Communiqué : Premiers doctorats en architecture par VAE

Publié le 2017-10-30 09:55:29

En 2017, cinq doctorats en architecture d'Université Paris-Est par validation des acquis de l'expérience ont été soutenus à l'ENSA de Paris-Belleville :

- Alain Dervieux, audition le 2 mai 2017

- Philippe Villien : audition le 19 juin 2017

- Laurent Salomon : audition le 5 septembre 2017 - validation le 19 octobre 2017

- Cyrille Hanappe : audition le 13 septembre 2017

- Vanessa Fernandez : audition le 14 septembre 2017

Résumés

Cyrille Hanappe

Vers la Ville Accueillante – Pour une Architecture de la Résilience
Par-delà̀ Camps et Bidonvilles, quelle Architecture de l’Accueil ? 

Référents

Jean-Paul Midant, maître-assistant en histoire, ENSA de Paris-Belleville, HDR

Pascal Lafont, Maître de conférences en sciences de l’éducation, Université Paris-Est Créteil

Jury 

- Président du jury : Mme Jodelle Zetlaoui-Léger, professeur, HDR, ENSA Paris-la Villette
- Rapporteur : Mme Laurence Févielle, maître-assistante, HDR, ENSA Paris-Val de Seine
- Rapporteur : M. Michel Lussault, professeur des universités, HDR, ENS de Lyon
- Rapporteur professionnel : M. Patrick Bouchain, architecte
- Examinateur : Mme Chris Younes, professeur émérite, HDR, École Spéciale d’architecture
- Membre permanent : Mme Micheline Barthout, maître de conférences, Université Paris-Est
- Examinateur encadrant : M. Jean-Paul Midant, maître-assistant en histoire, HDR, ENSA de Paris-Belleville

Résumé

Ce mémoire de doctorat en VAE est en deux parties : il revient d’abord sur le parcours individuel de l’architecte et enseignant Cyrille Hanappe en tant qu’architecte engagé politiquement dans la société. La deuxième partie s’intéresse à la question de la place accordée aux derniers arrivés dans les villes : roms, migrants, SDF.. Des formes architecturales et urbaines « non classiques» sont apparues pour (mal) accueillir ces gens : camps, squats, bidonvilles. Après un état de l’art sur cette question qui remonte aux années 1930, deux cas sont étudiés en particulier : Calais et Grande Synthe qui ont vu chacune deux réponses urbaines très différentes se développer sur les années 2015 et 2016. Enfin, une réflexion est proposée sur la forme que pourrait prendre une ville qui voudrait bien accueillir les personnes arrivantes.

Vanessa Fernandez

Innover pour préserver
La restauration des façades vitrées du XXème siècle (1920-1970). De l’histoire des techniques à l’analyse des pratiques

Référents
Jean-Paul Midant, Maitre de conférences en histoire, ENSA de Paris-Belleville, HDR
Pascal Lafont, Maitre de conférences en sciences de l’éducation, Université Paris-Est Créteil

Jury

- Président du jury : M. André Guillerme, Professeur émérite, historien des techniques, CNAM
- Rapporteur : M. Gilles Ragot, Professeur d’histoire de l’architecture, HDR, Université Bordeaux-Montaigne
- Rapporteur : M. Daniel Estevez, Professeur en sciences et techniques pour l’architecture, HDR, ENSA de Toulouse
- Rapporteur professionnel : Mme Barbara van Der Wee, Architecte du patrimoine, Bruxelles
- Examinateur : Mme Uta Pottgiesser, Maitre de conférences en architecture, Université d’Anvers
- Membre permanent : Mme Micheline Barthout, Maitre de conférences, Université Paris-Est
- Examinateur encadrant : M. Jean-Paul Midant, Maitre de conférences en histoire, ENSA de Paris-Belleville

Résumé
La restauration1 des édifices vitrés ou équipés de façades légères construits au milieu du XXème siècle est au centre d’un conflit qui oppose protection du patrimoine et enjeux de la rénovation, qu’elle soit technique ou énergétique. Les façades vitrées ont été très utilisées dans les années 1950-70 pour leurs qualités de transparence, de légèreté et d’économie. Les chocs pétroliers du milieu des années 1970 ont remis en question cet usage afin de limiter les déperditions de chauffage par l’enveloppe. Mais dans les années 1990-2000, les façades vitrées ont fait leur grand retour, principalement dans le domaine tertiaire. Ce renouveau, motivé par les bénéfices des apports de chaleur solaire et de lumière naturelle à travers le vitrage, s’est accompagné d’innovations dans le domaine de la maitrise du confort intérieur.

Au même moment, l’architecture du XXème siècle gagnait le statut de patrimoine à préserver. Elle est devenu objet de recherches, notamment dans le champ de l’histoire des techniques. Depuis lors, d’un côté, la connaissance de l’architecture vitrée du milieu du siècle et des moyens de contrôle des ambiances intérieures (chauffage, ventilation, rafraichissement) s’accroit. De l’autre, la nécessité d’intervention sur ces bâtiments vieillissants se fait plus forte sous la pression des politiques publiques visant à réduire les consommations énergétiques dans le secteur du bâtiment. Malgré les recherches qui démontrent l’intérêt des solutions architecturales des immeubles vitrés du milieu du siècle, et en dépit de l’utilisation importante du vitrage dans l’architecture contemporaine, le regard critique sur les faibles performances thermiques demeure. Cette contradiction légitime alors l’instauration de pratiques distinctes de réhabilitation2, de restauration et de construction neuve.

C’est dans ce contexte que j’ai commencé à m’intéresser à la sauvegarde de l’architecture vitrée des années 1920-1970 en me demandant comment mobiliser à la fois les nouveaux savoirs issus de la recherche et les innovations techniques contemporaines. Depuis 2010, j’ai réalisé plusieurs travaux de recherche dans ce domaine, dans un cadre pédagogique et / ou professionnel.
Cette expérience académique et de terrain sert de support à l’analyse de situations concrètes, réalisée dans la première partie de ce mémoire. Celle-ci permet de questionner les angles d’attaque, les outils et méthodes de la recherche, d’expérimenter une échelle de valeurs et de critères de jugement du patrimoine et de repenser l’enseignement, en introduisant le sujet des façades vitrées. Le tout dans une perspective de renouveau, d’évolution induite par la posture du « praticien réflexif - chercheur » adoptée pour la rédaction de ce mémoire.

Les conclusions tirées de ces recherches passées forment le point de départ d’un projet de recherches futures développé dans la seconde partie. Celui-ci questionne les domaines dans lesquels on pourrait innover pour améliorer la préservation des bâtiments vitrés du XXème siècle. On insiste sur plusieurs thèmes, dans lesquels le savoir mériterait d’être étendu : l’histoire des techniques de construction des façades, l’évolution des pratiques de leur restauration, les théories qui sont sensées guider l’action dans le domaine du patrimoine. Dans un dernier chapitre, nous abordons le thème de l’innovation technique non seulement dans la restauration des façades mais aussi dans le traitement des ambiances intérieures. Bien que conçues dans une période d’optimisme énergétique, certaines façades vitrées du XXème siècle témoignent d’une attention précoce pour le contrôle naturel du confort tel qu’on le pratique aujourd’hui dans l’architecture contemporaine. Ce constat nous incite à proposer des pistes originales pour la conservationrestauration des immeubles aux façades légères en intégrant connaissance, compréhension, outils et technologies actuelles dans le champ de la sauvegarde.

1. La restauration implique la remise en état, souvent dans son état originel, d’un bâtiment reconnu pour ses qualités historiques et architecturales. Elle a pour objectif d’améliorer l’appréciation et la compréhension d’un édifice qui a perdu une part de sa signification du fait de remaniements passés.
2. Remise aux normes actuelles d’un bâtiment existant avec utilisation de matériaux neufs et / ou d’adjonctions pour un améliorer le confort et la sécurité sans attache particulière à l’objectif de protection du patrimoine.


Mots-clés : Façade légère - patrimoine du XXème siècle - conservation restauration - histoire des techniques de construction - innovation