rouleau-Berger,

A. Sellali, P. Simon, A. Steiner

 

Journée entière, Organisée par Agnès Deboulet et Roselyne de Villanova

 

Belleville incarne volontiers la figure du quartier populaire pluriculturel, au tissu urbain complexe, construit sur des vagues migratoires successives, et fortement marqué par sa dynamique civique, associative et ses sociabilités. Vingt ans de lutte pour une réhabilitation plus respectueuse ont également façonné une image du quartier largement diffusée hors de l’agglomération parisienne. Alors que la banlieue évoque la crise, Belleville incarnerait donc une réussite urbaine, une pérennité par-delà les mutations et les migrations.

La diversité des études et des écrits sur Belleville, est l’occasion de réunir sociologues, anthropologues, architectes et urbanistes, chercheurs sur la politique de la ville, responsables des milieux associatifs et habitants afin de questionner la réalité de cette figure exemplaire de quartier.

La seconde séance sera consacrée aux sociabilités d’un quartier pluri-ethnique, façonné par des espaces intermédiaires encore nombreux, ainsi qu’aux usages de ses espaces publics.

 

mercredi 22 février 2006

Import-Export d'Architectures, de cultures, de manières de faire

Intervenants : Christine VENDREDI-AUZANNEAU, Docteur en histoire de l’architecture, Chargée de cours IF-J de Tokyo, Getty fundation fellow, assistant professeur EPFL ; Jean-Michel LEGER, Sociologue, CNRS, Chercheur IPRAUS

Modérateur : Rainier Hoddé

 

Entre le grand écart culturel représenté par l’installation au Japon, pendant 40 ans, d’Antonin RAYMOND (1888-1976), architecte d’origine tchèque naturalisé américain, et le petit écart pratiqué par des architectes tels que Alvaro SIZA, Henri CIRIANI, Edith GIRARD, DIENER & DIENER ou HERZOG & de MEURON, naviguant à l’intérieur du périmètre européen, sera posée la question des identités culturelles des architectes, des transferts, des transpositions, des dialogues avec la culture, les normes, les techniques, les manières de faire et les modes de vie des pays d’accueil.

 

mercredi 15 mars 2006

Le Jardin (V) : La ville et la nature

Intervenants : Odile MARCEL, Philosophe, Professeur à l’Université Lyon-III, Membre du Conseil scientifique du Conservatoire du littoral et des rivages lacustres ; Jean-François MAGNE, directeur-adjoint du CORIF (centre ornithologique de l’Ile de France)

Modératrice : Maïté CLAVEL

 

Les citadins ont un contact singulier à la nature : ils l’appréhendent dans les jardins et parcs urbains où, marchant sur des allées propres et lisses, ils regardent des pelouses et des massifs floraux plantés et soignés pour le plaisir des yeux. Ils la fréquentent comme vacanciers sur le sable des plages ou les sentiers de campagne et de montagne —le plus souvent dans la foule— ou encore comme habitants des périphéries rurales des villes. Qu’en est-il de cet aménagement qui organise —réglemente, protège, met en scène— la nature pour les gens des villes ? Comment la nature se plie-t-elle, ou résiste-t-elle, à ces aménagements ?

Nous aborderons ces questions à travers deux types de réflexions : l’une qui se préoccupe de la reconfiguration des espaces ruraux du fait de l’extension urbaine, l’autre qui prend appui sur l’observation des oiseaux comme citadins, entre ville et nature.

 

mercredi 17 mai 2006

La conception architecturale : une approche de sociologie de la connaissance

Intervenants : Florent CHAMPY, Sociologue, Chargé de recherches CNRS

Modérateurs : Margaret Manale et Philippe Bonnin

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Les séances précédentes

Programme 2004-2005

 

mercredi 20 octobre 2004

La ville, vers une nouvelle définition ?

Intervenants : Jean REMY, docteur en économie, professeur émérite à la Faculté des sciences économiques et sociales de l’université catholique de Louvain (Belgique), membre de l’Académie royale de Belgique et Pierre-André LOUIS, architecte-urbaniste, professeur à l’INSA de Lyon

Modérateur : Daniel PINSON

 

La mobilité spatiale a contribué à remodeler la carte mentale du territoire au-delà de ce qui était escompté il y a vingt ans. La structuration objective de l’espace correspond de moins en moins à son appropriation subjective. Cela apparaît bien dans la tension entre « penser maison » et « penser ville ». L’habiter contemporain résulte d’une transaction entre l’individuation, la vie sociale et la vie collective. Quant aux périphéries, elles sont en transition vers un accroissement de leur autonomie vis à vis des agglomérations ; s’il y a déclin de la centralité, il y a une multiplication des espaces publics et de leurs usages (JR).

L’évolution des communications réelles et virtuelles bouleverse toujours plus la perception et l’usage que l’on avait de la ville. On constate cependant que l’environnement spatial des villes n’a pas beaucoup changé ; on y assiste plutôt à des modifications sur le vécu et les mises en relation des parties de ville (ex. des centres historiques parfois inhabités et inhabitables, versus l’essor des périphéries). La ville n’est plus cantonnée à son propre territoire, elle est constituée d’une multitude d’agglomérations qui se superposent et s’enchevêtrent (PAL).

Un ouvrage publié il y a dix ans portait ce titre. Il était lui-même la réécriture d’un ouvrage paru en 1974 La ville et l’urbanisation. L’objectif était de comprendre l’incidence de la mobilité sur les sociabilités urbaines et par ricochet, sur la morphologie physique de la ville. Ces interprétations méritent-elles d’être revues aujourd’hui et dans quel sens ?

 

mercredi 17 novembre 2004

La ville-planète de Coruscant (starwars), parabole de la cite mondiale

Intervenant : Alain MUSSET, directeur d’Etudes à l’EHESS

Modérateurs : Margaret MANALE et Philippe BONNIN

 

Depuis 1977 et la sortie de l’épisode VI intitulé A New Hope (« Un nouvel espoir »), la saga Star Wars participe à la mondialisation des images, des modèles et des archétypes d’une société à la fois très américaine et très métissée. Cinq films (bientôt six), des dizaines de livres, de bandes dessinées et de jeux électroniques participent à cet univers, situé « il y a très longtemps, dans une galaxie lointaine ». Dans ce vaste ensemble, Coruscant, capitale de l’Ancienne République, puis capitale de l’Empire galactique (sous le nom de Centre impérial), occupe une place à part. Les grandes questions situées au cœur de la problématique urbaine contemporaine servent de toile de fond aux récits de bataille et de conspiration : place des communautés dans la cité, rôle du racisme, relation territoire et identité, mixité sociale et ethnique, exclusion économique, violences urbaines… À bien des égards, Coruscant devient la parabole d’un monde urbain en crise, qui cherche des solutions et ne les trouve que dans la séparation des groupes sociaux et le développement séparé des races. En ce sens, étudier la ville-planète de Coruscant, c’est poser la question d’un modèle de développement urbain dont la science-fiction prétend faire le procès, tout en suivant les règles d’une idéologie dominante et mondialisée.

 

mercredi 15 décembre 2004

Maison du patrimoine, entre savoirs techniques, projets et espaces de débats

Intervenants : Jean-Jacques DUPUY, Rainier HODDE, Agnès DEBOULET

Modérateur : Emmanuel CERISE

 

Cette séance sera l’occasion de confronter les leçons de deux projets de mise en valeur et de préservation du patrimoine urbain menés dans des « Pays du Sud » (Tunisie, Thaïlande).

La question qui sous-tend les débats est celle de l’écart qui existe entre la notion de patrimoine née et élaborée en Europe, puis exportée à l’ensemble du monde - la Convention du Patrimoine mondial de l’UNESCO signée en 1970 lui confèrant une dimension supranationale - et les représentations que les habitants se font de leur patrimoine, héritage dans lequel ils se reconnaissent, qu’ils estimeraient avoir à sauvegarder et à transmettre. Or le discours et les pratiques des usagers de la ville sont beaucoup plus complexes et divers qu’on ne l’admet communément, souvent ambigüs et contradictoires, dans l’entre-deux et l’indécision entre le « tout patrimoine » et le « tout-modernisation ».

On se préoccupera de savoir comment les deux projets ont été reçus, interprétés et adoptés ou non par les habitants ; quelles sont les limites de ces programmes et les effets sur leur caractère opérationnel lorsque le malentendu entre la vision planétaire des professionnels du patrimoine et les représentations locales sont trop divergentes ; quels sont les mécanismes pervers, notamment sur le plan social, qui se cachent derrière les procédures bien « huilées » des actions patrimoniales.

 

mercredi 19 janvier 2005

Paris-plage / l’éprouvé de l’espace

Intervenants : Roger PERRINJAQUET et Alain BERTHOZ

Modérateur : Philipe BONNIN

 

Paris-Plage (R. Perrinjaquet est membre de l’équipe de conception) semble être un défi relevé de la requalification urbaine. Ce parcours n’a rien d’une génération spontanée. C’est une étape dans une expérimentation commencée en 1997 avec une équipe de scénographes, dont est issu l’Atelier 21 constitué par quatre membres, aujourd’hui reparti en deux équipes. Paris-Plage procède d’une volonté de s’adresser à un large public, populaire en admettant les résultats de l’enquête de Luginbühl sur la demande sociale de paysage, qui dit que la consommation de la nature passe par la sociabilité. Sur un autre plan il y a une composante féministe, respectivement anti-androcentrique de l’aménagement de l’espace. Le principe scénographique repose sur une immersion et une densification sensorielle du milieu existant. Notre défi sur le plan théorique : comment échapper à « la singularité de l’expérience » ou comment renouer avec l’intersubjectivité de l’espace urbain.

 

mercredi 16 mars 2005

Parcs à thèmes

Intervenant : Bernard ROCHETTE

Modératrice : Maïté CLAVEL

 

Le jardin en forme de parc d’attraction, associant éléments naturels et construits, jeux et spectacles, constitue-t-il un avenir pour les jardins publics, une perspective pour les loisirs culturels ? En ce cas le jardin public gratuit, fréquenté par tous, a-t-il encore une pertinence ? La nature dans la ville devra-t-elle toujours être animée et payante ? Ou bien représente-t-il le modèle réduit d’une « utopie » de la ville comme lieu de loisir et de perfection technique, spectacle du consensus dans la consommation choisie ?

 

mercredi 18 mai 2005

Belleville : figure d’un quartier populaire, entre mythes et réalités.

Intervenants et discutants : J.Y. Authier (Pr. Univ. Lyon II), E. Bailly (Doctorante ENSAPB), Ph. Bonnin (IPRAUS, Dir. UMR), D. Cefaï (Paris X), C. César, E. Charmes (chercheur TMU), S. Connord (M.de C. Paris X), Ch. Cuny (ENSAPB), V. Dufoix (ENSAPB), J-P. Feugas (ENSAPB), B. Filippi (DREIF) A. Frias (chercheur EHESS), A. Grumbach (ENSAPB), C. Lafaye (Pr. Paris VIII), M. A. Mello (Pr Universidade Fluminense Rio de J.), L. Roulleau-Berger (CNRS), A. Sellali (ENSAPB), P. Simon (INED), A. Steiner (Paris X), Ch. Tutin (Pr. Univ. du Littoral Dunkerque)

 

Cette séance se déroulera sur une journée et sera suivie d’une seconde journée à l’automne suivant.

Journées animées par Agnès DEBOULET et Roselyne de VILLANOVA

 

Belleville incarne volontiers la figure du quartier populaire pluriculturel, au tissu urbain complexe, construit sur des vagues migratoires successives, engagé dans la dynamique associative, dans la résistance à la rénovation urbaine.

On se propose de questionner cette figure tout autant que l’exemplarité du quartier. S’appuyant sur la diversité des études réalisées sur Belleville, cette journée sera l’occasion d’engager un dialogue entre spécialistes du peuplement, de la vie associative, sociologues, anthropologues, architectes et urbanistes, chercheurs concernés par la politique de la ville et la participation, la gentrification et les formes de sociabilité.

 

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Programme 2003-2004

le mercredi 22 Octobre 2003
Retours en ville : la revitalisation des centres
Catherine BIDOU-ZACHARIASEN
Sociologue, Directrice de Recherches CNRS, Directrice de l’IRIS
Modérateurs : Jean-Pierre GARNIER, Philippe BONNIN

En 1968 –et les années qui suivirent– alors que paraissait « le droit à la ville », les jeunes classes moyennes la fuyaient et tentaient d’inventer un mode de vie et d’habiter plus satisfaisant. Catherine BIDOU fut parmi les premiers sociologues attentifs à ce phénomène, décrivant les aspirations autant que les pratiques de ces « aventuriers du quotidien » (1984). Mais, alors que cette fuite de la ville s’est répandue et amplifiée, diluant la forme urbaine et les liens d’urbanité, consommant l’espace rural comme un spectacle mythique, de nouvelles couches de populations réagissent aujourd’hui et, dans un mouvement inverse, opèrent des « retours en ville » autour desquels Catherine BIDOU coordonne les observations d’une dizaine de chercheurs. C’est à la remémoration et à l’analyse de ces deux processus, qui mettent en cause la nature même de l’urbain, que nous consacrerons cette nouvelle séance.


le mercredi 19 Novembre 2003
L’histoire au présent : Paris revisité
Eric HAZAN
Editeur, écrivain
Pierre PINON
Architecte, directeur de recherches à l’INHA
Modérateur : Jean-Pierre GARNIER

Comme pour nombre de capitales de la vieille Europe, une double menace pèse sur l’identité de Paris : la muséification qui, sous couvert de réhabilitation et de revalorisation des quartiers anciens, les vide de leur substance populaire; et la banalisation du tissu urbain rénové, sous l’effet d’une architecture mondialisée indifférente au contexte socio-historique local. Quel sens, dès lors, donner à ces évolutions et quels effets en attendre, à terme, sur ce que Louis CHEVALIER appelait la personnalité parisienne?
Les transformations en cours et les opérations projetées s’inscrivent-elles dans une dynamique séculaire de bannissement du petit peuple? Ce processus est-il aujourd’hui spontané ou programmé? Les Parisiens, de plus en plus suburbains, sont-ils voués à se comporter, eux aussi, en touristes dans la capitale? La multi-ethnicité du peuplement est-elle susceptible de prendre le relais, revivifiant et diversifiant la vie citadine? Les grands projets urbanistiques ou architecturaux pallient-ils l’absence d’un véritable projet urbain pour l’avenir de la capitale? Un tel projet, politique par nature, est-il encore possible à l’ère du tout-marché?
Pour en débattre nous avons fait appel à Éric HAZAN, auteur de L’invention de Paris (Seuil), ouvrage remarqué l’an passé et qui rend un hommage, volontiers polémique, à ces architectes du désordre que furent les anonymes combattants des soulèvements populaires auxquels cette ville doit une bonne part de sa singularité. Pierre PINON, l’un des meilleurs connaisseurs de l’histoire urbaine de Paris, lui donnera la réplique, ainsi que Jean-Claude GARCIAS, praticien de l’art urbain, mais aussi théoricien réputé pour ses critiques incisives de l’architecture contemporaine.


le mercredi 17 décembre 2003
Conforts et inconforts
Jacques PEZEU-MASSABUAU
Docteur ès lettres, agrégé de géographie
Modérateurs : Maïté CLAVEL, Philippe BONNIN

Depuis La maison japonaise (1981), haute école de l’habiter, s’il en est, puis le célébrissime La maison espace social (1983), en passant par une demi-douzaine d’ouvrages qui aboutissent à son dernier essai Habiter : rêve, image, projet (2003), Jacques Pezeu-Massabuau construit pas à pas une phénoménologie sensible de la maison, nourrie de tous les apports des multiples sciences de l’homme en société, de la géographie à l’anthropologie en passant par la psychologie et la sémiotique, mais surtout par une large et copieuse expérience du monde et des cultures, goûtés à petites lampées comme un vin rare. Sa quête actuelle, celle du bien-être, qu’il appelait confort dans son ouvrage précédent, révèle plus qu’elle ne masque une pensée synthétique de ce théâtre quotidien que nous bâtissons autour de nous, dont nous prenons la mesure par notre corps, fait de matériaux, de formes, d’ambiances, décor que nous rêvons sans cesse : avant que de le construire, au moment de l’éprouver, après l’avoir perdu.


le mercredi 21 Janvier 2004
Villes chinoises
Pierre GENTELLE
Géographe, directeur de recherches au CNRS
Philippe JONATHAN
Architecte DPLG
Modératrice : Nathalie LANCRET

Au moment où s’opèrent des mutations considérables de l’architecture et des villes chinoises —destructions massives des tissus anciens et apparition de projets urbains d’une échelle jamais égalée— il s’agira de réfléchir, à partir d’exemples concrets (Shanghai, Pékin, etc.), sur les logiques et les dynamiques des transformations en cours. Pierre GENTELLE, « un géographe chez les architectes », étudie le fait urbain en Chine depuis de nombreuses années ; il s’interrogera ici sur la montée en puissance des villes et des réseaux de villes, replacée dans le contexte des débats d’actualité entre modernisation et patrimonialisation. Philippe JONATHAN, un architecte en prise avec l’action et le terrain, témoignera des grands programmes architecturaux et urbains, liés à la métropolisation et au patrimoine.


le mercredi 11 Février 2004
Le jardin (3) : les représentations de la nature
Yves LUGINBUHL
Directeur de recherches au CNRS, directeur du STRATES
Modératrice : Maïté CLAVEL

Les représentations de l’espace peuvent être étudiées à travers les modèles des lieux habités : les habitations, les villes, les jardins ou les pays, qui forment le substrat des paysages. Elles peuvent aussi être étudiées, plus difficilement, dans ce que Henri Lefebvre appelait les « espaces de représentation », ces images plus ou moins floues de nos espaces familiers, chargées d’expériences, de souvenirs et d’affects. Les unes et les autres peuvent être à la source –ou apparaître dans– des formes construites.
Quels problèmes, quelles questions soulève l’étude de ces représentations de l’espace ?
Yves Luginbühl nous permettra d’aborder ces questions à partir de ses travaux.


le mercredi 17 Mars 2004
Evaluer les projets urbains dans les pays en developpement et en France : approches et perspectives
Françoise NAVEZ-BOUCHANINE
Docteur en sociologie,
Professeur à l’école d’Architecture de Clermont-Ferrand
Chercheur au laboratoire Urbama
Michel BONETTI
Directeur de recherche CSTB
Modératrice : Agnès DEBOULET

Cette séance met en parallèle deux chercheurs ayant une expérience concrète de l'évaluation de projets architecturaux et urbains a la fois en France, pour Michel Bonetti, et au Maroc en ce qui concerne Françoise Navez-Bouchanine. Entre l'évaluation normée et l'évaluation libre, voire critique, quelles ont été les évolutions constatées ces dernières années ? L'évaluation sera posée en tant que construction d'un objet de recherches opératoire et en tant qu'instrument de politique publique, ce qui amènera a interroger tant la marge de manœuvre des évaluateurs, que leurs méthodes et enfin la distance entre résultats de l'évaluation et re-définition des objectifs et programmes d'action en matière architecturale et urbaine.

le mercredi 28 Avril 2004
Les formes d’une ville / l’amour des villes
Marcel RONCAYOLO
Professeur Emérite
Bruno FORTIER
Architecte, Professeur à l’Ecole d’architecture de Paris-Belleville
Modérateur : Daniel PINSON

Action et réflexion font diverger Marcel RONCAYOLO et Bruno FORTIER, au terme de leur parcours intellectuel et géographique.
Bruno FORTIER vient à Marseille, pour Euroméditerranée après un Atlas penché sur l’amour de la capitale et un premier projet qui réinterprète la mémoire de l’eau à Nantes.
Pendant ce temps, Marcel RONCAYOLO fait d’innombrables allers et retours entre la géographie et l’histoire, et finit par avoir de plus en plus de thésards architectes. Parallèlement, il effectue aussi d’incessants voyages entre Marseille - ville de son enfance (et de nombreux travaux)- et la capitale. Résultat : il donne à «la forme des villes» une place qui n’est pas mince dans un volume de référence, l’Histoire de la France urbaine de DUBY.
On note combien l’égal intérêt, voire la passion, de l’éminent universitaire et du «Grand Prix de l’urbanisme 2002» pour l’histoire et la forme de la ville, les rapproche à partir d’une génèse intellectuelle différente : leur discipline de référence (la géographie, d’un côté, l’architecture, de l’autre) et l’échelle ou la méthode de l’approche.

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Programme 2002-2003

Mercredi 23 octobre 2002
L’habitat insoutenable et le mythe de la Ville-nature
Augustin
BERQUE
, Dir. d’études à l’EHESS
Cynthia GHORRA-GOBIN, Dir. de recherches au CNRS
Modérateur : Philippe BONNIN

Dans la vision arcadienne, il est justifié de quitter la ville pour la campagne. Or, si une telle façon de voir appartient à un courant déterminé de l'histoire, elle a beaucoup en commun avec l'idéologie dominante aujourd'hui en matière d'habitat aux Etats-Unis et, autour de là, dans tous les pays que ce phare de la civilisation contemporaine maintient dans son rayon. Elle y a même engendré ce qu'on appelle e-urbanization : l'idéologie concrète selon laquelle l'usage de l'internet va permettre un desserrement final de l'habitat, chacun pouvant désormais se libérer des contraintes urbaines. Plus que jamais interactif, mais en pleine nature !

Mercredi 20 novembre 2002
Architectures spontanées
Colette PETONNET et Catherine FORET
Modérateur : Agnès DEBOULET

Mercredi 18 décembre 2002
Paysage et usage de la rue parisienne
Antoine GRUMBACH, architecte, urbaniste
professeur à l’Ecole d’Architecture de Paris-Belleville
Eric CHARMES, sociologue, urbaniste, chercheur au LTMU
Modérateur : Jean-Michel LEGER

La réhabilitation de la rue comme paysage constitutif de l’urbanité parisienne est désormais acquise, en plus de la fonction qu’elle a toujours assurée dans la mobilité. Cette réhabilitation a une histoire et des acteurs. A. Grumbach est l’un d’entre eux, militant dès le début des années 70 pour un retour à la rue qui participerait d’un art de la mémoire collective : il recommandait de réparer la ville plutôt que de la reconstruire. L’aménagement du secteur des rues de la Mare et des Cascades (fin des années 70) est à ce titre exemplaire d’une démarche qui a fait école, fondée sur une étude approfondie du tissu urbain, préalable à l’engagement d’opérations de réparations urbaines, poursuivies ici sur vingt années.
C’est le même secteur qu’étudie E. Charmes, ingénieur devenu sociologue, qui se préoccupe de savoir comment les interventions urbaines sont reçues par les habitants riverains. Homogénéité ou hétérogénéité, continuité ou rupture, sociabilité ou intimité : peut-on parler d’une doctrine paysagère parisienne ? Celle-ci est-elle partagée ou discutée par les habitants ? Qu’en est-il du lien social, au cœur du retour à la rue mis en avant par les paysagistes ?
Dans cette séance, il ne s’agira pas tant de confronter l’architecte et l’évaluateur que d’échanger sur les notions portées par le nouvel urbanisme parisien et par les usagers de la rue.

Mercredi 22 janvier 2003
Ces Cités
Clément-Noël DOUADY, Architecte-urbaniste
Philippe BATAILLE, architecte, Dir. De l’EA de Nantes
Modérateur : Daniel PINSON

Clément-Noël DOUADY, opérateur de terrain, présentera, à partir de l'exemple de son opération de PERSAN ("Place de la Rencontre"), quelques axes désormais classiques d'intervention sur les cités "sensibles" : restructuration, désenclavement, résidentialisation, participation des habitants...
Mais, compte tenu des difficultés rencontrées, il s'interroge – et interroge la recherche : Comment en est-on arrivé là ?
Les textes fondateurs du Mouvement Moderne (ou courant progressiste) préfiguraient-ils les grands ensembles ? La réponse spatiale garde-t-elle un sens sans réponse sociale
correspondante ? Le coût du vandalisme ne serait-il pas mieux employé au dialogue ?
Quoi qu'il en soit, il tire déjà de son expériences quelques recommandations pratiques pour des interventions de ce type.
Questions que relèvera Philippe BATAILLE, et auxquelles il tentera d’apporter également des éléments de réponse à partir de son travail de thèse sur la construction des grands-ensembles de l’après-guerre.

Mercredi 26 février 2003
Jardins (2) les métiers : architecte et paysagiste
Isabelle AURICOSTE, Paysagiste, Gd. Prix du paysage 2000
Patrick BAGGIO, Architecte
Modérateur : Maïté CLAVEL

Le travail du paysagiste s’apparente-t-il au travail de l’architecte ? Les deux aménagent et créent des espaces qu’ils veulent beaux pour des habitants, des promeneurs. En ville, l’esthétique de ces espaces, volumes et parcours, est censée contribuer à son urbanité.
Ce qui les distingue, c’est le rapport aux matériaux employés pour la réalisation des projets architecturaux ou des jardins : artificiels pour l’architecte, naturels pour le paysagiste ; c’est le rapport au temps, le temps linéaire, fini, de l’architecture, le temps cyclique et progressif des plantations ; c’est aussi le “ sérieux ” de l’utilitaire et du symbolique, abriter (les gens, les fonctions sociales), symboliser (les monuments, les fonctions de représentation) dévolu à l’architecte, tandis que le loisir, l’ambiance, reviendraient au paysagiste chargé des espaces de la détente , du repos et du rêve.
Au delà des stéréotypes, comment ces professionnels de l’espace parlent-ils de leur métier ?

Mercredi 12 mars 2003
De l’anthropologue à l’architecte : une rencontre ?
la dalle des Olympiades/les Twin Towers
Anne RAULIN, Anthropologue (Laboratoire d'Anthropologie Urbaine, CNRS), Maître de conférences Paris-V
Augustin CORNET, architecte
Modératrice : Roselyne de VILLANOVA

La construction des tours - et leur destruction - est une question d'actualité sur laquelle l'anthropologue et l'architecte sont amenés à réfléchir. Leur symbolique joue sur au moins deux registres :
- l'un s'inscrit dans le banal, le quotidien, et adopte des projets à tours multiples le plus souvent associés aux barres, voire aux dalles, qui sont investis par des populations de résidents et de consommateurs, ayant vocation d'acteurs ou de spectateurs de l'espace urbain.
- l'autre définit un registre emblématique, de prestige, à tour "unique", donnant à une ville son image ou son sens global, traduisant une époque.
Correspondant à ces deux registres, seront présentés deux cas de figures : le premier - la Dalle des Olympiades à Paris - reflète un terrain d'investigation commun à Anne Raulin et à Augustin Cornet. Le deuxième est synonyme d'événement historique majeur et tragique : on évoque ici le World Trade Center, son passé, son effondrement, et les projets de reconstruction. Ces derniers permettent de s'interroger sur les symboliques contemporaines dans leurs rapports avec l'histoire, la mythologie et le futur.

Mercredi 23 avril 2003
Architectures d’images/Images d’architecture
Dialogues des textes et des images…
(ou) Décrire/transcrire
(ou) Regards sur le regard…
(ou***) Le dessein du regard
(ou***) La construction du regard
Roland RECHT, historien, professeur au Collège de France (chaire d’histoire de l’art
européen médiéval et moderne)
Olivier LUMBROSO
Modérateur : Rainier HODDE

Comment se construit le regard ? Et comment le regard construit-il la réalité ? Quel rapport y a-t-il entre le sensible et l’intelligible, entre l’image et la description, entre l’imaginaire et le documentaire ? Ces questions se situent au croisement des travaux sur la conception et de la réception de l’architecture, mais aussi de la pédagogie du projet. La position particulière de l’architecture, à la fois expérience familière et enjeu artistique, mais aussi projet avant d’être réalité, ne simplifie rien.
A moins d’engager un salutaire ou salvateur décentrement. Par exemple du côté de l’historien de l’art Roland Recht qui interroge le va et vient entre l’énoncé des intentions, la matérialité des chefs d’œuvre et la pluralité des descriptions. Ou encore du côté du critique littéraire Olivier Lumbroso qui prend les croquis de l’écrivain pour piéger le regard qu’il porte sur un espace avant d’en faire matière littéraire, décor ou le personnage de roman.
A travers leur témoignage, le dialogue s’établit entre nous et les œuvres, et entre le prescrit, le décrit et le matériel.

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Programme 2001-2002

Mardi 16 octobre 2001
Espace et temps du savoir architectural Histoire et Anthropologie
Marion SEGAUD, David BIGELMAN
Modérateur : Philippe BONNIN

Mardi 20 novembre 2001 (ou 21 mai 2002)
Décrire l'architecture : le film
Richard COPPANS, Stan NEUMANN
Modérateurs : Jean-Michel LEGER et Rainier HODDE
Séance annulée


Mardi 18 décembre 2001
L'humanité des productions techniques
Michel CALLON, Jean-Yves TOUSSAINT
Modérateur : Daniel PINSON


Mardi 15 janvier 2002
La production de la ville du XIXe : public et privé, forme et hygiène
Annie TERADE, Roger-Henri GUERRAND
Modérateur : Philippe BONNIN

Mercredi 13 février 2002
Le jardin, dans la ville, de la ville ou " ailleurs " ?
Isabelle AURICOSTE, Françoise DUBOST
Modérateur : Maïté CLAVEL

Mardi 19 mars 2002
Métissages III : Métissages et Architecture
François LAPLANTINE, Arnaud LE BRUSCQ
Modérateur : Roselyne de VILLANOVA

Mardi 9 Avril 2002
L'architecture et la ville Chinoise
Harald HOYEM, Jean-Paul LOUBES
Modérateur : Nathalie LANCRET

 

Mardi 21 mai 2002
Architecture et sociologie : la querelle sur l’urbain
Henri Raymond, sociologue, professeur émérite
Christian Devillers, architecte, urbaniste
Modérateurs : Jean-Michel Léger et Rainier Hoddé

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Résumés des séances

- Espace et temps du savoir architectural Histoire et Anthropologie

Intervenants : Marion SEGAUD Anthropologue, Professeur Université du littoral à Dunkerque
David BIGELMAN Architecte et Historien, Professeur à l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville
Modérateur : Philippe BONNIN

Longtemps l'architecture, comme corps de connaissances, s'est claquemurée dans un superbe isolement, dans sa tour d'ivoire disait-on, s'y croyant à l'abri des grands mouvements de la connaissance, des renouvellements et révolutions qui traversaient toutes les autres disciplines universitaires. Non que l'architecture fut un lieu stérile conceptuellement, puisque des notions aussi fécondes que celles de structure, d'échelle, de fonction (voire également le travail sur les notions de type et de forme), se sont développées en son sein.
Il nous semble aujourd'hui que l'histoire et l'anthropologie de l'espace sont les deux points solides, les deux noyaux de symbiose entre les sciences de l'homme et de la société avec l'architecture, de par la convergence des regards, des questions, des objets. Prendre la mesure de la question de l'architecture dans son extension temporelle (histoire récente et ancienne, archéologique même), autant que spatiale (géographique et culturelle), n'est-elle pas la condition première à la construction solide d'un savoir ? Comment cette aventure s'est-elle déroulée durant les précédentes décennies ? Dans quelles directions entrevoit-on les développements ultérieurs ?

 

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Décrire l'architecture : le film

Intervenants : Richard COPPANS réalisateur
Stan NEUMANN réalisateur
Modérateurs : Jean-Michel LEGER et Rainier HODDE

Comment décrire l'architecture ? Comment à la fois convoquer un bâtiment et évoquer une expérience ? Comment donner à voir et à comprendre jusqu'à rendre intelligible et familier ? A ces questions, les uns répondent par les mots, certains livrent leurs dessins et d'autres filment. Richard Coppans et Stan Neumann sont de ces derniers. Derrière les images que nous verrons parce qu'ils les ont retenues, quelles questions se posent-ils face à un bâtiment qui se dérobe, quelles histoires inventent-ils avant et pendant le tournage, quelles maquettes font-ils réaliser pour retrouver les chemins de la conception, quels choix font-ils à leur table de montage ? En quoi le cinéma impose-t-il une dramaturgie qui lui est propre ?
Finalement, Richard Coppans et Stan Neumann nous montrent que décrire l'architecture, c'est aussi construire.

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L'humanité des productions techniques

Intervenants : Michel CALLON Professeur à l'Ecole des Mines de Paris
Jean-Yves TOUSSAINT Maître de conférences à l'INSA de Lyon
Modérateur : Daniel PINSON

La conception et la production des objets techniques, comme la formation des ingénieurs, souvent des architectes, a été dominée par des objectifs de performances qui s'attachaient à des finalités étroites, pas toujours attentives à l'ensemble de leurs implications externes. D'une certaine manière le mythe de pureté couvrant la science et la technique modernes mettait cette production d'objets, qui servait pourtant des attentes humaines, et dès le moment où elle appliquait les découvertes scientifiques, hors de portée de la critique, sous l'emprise de la fascination. C'était sans doute oublier la part d'humanité que porte toute construction de savoir y compris dans le champ des sciences de la nature et des produits techniques qui en dérivent. De quelle manière repense-t-on les productions techniques aujourd'hui ? La prise de conscience plus aiguë de la part humaine de leur production aide-t-elle à les rendre techniquement plus humaines ?

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La production de la ville du XIXe : public et privé, forme et hygiène

Intervenants : Annie TERADE Docteur en Urbanisme et Aménagement, IPRAUS
Roger-Henri GUERRAND Historien, Professeur Emerite
Modérateur : Philippe BONNIN

L'image qui domine notre idée de ville, image prégnante d'une ville " durable ", vivable, agréable au piéton, au passant, au voyageur autant qu'à l'homme actif, s'est en fait forgée sur notre expérience de Paris. Or le visage qu'elle nous présente aujourd'hui a été peint pour l'essentiel au XIXe siècle, le passé plus ancien n'y demeurant qu'à l'état de traces, et les égratignures de la modernité n'effaçant pas les traits de l'ensemble.
Mais une ville, c'est à la fois une forme qu'on a volontairement construite (tracé de voies et d'îlots, de lotissements et de passages), selon des règles où dialoguent l'architecture et l'urbanisme. C'est aussi une manière de vivre ensemble dans un espace restreint, civil et urbain, pourvu des commodités dont nous ne saurions nous passer aujourd'hui. La conquête de l'hygiène, qui en est le centre de gravité, avec la création de nos manières de toilette autant que des réseaux d'égouts, est sous-jacente à cette ville.

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Le jardin, dans la ville, de la ville ou " ailleurs " ?

Intervenants : Isabelle AURICOSTE Paysagiste
Françoise DUBOST Sociologue, Directeur de Recherches au CNRS
Modérateur : Maïté CLAVEL

Le jardin urbain, espace public, ouvert, est pensé, composé, comme tout autre lieu urbain. Le choix et la mise en place des objets, des végétaux, des circulations, des différents équipements, sont le travail de professionnels de l'organisation de l'espace. Dans le même temps, le jardin s'oppose à la minéralité de la ville, à ses lignes simples, à sa fonctionnalité. Les plantes sont choisies et assemblées en fonction du sol, du climat, de leurs qualités propres, les volumes, les couleurs, les formes sont juxtaposés en vue de créer un décor et une ambiance, un plaisir esthétique.
Dans la ville d'aujourd'hui, dans les pays riches, le jardin relève-t-il de la panoplie de l'urbaniste (l'espace vert hygiénique, reposant, voire pacificateur) ? Et quelle est alors la part du paysagiste ? Ou bien le jardin, comme le bâtiment, est-il quelque chose comme une oeuvre, un travail de l'imagination ? Et en ce cas, comment est-il pensé en relation avec la ville, le quartier, les citadins ?
Qu'est-ce qu'un jardin urbain aujourd'hui pour les spécialistes de l'espace, pour ceux qui le créent ?

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Métissages III : Métissages et Architecture

Intervenants : François LAPLANTINE Anthropologue, Professeur
Arnaud LE BRUSQ Docteur en histoire de l'art
Modérateur : Roselyne de VILLANOVA

Faisant suite aux deux séances consacrées l'an passé à la question des métissages dans l'architecture, à partir des terrains vietnamiens, coréens, et des pays lusophones, nous interrogerons simultanément cette fois-ci les concepts et le terrain : l'architecture hybride de Hanoï, sur laquelle Arnaud Le Brusq a publié un ouvrage récent, et la notion même de métissage à laquelle François Laplantine et Alexis Nouss ont consacré un dictionnaire.
Nous reprendrons donc les questions posées l'an passé, qui ont suscité une vive discussion, et que nous formulions ainsi : la circulation des influences entre architecture académique et architecture populaire, comme entre dominant (colonial par exemple) et minorisé, est généralement considérée dans un seul sens, celle du savant vers le mineur, sans réciprocité. Les historiens de l'architecture ont montré la réalité du va et vient pour certaines époques de l'architecture, de la culture, des œuvres artistiques ou littéraire, comme ils ont montré que la création d'une œuvre pouvait être issue de l'influence d'un modèle mineur sur un modèle dominant et de l'imbrication entre les deux, selon un processus d'allers retours et d'itérations.

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L'architecture et la ville Chinoise

Intervenants : Harald HØYEM Architecte, Professeur à l'Université de Trondheim (Norvège)
Jean-Paul LOUBES, Architecte, Professeur à l'Ecole d'Architecture de Bordeaux
Modérateur : Nathalie LANCRET

La ville de Xi'an (l'ancienne Chang'an) a servi de modèle idéal à de nombreuses villes de par le monde chinois et extérieur à l'empire, entre autres aux capitales Japonaises successives, Heyan Kyô, Fujiwara Kyô, et Kyôto. Ce modèle organise non seulement l'espace de la cité comme une cosmologie et une structuration sociale et politique, comme l'ont bien montré les nombreuses études qui ont suivi Granet. Mais la ville, en perdurant, s'est considérablement modifié, et présente aujourd'hui un visage tout autre. Tout autre aussi les rapports entre ses différentes composantes, en particulier celles manifestées par les limites et articulations public/privé.
Enfin, Xi'an représente l'avancée extrême de l'Islam vers l'orient. Le quartier de la mosquée y représente un cas particulier d'évolution, de transformations, de rénovations. Alors que les bulldozers gomment allègrement les quartiers chinois traditionnels l'un après l'autre, ils s'arrêtent à la limite du quartier musulman, lequel se rénove et évolue selon son propre processus.

Architecture et sociologie : la querelle sur l’urbain

Intervenants : Henri Raymond, sociologue, professeur émérite
Christian Devillers, architecte, urbaniste
Modérateurs : Jean-Michel Léger et Rainier Hoddé

La parution de l’ouvrage de Jean-Marc Stébé consacré à l’œuvre d’Henri Raymond est l’occasion de retrouver celui-ci dans une discussion avec l’un de ses anciens élèves, Christian Devillers.
Henri Raymond, fondateur avec Henri Lefebvre d’un des courants les plus féconds de la sociologie urbaine française, échangera avec Christian Devillers, architecte-urbaniste, mais aussi chercheur, critique, et désormais reconnu comme l’un des premiers experts et praticien du « projet urbain ».
Sur cette problématique largement débattue, l’un et l’autre engageront leur pensée critique en se demandant si une réconciliation entre le politique, les cultures urbaines et les savoirs professionnels est encore possible.

 

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Le thème du séminaire

Coordination : Philippe Bonnin
Equipe organisatrice : Philippe Bonnin (CR CNRS), Maïté Clavel (M.C. Paris-X), Rainier Hoddé (M.C. E.A. Défense), Nathalie Lancret (C.R. CNRS), Jean-Michel Léger (CNRS-IPRAUS), Eliane Nicolino (CNRS-IPRAUS), Daniel Pinson (Prof. Univ. Aix), Christelle Robin (M.C. E.A. de la Villette), Roselyne de Villanova (Paris-X-IPRAUS).


Tant au sein des laboratoires fréquentés que du milieu de la recherche architecturale, nous a semblé émerger le sentiment du manque d'un lieu d'exposition et de confrontation de la recherche, à l'interface de l'architecture et des sciences de l'homme et de la société, de la socio-anthropologie de l'espace particulièrement. Nous avons donc élaboré ce séminaire collectif de recherche, qui vient remplir un vide tant dans la confrontation publique des recherches que dans leur transmission aux jeunes chercheurs.
L'esprit du séminaire est celui d'un forum : des séances thématiques s'appuient sur la production actuelle de recherches, sur les ouvrages publiés, les contrats et thèses réalisés récemment. Le séminaire examine les concepts, les méthodes et les terrains développés dans ces travaux.
Chaque séance (14h-17h ; en principe le 3è Mardi de chaque mois à l'IPRAUS) groupe 2 interventions sur un thème commun, de 3/4 d'heure environ chacune, suivies de débats. Les travaux antérieurs des intervenants sont diffusés (bibliographie) et leurs ouvrages exposés.
Le séminaire est une action prioritaire du laboratoire. Il bénéficie également du soutien Bureau de la recherche architecturale (DAPAU), du GIS réseau Socio-économie de l'Habitat du CNRS, et du PUCA.

La publication d'une synthèse des discussions théoriques centrales du séminaire, ainsi que des principales contributions est en cours de préparation, et devrait donner lieu à la parution d'un Cahier de l'IPRAUS à échéance d'une ou deux années.

Un champ de questionnement

Si l'architecture fut jadis l'art " total ", c'était il y a bientôt mille ans. Gardons-en fierté et intérêt, mais nulle nostalgie qui nous aveuglerait sur la réalité contemporaine.
Et nous gardant des carcans dogmatiques et idéologiques, il nous faut aujourd'hui comprendre comment, au probable tournant d'une ère, nos sociétés produisent leurs lieux, en créent de nouveaux et réinterprètent ceux dont elles héritent, les agencent et les distribuent en des configurations signifiantes, leur donnent forme d'usage et esthétique architecturale, à toutes les échelles où s'exerce la pratique sociale. Comment elles enjoignent aux acteurs de les concevoir et de les réaliser, d'en user et de les occuper, de les habiter et d'en jouir. Parmi d'autres objets, l'habitation, le quartier, le village ou les villes nous renvoient sans cesse les questions qu'on avait trop vite cru résolues : celles de leur identité même, de leur forme, de leur structure, de leur fonctionnement, de leur usage, de leur poétique de leur esthétique.
Les approches " massives ", celles qui tentent d'aborder les grands nombres et qui paraissent congruentes à l'énormité des mégapoles, nous donnent une image certes précieuse, mais lointaine, aux échelles vastes. Visions de Sirius, elles fascinent et impressionnent. Mais elles manquent alors parfois de capacité critique sur leur propre artefact. Elles sont souvent aveugles sur l'échelle modeste, sur le mode mineur de la réalité dans lequel citoyens, habitants et usagers appréhendent quotidiennement l'espace qui est le leur. Les patientes et minutieuses observations de l'ethnologie ou de l'anthropologie sociale, comme disciplines ou comme méthodes, y remédient heureusement, mais à échelle " micro ".
Ces sciences de l'Homme et de la Société se sont efforcées depuis quelques décennies d'apporter leurs éclairages aux faits topologiques, aux faits d'espace, de territoire, de forme. La connaissance des modes d'habiter est aujourd'hui un peu moins lacunaire. Ce n'est pourtant pas dire que ces connaissances se retranscrivent ou s'intègrent aisément au savoir-faire de la conception, qui fusionne d'autres logiques. Peu de concepts, à l'instar de la " typologie " ou de " l'échelle ", se sont répercutés en architecture. Cette discipline, qui fit pourtant naître la première la notion de " structure ", s'est comme murée quelque temps dans un superbe isolement. Quoi que l'époque des " utopistes démiurges " soit aujourd'hui révolue, en principe, le discours de la critique architecturale et celui des habitants paraissent encore s'ignorer, évoluer dans des mondes parallèles. La société juge pourtant l'architecture à sa capacité de répondre à la demande habitante, à respecter ses usages, les modes d'habiter conventionnels, quand bien même ils sont complexes, divers, et en perpétuelle évolution. Mais l'architecture est simultanément la production d'un bien culturel, dans ses dimensions esthétiques et émotionnelles.
Valeur esthétique et valeur d'usage, logique habitante et logique d'action, raison pratique et raisons politique, économique, technique ou artistique doivent être confrontées, de manière approfondie. C'est à cette articulation que nous voulons consacrer les travaux de ce séminaire.


Année 2000-2001

Séance inaugurale 21 novembre 2000
Architecture et anthropologie : problématique de la culture spatiale
Christelle ROBIN, Pierre CLEMENT
Modérateur : Philippe BONNIN

Les premières sciences sociales invitées à intervenir dans les enseignements des écoles d'architectures ont été la sociologie, l'économie, la géographie urbaine... dans une perspective plus pragmatique ( éclairer la question de "la production du "cadre bâti") qu'épistémologique (éclairer la question de la "nature " de cet objet -muet comme le rappelait Jean-Charles Depaule- qu'est l'espace architecturé).
Quelques enseignants et chercheurs, confrontés à des terrains éloignés des cultures occidentales ont mis en évidence la diversité des lectures, des découpages, des référents,... des espaces architecturaux, quand il s'agit de chercher à le construire comme objet de connaissance. Ils rencontraient ainsi les préoccupations d'un champ disciplinaire émergeant: l'anthropologie de l'espace.
Cette séance tentera - à partir des expériences de terrain, des pratiques pédagogiques, ou des axes de recherche explorés à cette occasion, - de " faire le point" des avancées - ou des questions restées en souffrance -structurant la compréhension des dynamiques de la culture spatiale (entendue comme champ similaire à celui de la "culture matérielle").

19 décembre 2000
La ville mise en scène
Claudie BALAVOINE,
Henri RAYMOND
Modérateurs : Jean Michel LEGER et Rainier HODDE

Comment l'architecture nous parle-t-elle ? Les travaux de Claudie Balavoine sur les façades peintes par Hans Holbein au début du XVIe siècle, à Bâle, centre de diffusion humaniste, et les recherches d'Henri Raymond et Liliane Dufour sur la reconstruction des villes de Sicile orientale après le tremblement de terre de 1693, aident à explorer cette question récurrente, actuelle mais confuse.
Dans les deux cas, un territoire limité et une temporalité réduite renvoient à un système social et esthétique que l'on peut considérer comme stable, en particulier sous l'angle de la relation commanditaire / public recevant l'œuvre : deux corpus homogènes qui permettent d'explorer les modalités du dialogue en architecture.
Il reste que leurs méthodes sont différentes. H. Raymond et L. Dufour se penchent sur la lecture des stratégies urbanistiques et des codes architecturaux afin de reconstituer l'engendrement de l'architecture et sa présentation dans la ville. C. Balavoine développe une approche iconologique où l'architecture devient support qui donne sens au vocabulaire emblématique d'Holbein. Dans chacune des sociétés étudiées se tisse l'accord symbolique entre espace et société, qu'il s'agisse de la place de l'individu dans la cité, des langages plastiques et urbanistiques ou de l'ancrage de la mémoire dans la société.


16 janvier 2001
Métissages : Architectures et urbanismes en Asie
Yong-Hak SHIN, Christian PEDELAHORE
Modérateur : Nathalie LANCRET

L'Asie-Pacifique, aire de longue tradition urbaine, est historiquement une zone d'échanges, un carrefour d'influence de presque toutes les grandes civilisations : la Chine, l'Inde, le monde arabe puis l'Occident avec la formation des empires coloniaux. Aussi les formes architecturales et urbaines sont-elles marquées par des phénomènes dits de métissage. A partir des terrains vietnamiens et coréens étudiés par les deux intervenants, peut-on mettre en évidence les processus d'assimilation des modèles importés dans les modes de structuration, les usages et les qualités formelles des espaces vernaculaires


27 Février 2001
Le projet architectural entre le projet de l'architecte et le projet de l'usager
Pierre RIBOULET, Jean-Pierre BOUTINET

Le projet est un concept fortement approprié par les architectes : le terme (comme la "charrette" aujourd'hui) trouve son origine dans leurs méthodes de travail, et par la suite diffuse dans toute la société. Alors que la " résolution de problèmes " des ingénieurs apportait un type de réponse embrayé sur les avancées scientifiques, l'architecture reste parcourue par un débat récurrent entre créativité et rationalité. Cette opposition stérile a finalement favorisé l'étude du processus de projet : aujourd'hui on considère volontiers que la manière de concevoir est aussi importante que le résultat, lequel n'a de sens qu'appréhendé en liaison avec la manière dont il a été pensé. Ainsi la forme péremptoire de la commande d'autrefois, qui abandonnait l'architecte à un " donneur d'ordre ", à des conventions sociales admises et aux " règles de l'art ", a tendance à être remplacée par une chaîne d'interactions plus complexes, sans rapport avec la démocratisation et l'individuation de la société, le niveau de technicité plus élevé des objets et les effets, positifs et négatifs, qui en découlent. Dans le débat proposé ici il s'agira notamment de réfléchir à cette interaction, située entre les exigences de qualité que se fixe l'architecte et la manière dont il les concilie avec les attentes des usagers, plus ou moins bien identifiées, éventuellement contradictoires.

20 mars 2001
Métissages : Architectures des pays lusophones
Peter MARK, Helder CARITA
Modérateur : Roselyne de VILLANOVA

Cette seconde séance "métissages" fait suite à celle que nous avons consacrée à l'architecture de l'Asie du Sud-Est.
La circulation des influences entre architecture académique et architecture populaire, entre dominant colonial et minorisé colonisé, est généralement considérée dans un seul sens, celle du savant vers l'ordinaire, sans réciprocité aucune. Les historiens ont pourtant montré la réalité du va et vient pour certaines époques dans l'architecture, les œuvres artistiques ou littéraires. Ils ont montré que la création d'une œuvre pouvait être issue de l'influence d'un modèle mineur sur un modèle dominant, comme de leur imbrication par un processus d'allers retours, sur un temps long.
Comment comprendre ce processus que nous appelons métissage (terme qui peut être discuté), comment comprendre le voyage des formes dans son rapport avec des contextes économiques, des contacts de cultures en situation inégalitaire ? Quels problèmes d'identité la réinterprétation successives des modèles soulève-t-elle ? Comment une production métisse change-t-elle de statut social ?
Ces questions seront traitées à travers la circulation du modèle de la maison dite portugaise, entre l'Afrique et Brésil, et de l'architecture indo-portugaise d'autre part.

4 Avril 2001
Architecture et Utopie
Jean-Louis VIOLEAU, Jean-Paul JUNGMANN
Modérateur : Maïté CLAVEL

Les rapports entre architecture et utopie sont à la fois évidents et paradoxaux.
1/ Les utopies décrivent les connexions entre la forme de la société imaginée et les formes architecturales et urbanistiques qui la constituent comme image.
2/ La méthode même de la création architecturale s'apparente à la mise en œuvre de l'imagination de l'utopiste. Le premier traduit en dessin des perceptions et des manières d'occuper l'espace, un espace en cours d'élaboration, non construit. Le second décrit les institutions, les mœurs et les espaces d'une société qui n'existe pas. Les deux font jouer des compétences, des connaissances et leur imagination. Une imagination singulière et en même temps marquée par l'imaginaire de leur époque. Cependant, l'architecte réalise ou cherche à construire, ses dessins sont des projets, tandis que l'utopiste sait que ses descriptions resteront du domaine du rêve, Ses objectifs sont d'élargir les possibles, de suggérer des alternatives à des pratiques sociales jugées inacceptables, et non de répondre à une demande. L'architecte est dans le siècle, l'utopiste .s'exerce aux " possibles latéraux " (R. Ruyer). Quelle est la part d'utopie présente dans le travail d'un architecte aujourd'hui ?


15 mai 2001
Japon : le voyage / le mirage
Fiona MEADOWS, Nicolas FIEVE
Modérateur : Philippe BONNIN

ILe Japon constitue depuis plus de cinquante ans un haut lieu de l'architecture, un point fascinant de la carte du rêve architectural. Fermé au monde pendant près de trois siècle, ce pays au nom inconnu, mythique, de Cipango, entretenait le mystère. Après sa redécouverte et la vague de japonisme de la fin du XIXe et début XXe, mais dont la dimension architecturale est plutôt anecdotique, de l'ordre des " chinoiseries ", il faut en fait attendre le travail de Bruno TAUT (1937) sur le palais détaché de Katsura (Katsura Rykyu), pour découvrir réellement l'esprit de l'architecture japonaise ancienne, aux accents singulièrement modernes à nos yeux occidentaux. Découverte pour nous, et redécouverte pour les Japonais eux-mêmes. Cependant, ce n'est qu'avec le livre de Masuda (1969) que les élèves en architecture peuvent réellement prendre connaissance de cette architecture, celle des palais, sanctuaires, temples et pagodes essentiellement. Mais aussi l'espace si particulier des jardins zen secs karesansui. Encore, leurs auteurs (Muso Sôseki, Sen no Rykyu… nous demeurent-ils largement inconnus). Mais ce même Masuda (professeur à Kyôdai) est l'initiateur d'un échange régulier de jeunes architectes entre nos deux pays, poursuivi 30 années durant par KATO, dont N. Fiévé et F. Meadows ont été les bénéficiaires.
Il faudra attendre l'ouvrage d'Augustin Berque pour comprendre un peu plus l'esprit de cette architecture, que l'exposition sur le MA, en 1974, s'était évertuée à opacifier ; puis la thèse de N. Fiévé (1996), premier ouvrage scientifique de langue française sur l'architecture du moyen-âge japonais. (après celle de J. Pezeu-Massabuau sur la maison vernaculaire, en 1981).
Déjà, à la suite de Tange Kenzo et des disciples Japonais de Le Corbusier, mais surtout avec l'explosion économique du Japon des années 70, le Japon était devenu la mecque de l'architecture contemporaine, prenant la suite de l'Helvétie d'après-guerre. (tant par les architectes du pays que par les occidentaux invités).
Les questions qu'on aimerait se poser ne sont pas même aisées à formuler :
- peut-on analyser cette fascination des architectes européens pour l'esthétique japonaise, cette projection de modernité sur une architecture vieille de plusieurs siècles ?
- qu'en est-il des valeurs sophistiquées de dépouillement qui fondent cette esthétique, lues dans une culture totalement étrangère à la nôtre ?
- qu'en est-il de la notion occidentale d'œuvre architecturale dans une mégapole Tôkyôite où les architectes occidentaux ne sont invités à intervenir que parce qu'ils sont à la dernière mode, sont susceptibles de provoquer des effets d'engouement, mais où leurs bâtiments sont abandonnés ou démolis trois ans après ?
- Qu'en est-il de notre vision de l'architecture japonaise dans un pays peuplé de pavillons de banlieue, où l'architecture contemporaine est à peu près aussi rare et inconnue que dans les campagnes françaises.

Année 2000

Séance inaugurale : 14 mars 2000.
La recherche face à l'architecture et à la socio-anthropologie de l'espace
Philippe BOUDON, Jean-Charles DEPAULE
Modérateur : Philippe BONNIN

S'il ne fait pas de doute que l'architecture se pratique (en tant que concepteur, usager, commentateur, etc.), la construction de ses lectures théoriques semble plus problématique et renvoie autant à la manière de s'y prendre qu'aux questions à (se) poser. C'est autour de ces aspects que Philippe BOUDON et Jean-Charles DEPAULE sont invités à présenter leurs derniers travaux, en développant la façon dont, pour chacun, la philosophie, la linguistique ou la sociologie fécondent, voire fondent une lecture théorique de l'architecture.


18 avril 2000.
Compétences habitantes, compétences savantes
Agnès DEBOULET, Colette VALLAT
Modérateur : Jean-Michel LEGER

Comment se manifestent les compétences urbanistiques des habitants — Les citadins ordinaires sont à l'origine d'un nombre très important de tracés et d'unités urbaines dans les villes du monde méditerranéen. Au Caire, ces sites sont urbanisés, parfois sans trame parcellaire préexistante, par une action d'occupation à la base, une invasion foncière ; à Rome, c'est la parcellisation agricole de la campagne romaine qui a favorisé l'urbanisation irrégulière des zones délaissées. Ce type de quartiers se prête à une observation en profondeur des modalités de production matérielle et immatérielle de la ville. On évoquera enfin les lotissements clandestins à Lisbonne et Istanbul, ainsi que l'ossification d'un certain caravaning sur le littoral français.

16 mai 2000.
Logiques spatiales, raisons sociales
Christian MOLEY, Daniel PINSON
Modérateurs : Rainier HODDE et Jean-Michel LEGER

Christian MOLEY et Daniel PINSON, dont la formation architecturale initiale s'est ouverte aux sciences sociales, inverseront l'intitulé original du séminaire et discuteront des " logiques spatiales et des raisons sociales ". En complément des historiens et des sociologues qui pèsent le poids historique des déterminations sociales, Christian MOLEY avance la thèse d'une autonomie relative de la culture architecturale, dont les logiques propres sont peu étudiées. Daniel PINSON ré-interroge quant à lui les liens entre morphologie sociale et morphologie spatiale : au-delà du débat sur le déterminisme spatial, la dimension spatiale et la dimension sociale n'entretiennent-elles pas un rapport inégal, indirect, décalé ?


13 juin 2000
L'architecture rurale est-elle toujours le laboratoire de l'habitat populaire ?
Isabel RAPOSO, Michel RAUTENBERG
Modérateur : Philippe BONNIN

L'architecture rurale a émergé comme question avec l'enquête des "maisons-types" de la fin du XIXe siècle (De Foville), question systématisée avec l'École géographique française au début du XXe siècle (Demangeon), puis généralisée en une anthropologie des architectures vernaculaires au cours de ce siècle (Leroy-Gourhan, Deffontaines, Rapoport) et spécifiée en France par le grand chantier des ATP (G.-H. Rivière). L'après-guerre, avec le paroxysme de l'exode rural, a surtout posé la question de l'urbanisation des campagnes (Rambaud, Lefebvre), à l'origine de l'apparition de nouvelles typologies et de la transformation des typologies existantes par emprunts, hybridations, diffusions. Pendant tout ce temps, l'architecture rurale a donc été un laboratoire d'observations, de relevés, de recherches conceptuelles sur la maison, sa forme architecturale, ses pratiques, son esthétique, sur l'idée même de ce qu'est l'habiter. Que peuvent nous apprendre deux des derniers travaux importants dans ce domaine : la thèse d'Isabel RAPOSO sur l'urbanisation des villages au Portugal et au Mozambique, celle de Michel RAUTENBERG sur la maison rurale des Monts du Lyonnais ?

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