Cycle de 4 tables rondes :

Publié le 2018-04-30 15:16:29

L'ENSA-PB accueillera ce cycle de quatre conférences les 15-17-24 & 31 mai à 19h30, amphi Huet.

Bien qu’un travail autour de l’architecture de l’urgence soit déjà proposé dans l’offre pédagogique de l’école nationale supérieure d'architecture de Paris Belleville (ENSA PB), l’espace de réflexion développé lors des événements culturels de l'école n’a encore jamais été pleinement occupé par les questions relatives aux migrations.

L'association Resome ENSA PB souhaite donc ouvrir le débat architectural aux problématiques de l'accueil des exilés en organisant un cycle de tables rondes au sein de l'ENSA PB. Celui permettrait d'éveiller les consciences des étudiants de l'école sur les parcours géographiques et administratifs des demandeurs d’asile, informer sur l’activité de Résome ENSA PB - construite par et pour des étudiants au sein de cette structure d’enseignement - ainsi que réinterroger la place de l’architecte, du politique, et de l’aménageur dans ces enjeux contemporains.

Ce moment proposé se veut pluridisciplinaire. Ainsi, l’objectif est de confronter et d’entrecroiser les regards et travaux sur la question migratoire, eux mêmes étudiés par des professionnels de différents horizons.

 

Le cycle sera donc composé de quatre événements tables rondes :

  • La première table ronde du cycle « Exils et migrations, accueillir en France » a lieu demain mardi 15 mai à 19h30 à l’École Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-Belleville en amphithéâtre Bernard Huet.

    Lors de ce premier événement « Parcours et réalités, du politique au demandeur d'asile», Camille Gardesse établira un panorama et une cartographie des flux migratoires en Europe. Cet exposé sera suivi par une présentation d'Emmanuel Blanchard sur les politiques migratoires en termes de stratégies et d’interventions publiques et en termes de système d’acteurs à l’échelle internationale, européenne et nationale. Nous conclurons ce premier temps par une intervention de Marc Kieny qui insistera sur les modalités administratives de la demande d'asile. Sa réflexion sera fondée sur les actions de terrain de la Cimade.

    Un débat modéré par Marie Poinsot constituera le deuxième temps de cet événement. Nous aborderons ici, entre autre, la question de la mobilisation civile et de la visibilité ou l’invisibilité de la migration dans l'espace urbain.

     

    Camille Gardesse

    Camille Gardesse est sociologue et urbaniste, maître de conférences à l'Institut d'Urbanisme de Paris. Elle a tout d'abord étudié la sociologie des migrations et des relations interethniques en situations urbaines ainsi que l’histoire des faits migratoires et des politiques de gestion de l’immigration en France. Elle a ensuite travaillé au cours de sa thèse sur l'implication des habitants dans les projets d’urbanisme. Après avoir étudié les modalités de gouvernance à l’œuvre dans des projets de développement territorial en Ile-de-France et en Europe, elle s’est intéressée aux conditions et aux inégalités d'accès des populations concernées par les politiques et projets urbains dans les dispositifs participatifs.http://www.laburba.fr/gardesse-camille/

    Emmanuel Blanchard

    Emmanuel Blanchard est maître de conférences à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), il préside le réseau militant euro-africain Migreurop (www.migreurop.org). Il est notamment l’auteur d'une Histoire de l'immigration algérienne en France (La Découverte, 2018).https://www.sciencespo-saintgermainenlaye.fr/recherche/enseignants-chercheurs/emmanuel-blanchard/

     Marc Kieny

    Marc Kieny, après un parcours professionnel dans le monde de l’édition, de l’agro-alimentaire et du droit communautaire, s’est investi dans le bénévolat à La Cimade. Intervenant en rétention, puis en permanence juridique, il a présidé le groupe local Cimade Val d’Oise est est actuellement président du conseil régional Ile de France/Champagne/Ardennes de la Cimade.

     Marie Poinsot (modératrice)

    Diplômée de sciences Po Paris et titulaire d'un doctorat en Sciences politiques, elle a mené une recherche post-doctorat (1992-94) sur les archives des migrants à Ellis Island, puis elle a travaillé 15 ans dans l’Agence du développement des relations interculturelles et depuis 2007 au Musée national de l'histoire de l'immigration comme rédactrice en chef de la revue Hommes et Migrations et cheffe du département des éditions. Elle a coordonné avec Serge Weber un état des savoirs sur Migrations et société française (La Découverte, 2014), avec Marianne Amar et Catherine Wihtol de Wenden, A chacun ses étrangers ? France-Allemagne de 1871 à aujourd’hui (Actes Sud, 2009) et avec Nancy L. Green une Histoire de l’immigration et question coloniale en France (La Documentation française, 2008).

     

  •  Le deuxième événement du jeudi 17 mai 2018 est proposé par Mme Boccara en partenariat avec l'école des Ponts et Chaussées : “Migrants et Aménagement : l’hospitalité est-elle une chance?. Celui-ci aura pour objectif d’interroger les dynamiques d'accueil des populations migrantes envisagées par les aménageurs et les collectivités territoriales. On questionnera ainsi des politiques et des acteurs du secteur privé sur les solutions souhaitées, souhaitables et réalisables pour délivrer une véritable réponse urbaine à la réapparition des bidonvilles en france.

Sont pressentis pour cette table ronde :

Dorothé Boccara comme modératrice : chargée de développement territorial pour la commune du Blanc-Mesnil

Patrick Braouzec : Président de l’établissement public territorial Plaine Commune, Vice-président de la Métropole du Grand Paris.

Florian Huyghe : Chargé de mission Habitat logement à la Fondation Abbé Pierre

Cyrille Hanappe : Architecte et Ingénieur, Président de l’association Actes et Cités, directeur pédagogique du DSA risques majeurs de l’ENSA de Paris Belleville.

Marc Leclerc : Membre l’association Actes et Cités

  • Le troisième événementLieux et non lieux de l’exil” se tiendra le jeudi 24 mai 2018. Nous approcherons cette fois le sujet par l’angle de l'analyse spatiale, où nous ferons l’état des lieux visibles et occultés, occupés par les ressortissants des crises migratoires. Nous présenterons et étudierons donc les espaces de vie formels liés aux dynamiques migratoires ( les Centre de Rétention Administratifs, les Centres d’Hébergement d’Urgence, les Centre d'Accueil pour les Demandeurs d’Asile, etc ) tout comme les espaces de vie informels ( les camps spontanées dans l’espace public, les occupations temporaires dans certains bâtiments, etc ).

Résome ENSAPB



Isabelle Coutant

Isabelle Coutant est sociologue à l’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux – CNRS ; UMR 8156, U997). Elle travaille sur la précarisation des classes populaires, au croisement de la sociologie urbaine, de la sociologie des institutions et de la sociologie de l’immigration. Ses recherches reposent sur des enquêtes ethnographiques menées en région parisienne. Elle est l’auteur de Politiques du squat. Scènes de la vie d’un quartier populaire (La Dispute, 2000), Délit de jeunesse (La Découverte, 2005), Troubles en psychiatrie (La Dispute, 2012) et Des migrants en bas de chez soi (Le Seuil, 2018).

http://iris.ehess.fr/index.php?398

 

Myr Muratet

Myr Muratet est photographe. Il réalise depuis une dizaine d’années un travail artistique et documentaire sur le nord est parisien, où il s’attache à restituer la nature des espaces délaissés, des personnes qui les occupent ou les habitent mais des différents dispositifs mis en œuvre pour contrôler ces espaces et en limiter l’accès.

http://www.myrmuratet.com

 

Sarah Mekdjian

Enseignante-chercheuse à l'Université Grenoble Alpes (département de géographie sociale) et au laboratoire PACTE, Sarah Mekdjian tente d'élaborer une pensée et des situations qui puissent revérifier l’égalité des intelligences, contribuer à la mutualisation d’expériences, dénaturaliser et battre en brèche les statuts administratifs, notamment produits par les Etats-Nations. En particulier, Sarah Mekdjian co-travaille à des contre-cartographies, des écritures relationnelles, des protocoles artivistes -entre art, sciences sociales, activisme-.

 

Capucine Velay

Diplômée en 2015 de l'ENSA Paris-Malaquais avec un projet de logement très social, son engagement autour du mal-logement a évolué, passant de projets universitaires à un poste de chargée d'opérations chez EMMAÜS Solidarité, avec des missions de maîtrise d'ouvrage et d'assistance à maîtrise d'usage.

Avec

Philippe Simay (modérateur)

Philippe Simay est maître de conférences en philosophie à l'ENSAPB.Il est également membre de l'Ipraus et co-fondateur de la revue Métropolitiques.

 

Cette quatrième et dernière table ronde, "L'architecte et l'accueil des migrants : entre engagement et formes d'actions" s'articulera autour de trois questionnements principaux.

 • Qu'est-ce qu'une architecture d'accueil dans un contexte où les objectifs d'urgence de la mise à l'abri et de l'économie de la construction passent avant l'attention à l'usage et au confort? Comment concilier ces différents besoins? Quelles en sont ou seraient les expressions formelles?

 • Si la volonté d'invisibilité administrative est mise à mal par la visibilité médiatique donnée aux bidonvilles et aux centres d'hébergement, leur existence physique et inscription territoriale les expose déjà aux regards. Si "l'architecture par nature s'expose" (Pascal Amphoux), dans quelle mesure amplifier la visibilité de ces objets contribue à les intégrer dans le champs architectural et d'en faire une question architecturale? A contrario, comment éviter le risque d'une stigmatisation accrue qu'une telle visibilité apporte? Quelles seraient les alternatives formelles?

 • Comment ces questions peuvent être prises à bras le corps dans l'enseignement du projet, venir nourrir et se nourrir du travail de la recherche?

 

Modératrice :

Elisabeth Essaïan est architecte, docteure en architecture, ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, et maître de conférences à l'ENSA de Paris-Belleville. Auteure de travaux portant sur l'architecture et l'urbanisme soviétiques, elle s'est particulièrement intéressée aux relations entre l'architecte et l'acteur politique, à la fabrique urbaine et à la circulation des modèles. Co-responsable de l'action "Explorations figuratives. Nouvelles lisibilités du projet" au sein de l'UMR AUSser, elle s'intéresse aujourd'hui aux questions de représentations et communication visuelles. Elle co-dirige avec Valérie Foucher-Dufoix le séminaire "Faire avec. L'architecte et la citoyenneté".

http://www.umrausser.cnrs.fr/elisabeth-essaian

 Intervenants :

 Julien Beller est architecte, fondateur et président de l'association le 6B, friche culturelle installée dans un immeuble de bureaux désaffecté à St-Denis (2010). Ancien membre du collectif EXYZT il a réalisé plusieurs installations éphémères dans des délaissés urbains. Co-fondateur des associations No Mad's Land et AoA (2006) il a accompagné dans la constructions des familles roms et roumaines et mené un travail sur le continent africain afin de favoriser l'échange de savoir-faire constructifs. Suite à la demande de la Mairie de Paris et d'Emmaüs Solidarité, il a réalisé le premier lieu d'orientation et de mise à l'abri des réfugiés et migrants à la Porte de la Chapelle à Paris (2016-2018).

http://www.le6b.fr/author/beller

 

Valentine Guichardaz est architecte, diplômée de l’ENSA de Marseille (2008) et enseignante à l'ENSA de Paris-Belleville. Elle fonde l'atelier RITA (2016), qui développe une réflexion sur la ville résiliente et hospitalièreAprès son expérience de bénévolat pour Emmaüs (suivi de chantier, réaménagement de locaux, etc.), elle se voit confier par laMairie de Paris et Emmaüs Solidarité la commande d'un centre d'hébergement d'urgence à Ivry-sur-Seine, destiné aux familles de migrants et de Roms. Réalisé sur le site de bassins filtrants de l’ancienne usine des Eaux de Paris, ce projet a été récompensé par l'Equerre d'argent de la première œuvre (2017). Elle est également lauréate des AJAP (2018).

https://www.atelierrita.org

 

Pascale Joffroy est architecte, maître de conférences associée à l'ENSA de la Ville et des Territoire à Marne-la Vallée. Ancienne journaliste à AMC et d'A, elle a consacré plusieurs articles aux bidonvilles. Elle a co-fondé l'association Système B, comme Bidonville, qui a pour objectif de faire connaître et respecter le bidonville en France et d'œuvrer à son amélioration avec ceux qui le construisent et y vivent. Ce travail de recherche et d'action qui intervient principalement sur les bidonvilles de Seine-et-Marne, a donné lieux à divers travaux de restitution. Elle a créé en master le cours et le workshop « Bidonvilles et habitats précaires » pour mener conjointement ces interventions sur site avec les étudiants en architecture et des autres établissements du campus Descartes.

https://systemebidonville.com

 

Sébastien Thiéry est docteur en sciences politiques, maître de conférences associé à l'ENSA de Paris-Malaquais. En 2012, il fonde avec le paysagiste Gilles Clément le collectif PEROU - Pôle d'Exploration des Ressources Urbaines - qui développe des recherches-actions sur les confins de nos villes (bidonvilles, jungles, squats, refuges en tout genre) et les gestes, formes, actes d'hospitalité qui s'y inventent. Auteur de plusieurs livres et films, dont Considérant qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir. Sur l’art municipal de détruire un bidonville (post-éditions, 2013)il est en outre membre du comité éditorial de la revue Multitudes.

http://www.perou-paris.org

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Résome ENSAPB est une association étudiante ayant pour but de permettre à des personnes réfugiées de réintégrer des études d’architecture. Créée en novembre 2016, l’association possède son siège à l'École Nationale Supérieure de Paris-Belleville. L’action de Résome ENSAPB s’inscrit au sein du collectif R.E.S.O.M.E. (Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrants et Exilés) et reconnaît les principes de sa charte, notamment la non-discrimination en fonction du statut de la personne exilée. Ce programme d'accueil a déjà été développé avec succès dans d’autres établissements du supérieur, notamment l’ENS, l’ENPC, Agro Paris Tech, la Femis, l’ENSAD, l’EHESS, etc